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VARIOUS ARTISTS - Les Trois Mousquetaires (1981)
Par MARCO STIVELL le 15 Novembre 2020          Consultée 386 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Il est facile de dire « Je n'aime pas lire » ou « On m'a dégoûté de la lecture ». Souvent, en ligne de mire : l'école, certains professeurs qui n'ont jamais su donner envie (au contraire). Et lorsque par bonheur on s'y remet, la littérature française du XIXème siècle n'est pas la plus aisée ! C'est pourtant bien elle qui a donné lieu à un nombre fort de chefs-d'oeuvre imposants du genre roman, par leur nombre de pages, leur écriture et la portée de leur histoire, leur succès immédiat et massif, aussi parce qu'ils viennent souvent des mêmes auteurs. Dans mon classement des meilleures lectures, je mettrais volontiers du Honoré de Balzac (à commencer par les Chouans), du Victor Hugo notamment pour Quatre-vingt-Treize (les Belges ont beau dire, ici ça sonne mieux que « nonante », quoique moins juste), les quatre premiers romans de la série des vingt Rougon-Macquart d'Emile Zola (sans oublier La Bête Humaine, Au Bonheur des Dames, etc).

Parmi tous cependant, une préférence reste marquée envers Alexandre Dumas. Ces lignes sont d'ailleurs écrites quelques instants seulement après la fin d'une première lecture (ô combien bouleversante !) des 1400 pages - en livre de poche - du Comte de Monte-Cristo, grand oeuvre qui suit de deux ans la publication des Trois Mousquetaires, au milieu de la décennie 1840. Et plus encore donc pour les gourmands, ces mousquetaires ont donné naissance à une trilogie. 800 pages si l'on veut s'en tenir au premier roman et resté le plus célèbre, 4500 pages en tout si l'on souhaite connaître l'ensemble des aventures d'Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan, un beau voyage à faire – foi de ! - en comptant donc les deux suites, Vingt Ans Après et le Vicomte de Bragelonne (ce dernier contenant la fameuse histoire de l'Homme au Masque de Fer).

C'est ce qui est d'ailleurs fait au cinéma où seul le premier volume, les Trois Mousquetaires (1844), est concerné ; le Masque de Fer étant presque autant représenté mais à part. Si le Comte de Monte-Cristo est choisi pour donner naissance au tout premier film lancé par Hollywood en 1908, les Américains notamment sont restés très friands de l'oeuvre de Dumas et de multiples productions ont vu le jour en marge des françaises, depuis l'époque du cinéma muet en passant par la comédie, jusqu'à une version blockbuster des années 2010 qui mélange sans vergogne l'époque du roi Louis XIII avec l'univers de Pirates des Caraïbes, et que même le casting ne sauve guère.

Il y a eu également au moins une version en dessin animé - comme pour d'autres classiques de la littérature, méthode pouvant (re)donner envie de lire ! - et qui reste encore dans les mémoires. En 1981, les studios BRB Internacional en Espagne forment un partenariat avec les Japonais de Nippon Animation pour produire une série d'une petite trentaine d'épisodes de 20 à 30 minutes, basée à la fois sur le roman et sur une esthétique anthropomorphe, où des animaux (chiens surtout, façon DISNEY) se comportent en humains. Le titre espagnol, moins fidèle que le français, joue d'ailleurs sur les mots avec D'Artacán y los Tres Mosqueperros : « can » et « perro » servent à qualifier des chiens. Diffusée également en France, au Royaume-Uni, au Portugal et dans plusieurs pays d'Amérique latine, à la revoir aujourd'hui, cette série suscite la sympathie.

Destinée à un public jeune, elle reprend plutôt fidèlement l'époque voulue et des idées du roman dans le traitement des personnages, clan royal et mousquetaires d'un côté, cardinal de Richelieu et ses sous-fifres de l'autre. Des épisodes comme le départ de la Gascogne de d'Artagnan sur un cheval jaune, son arrivée à Paris et sa rencontre houleuse avec ceux qui ne sont pas encore ses amis, son amour pour Constance Bonacieux et l'affaire des ferrets de la reine. Il y a aussi des rajouts de mini-intrigues originales, et toute la seconde partie du roman, plus noire, se trouve soigneusement évitée.

Au Japon (titre : Wanwan Sanjushi) comme en Espagne et en France, la série propose une musique différente. Oeuvre originale de Katsuhisa HATTORI, elle s'ouvre d'abord par un générique avec des paroles de Yoshiko Kayama sous forme de ballade pop bluesy interprétée par la chanteuse Maron Kusaka. La même équipe revient pour un générique de fin systématique dans un style plus folk et suave. Si je n'ai pas eu la possibilité de visionner franchement la série japonaise, musicalement on entend pas mal de funk et autres musiques « lourdes » qui tranchent avec l'artisanat et l'adaptation européens.

En Espagne (comme en France) : un seul générique d'abord chanté, puis repris en instrumental à la fin. Le style du morceau est retravaillé comme le sont les images qui l'accompagnent, par le duo fraternel Guido et Maurizio DE ANGELIS, qui ont pas mal travaillé pour le réalisateur de westerns italiens Sergio Corbucci, la paire Terence Hill/Bud Spencer, avec au passage un Zorro de 1975 où Alain Delon jouait le rôle principal. Ce sont eux qui remodèlent la B.O pour l'Europe et autres.

Générique plus léger dans un style pop aux accents bluesy gentillet et assez entêtant, plutôt bien mené et adouci par les enfants crédités POPITOS. En France, Jean-Jacques DEBOUT se retrouve presque seul pour le même effort (mélodie transposée, bien sûr !) et le morceau, respectant le style de paroles simplistes, insouciantes et enfantines, en devient plus difficile à entendre sur la longueur. Pour dire, sans mentir, sur la version coffret DVD en Hexagone, ils offrent la possibilité de zapper les génériques !

Concentrons-nous donc sur la version européenne, vu que les bandes son française et espagnole sont les mêmes au cours de chaque épisode. La chanson des frères DE ANGELIS pour les POPITOS est régulièrement déclinée en variations lentes : musique douce au célesta (notamment pour les échanges tendres entre Constance et d'Artagnan), ballade plus grave avec fausses cordes pour les moments de doute/désespoir. Fin des années 70/début 80 obligent, les claviers/clavecin très présents lors du générique forment une majeure partie de ce qu'on entend mais sans trop donner à rougir, dans leur apparence démodée, pas même dans les ambiances plus menaçantes (nappes sombres) soulevées par les mauvais plans du cardinal de Richelieu.

Les imitations de la musique baroque sont présentes comme les marches militaires à travers un thème où l'on peut entendre des guitares électriques rythmiques et un faux basson. Basson lui-même employé comme instrument solo, ailleurs. En cela, il y a pas mal de différences avec les Japonais, mais la qualité demeure au rendez-vous, à défaut de s'inscrire parmi les plus mémorables de l'animation. Comme les intrigues se contentent pour la plupart de Paris et de sa campagne alentour, les thèmes évoluent peu mais, par exemple, lors de l'affaire des ferrets, l'arrivée de d'Artagnan en Angleterre se voit illustrée à propos, tout comme, dans l'avant-dernier épisode, le moment où la guitare classique vient souligner l'arrivée des quatre mousquetaires de l'autre côté des Pyrénées !

Sans pousser plus loin la description, c'est une bande originale plutôt agréable à écouter, bien accordée à une série sans prétention et qui rend honneur à l'oeuvre littéraire, à son échelle, malgré quelques écueils comme la souris Pomme (personnage dispensable, caution humoristique forcée) qui intervient à la moitié de façon permanente. En France, on se doit de souligner le doublage de qualité, grâce à Gérard Hernandez (oui oui, le Raymond de Scènes de Ménages !) pour d'Artagnan, surtout Claude Chantal (pour les personnages féminins), Philippe Dumat et Roger Carel (également narrateur) qui font plusieurs voix.

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