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Al STEWART - A Beach Full Of Shells (2005)
Par JESTERS TEAR le 10 Novembre 2019          Consultée 186 fois

Les sorties discographiques d’Al STEWART se font rares depuis 1995, seulement deux albums en dix ans. On y sent un artiste accueillant l’âge avec sérénité et une tranquille assurance. Toujours accompagné par le producteur Laurence Juber qui avait abattu un beau travail lors des deux derniers opus, le briton sort A Beach Full Of Shells qui, contrairement à ses deux prédécesseurs, ne suit pas de concept. On retrouve bien sûr des thèmes historiques, un leitmotiv qui coule de source chez Al le conteur, et des petites touches d’humour (le titre « Katherine Of Oregon » qui parodie le nom de Catherine of Aragon, la première femme de Henry VIII, un type un peu bougon qui déclara en gros « Ah tu me fais pas de gosse ? Ben je crée une nouvelle religion, je divorce, je te bute, et je recommence avec une autre. Ou deux. Ou six .»)

Musicalement, on navigue en terrain connu : un folk-rock aux inspirations vastes et variées, avec un chant tranquille et assuré. Malheureusement, la magie tranquille d’une efficacité à toute épreuve de l’album précédent n’est pas aussi présente, et l'ensemble, loin d’être désagréable, ne convainc pas autant. On ne peut pas accuser un manque d’audace puisque Down In The Cellar n’en faisait pas particulièrement preuve non plus. Les mélodies sont peut-être un peu moins captivantes, même si certains airs restent très plaisants (« Royal Courtship », « Somewhere In England,1915 », « Beacon Street »), et l’ennui a plus la possibilité de s’installer qu'avec l’album précité.

N’allez pas pour autant croire que le savoir-faire de STEWART et de Juber a disparu tout de bon (plus ça va plus je parle à l’ancienne). Déjà, il n’y pas un seul mauvais titre, même si quelques-uns passent un peu inaperçus à la façon du parti écologiste aux élections. Les ambiances et arrangements toujours très pros sont inspirés. On reconnaît bien la patte de Juber avec ce son qui laisse beaucoup de place à l’acoustique, dans le sens où les synthés sont totalement absents, où la guitare électrique qui se fait rare se réserve principalement pour des solos et où la batterie manque à l'appel sur une poignée de titres, au bénéfice de la guitare acoustique, reine dans les parties rythmiques ou en lead, et des pianos ou violons très présents. Certains moments rappellent l’âge d’or des années 70, avec par exemple « Somewhere In England qui n’aurait pas dépareillé dans les albums de l’époque, évoquant sur la fin le titre « Year Of The Cat » en enchaînant un solo de guitare acoustique à un d’électrique, moment épique. De plus, le chant de STEWART est fidèle à lui-même, plaisant et efficace, sans esbroufe mais sans faiblesse.

Les ambiances variées (la couleur arabisante de « Rain Barrel », la rythmique de valse dans « Beacon Street » et les élans rock’n’roll que nous évoquerons plus tard) n’endiguent qu’à moitié la monotonie qui peut s’emparer de l’auditeur. Mais c’est comme les cousins inconnus aux mariages, il convient de les saluer.

Deux titres se détachent du lot. Tout d’abord, « Gina In The King’s Road », un morceau rock tubesque très réussi, avec un riff rock old school, un refrain efficace avec des choeurs simples mais bien placés, un solo inspiré, bref, un vrai plaisir qui relance la dynamique avec brio avant deux titres plus calmes mais plaisants, « Beacon Street » et « Anniversary », ce qui donne une fin d’album enthousiasmante, un bon point à mettre à l’actif de ce A Beach Full Of Shells qui nous quitte sur de bonnes impressions.

Enfin, autre titre à part, « Class Of ‘58 », originellement conçu pour une durée de 13 min et devant servir de base au concept d’un album sur la vie d’un rock’n’roller des années 50, se voit condensé à 4 minutes ici, mais il sortit en single dans sa version longue. Débutant par un piano voix mélancolique et jazzy, il dérive ensuite vers un bon vieux rock’n’roll, piano à la Jerry Lee Lewis en tête : un autre bon moment de l’album. J’ai écouté la version longue par curiosité et, bien qu’on comprenne la décision de ne pas l’inclure à l’album, elle est pleine de qualités et mérite l’écoute (non je ne dis pas ça parce que je suis un progueux dans l’âme). Ses arrangements sont cependant moins typiquement rock’n’roll que dans la version de l’album. Comme c’est ce qui en fait la force évocatrice, on peut applaudir le choix de cette version raccourcie.

Que dire au final de cette livraison 2005 ? Album honorable, loin d’être paresseux et aux qualités indéniables, mais qui n’atteint ni la flamboyance des classiques des 70’s ni la force tranquille de Down in the Cellar. Un peu trop monotone dans son ensemble, pour une raison difficile à déterminer alors que la diversité, la qualité des arrangements et de l’interprétation sont là. Peut-être juste d’une façon un petit peu moindre qui se ressent sur la globalité. Un 3 tranquille.

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1. The Immelman Turn
2. Mr. Lear
3. Royal Courtship
4. Rain Barrel
5. Somewhere In England, 1915
6. Katherine Of Oregon
7. Mona Lisa Talking
8. Class Of '58
9. Out In The Snow
10. My Egyptian Couch
11. Gina In The Kings Road
12. Beacon Street
13. Anniversary



             



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