Recherche avancée       Liste groupes



      
POP ROCK FOLK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


Al STEWART - Russians And Americans (1984)
Par JESTERS TEAR le 8 Novembre 2018          Consultée 82 fois

1984 est un nombre très évocateur, principalement grâce au monument éponyme de la littérature écrit par Georges Orwell. Il est vrai que ce n’est pas la sortie de l’album d’Al STEWART cette année-là qui a marqué les mémoires, et c’est très compréhensible. Russians and Americans sort au milieu des années 80, et dieu sait que ça se sent, ce qui n’est jamais très bon signe pour un artiste ayant eu son heure de gloire dans les années 70. En effet, nous ne sommes pas là face à un grand album, autant le dire tout de suite. L’empreinte folk si savoureuse des œuvres du chanteur briton a presque entièrement disparu au profit d’une pop parfois rock, parfois vaguement new wave, pas vraiment de bonne qualité.

L’album n’est cependant pas à jeter, surtout pour ceux qui apprécient l’artiste et sa voix qui, à de rares exceptions près, conserve son charme. En effet, si les compositions sont rarement des chefs-d’œuvres, elles sont tout aussi rarement vraiment mauvaises, et beaucoup ont de l’intérêt pour peu qu’on fasse l’effort de surpasser le choc du changement de style (il faut de bons airbags, je préviens). Avant d’entrer dans les détails, je précise que je chronique la version rééditée de 2007. Originellement, Russians and Americans était sorti en versions différentes en Angleterre et aux US, les tracklists ayant deux titres de différence. Celle que je chronique regroupe les deux et ajoute trois morceaux bonus, ce qui donne un rendu conséquent et quelque peu difficile à digérer (une petite sieste devant le tour de France ou un débat politique sont suggérés pour digérer confortablement).

Commençons par les titres vaguement new wave qui choquent forcément le plus venant de STEWART et qui sont les moins réussis. « Rumours Of War », l’un des titres tournant autour de la Guerre Froide (oui ben le titre de l’album était assez révélateur, faîtes pas cette tronche surprise, c’est gênant), commence avec un beat bien synthétique très violent pour quelqu’un à qui on aurait juste dit que c’est un titre d’Al STEWART. Si le chant et ses mélodies sont loin d’être mauvais, cette texture très synthétique un peu bon marché est difficile à surmonter, d’autant plus que le titre se veut lancinant et dure presque 6 minutes. Tout aussi long mais un peu moins synthétique, avec plus de guitares mais toujours aussi répétitif et new wave, « Night Meeting » est aussi au rang des ratages, son refrain vraiment réussi ne suffisant pas à le sauver. Mais ces deux-là sont loin d’être une horreur, ce qui n’est pas le cas de « How Does It Happen » au rythme en carton enjoué et hyper synthétique. Proprement, ou plutôt non, salement affreux.

Attention, certains morceaux du genre sont assez réussis, comme le titre d’ouverture « The One That Got Away » très pop rock 80’s, tout saxo dehors, à mille lieux du style habituel de STEWART mais toujours reconnaissable grâce à sa voix si particulière et à son sens de la mélodie. Pas un chef-d’œuvre, mais un titre sympa. « Lori Don’t Go Right Now » est dans le même genre, avec quelques belles mélodies au chant et une basse très synthétique. « Cafe Society » joue aussi sur une ambiance très 80’s, mais cette fois, c’est le piano qui accompagne la voix lors du premier couplet de fort belle manière, avant qu’un sax déchaîné ne débarque sur une rythmique en béton pour un bien beau solo. Le deuxième couplet accueille quelques chœurs féminins sympathiques (mais qui ne seront probablement pas du goût de tout le monde) avant que le sax déchaîné ne revienne (je sais pas qui s’occupe de ses chaînes, mais il faut le virer, le mec), puis qu’une guitare ne prenne la relève avec brio. Le style est original et je trouve ce titre vraiment bon, personnellement.

Ce n’est pas le cas de « Strange Girl » un rock aux accents pop de mauvais goût que... j’adore ! Je ne saurais pas expliquer pourquoi, ce titre est objectivement honteux (je crois même que STEWART est faux sur le refrain), mais son énergie, ses paroles ridicules, ses guitares et son harmonica me le rendent attachant. Mais non, objectivement, c’est mauvais, c’est faute de goût sur faute de goût, on se croirait devant les Reines du Shopping, surtout vers la fin !

Toujours dans la pop, « 1-2-3 » est sans intérêt. « Accident On 3rd Street » raconte quant à lui la mort d’une jeune femme renversée en voiture, ce qui lui confère un aspect dramatique et fataliste ( « it’s just one of those things… »). L’ambiance mélancolique est très efficace, dominée par le piano, et le chant de STEWART fort approprié. Dans un style plus enjoué et dynamique, « The World According To Gap », le dernier morceau, s'avère bien sympathique.

Mais le folk n’est pas totalement absent de la galette. Le morceau titre en est un exemple, même si c’est finalement le moins intéressant musicalement. STEWART y délivre un bien beau texte sur fond de guitare acoustique et d’un orchestre discret, mais malgré une mélodie efficace, le tout traîne un peu trop en longueur sans véritable variation pendant plus de 4 min. « The Candidate » est lui un petit bijou, avec une guitare acoustique qui ouvre sur un mini solo, avant qu’une autre guitare acoustique sur nappes discrètes n’accompagne un chant habité de STEWART. Le titre se clôt au bout de seulement deux minutes sur un autre solo acoustique magnifique. « The Gypsy And The Rose » est sans doute le seul morceau qu’on pourrait croire extrait d’un album précédent, un folk rock inspiré avec du violon et des guitares typiques du genre, une vraie réussite lui aussi.

En définitive, il est évident que peu de gens aimeront cet album, tant le style est incongru de la part de cet artiste et l’ensemble ne brille pas vraiment par sa qualité. Pourtant, des qualités, je lui en trouve au final un bon nombre et il m’arrive de réécouter cet opus avec un plaisir un peu surpris. Si ce n’est pas un bon album, il n’en est pas un mauvais non plus, pour peu qu’on lui laisse sa chance.
2,5 me paraît donc une note assez équitable.

A lire aussi en POP :


Joe JACKSON
Night & Day (1982)
Groovy et intense




Brian ENO
Another Green World (1975)
Brian Eno, ce génie


Marquez et partagez





 
   JESTERS TEAR

 
  N/A



Non disponible


1. The One That Got Away
2. Rumours Of War
3. Night Meeting
4. Accident On 3rd Street
5. Strange Girl
6. Russians And Americans
7. Cafe Society
8. 1-2-3
9. The Candidate
10. The Gypsy And The Rose
11. Lori Don't Go Right Now
12. In Red Square
13. How Does It Happen
14. The World According To Gap



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod