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VARIOUS ARTISTS - June 1, 1974 (1974)
Par WALTERSMOKE le 1er Juin 2018          Consultée 385 fois

En 1974, Richard Williams est un homme chafouin. En effet, il aimerait que les gens parlent un peu plus de Island, le label qu'il a cofondé en 1959. Or, pas grand-monde ne semble se passionner pour une boîte proposant principalement du reggae. Qu'à cela ne tienne, Williams a une idée : inviter divers musiciens pour donner un concert à Londres, et en tirer ensuite un album live. En un mot, on appelle donc cela un coup de pub. Et un coup de pub qui a marché puisque de gros noms ont accepté la proposition : Kevin AYERS, John CALE, Brian ENO et NICO. Certes, ce n'est pas PINK FLOYD, mais à l'époque, cela était considéré comme suffisant pour faire le café. Et donc, ces quatre musiciens, accompagnés de collaborateurs divers, se sont retrouvés sur scène un 1er juin 1974, comme le titre de l'album l'indique explicitement.

June 1, 1974 est un live que l'on peut clairement s'autoriser à considérer intéressant. Au détour de ses deux faces, il permet de voir s'aligner des performances musicales qui ne laissent pas indifférent. Et aussi, pour la première fois, elle permet d'entendre des extraits live de la première période solo d'ENO, ce qui n'est pas rien. Enfin, « intéressant »... si l'on ne devait écouter que le premier tiers, on dirait alors que June 1, 1974 est un album carrément génial. Sur les 9 pistes, seules les 2 premières sont tirées du répertoire d'ENO. Et autant dire que l'ex-Roxy Music ne fait pas les choses à moitié. Pour peu qu'on ferme les yeux sur son chant fortement aigu, lui et les divers musiciens (AYERS et CALE inclus) délivrent des performances exceptionnelles, entre soli de guitares folles et synthés en roue libre sur "Baby's on Fire". Mais c'est bien sur un sombre "Drive me Backwards" que l'album démarre. Poisseux, anxiogène, surtout avec l'alto de CALE... et avec une production pour le coup adéquate – mais on y reviendra plus bas. Et en parlant de CALE, ce dernier se réapproprie le "Heartbreak Hotel" d'Elvis pour en faire un blues-rock crasseux à l'ambiance film noir.

Ensuite, comment dire... tout dépend de si la musique de Kevin AYERS vous plaît, ami(e)s lecteurs et lectrices. Parce que toute la face B lui est dédiée. La musique y est très tranquille, assez détendue, peut-être même un peu trop par moments. Ceci étant, "May I" donne envie de se replonger dans la discographie d'AYERS, et "Everybody's Sometime And Some People's All The Time Blues" (oui c'est long) permet d'entendre le Mike OLDFIELD du début des années 70 en action sur scène – et les plus perspicaces auront immédiatement reconnu son style à la guitare solo.

Un véritable point faible musical sur June 1, 1974, c'est le seul morceau avec NICO. Seule avec son harmonium, elle reprend "The End" des DOORS. Et autant dire qu'on s'ennuie comme jamais pendant 9 minutes. Cela ne suffisait pas à NICO d'avoir salopé le premier album du VELVET UNDERGROUND, il lui fallait maintenant détruire le plus grand morceau de la bande à Jim Morrison ! Fort heureusement pour les possesseurs de la version vinyle, "The End" est placé en fin de la face A, permettant ainsi de la zapper et de partir directement chez Kevin AYERS.

Enfin, il est temps d'aborder LE problème majeur, la production. Richard Williams était si pressé de publier le compte-rendu du concert organisé le 1er juin qu'il a produit l'album suffisamment vite pour le sortir le... 28 du même mois. Soit littéralement 4 semaines plus tard. C'est trop court, surtout en regard de l'époque, pour espérer que le travail soit bien fait en post-production. En fait, June 1, 1974 donne l'impression d'être un bootleg officiel, au son pâteux. Ok, "Heartbreak Hotel" en profite grandement, mais pour le reste, c'est terriblement dommage.

Rien que pour ce point-là, June 1, 1974 n'est pas un live majeur. Vraiment, il s'agit là d'une occasion ratée de faire un live assez unique et comportant son lot de pépites. Pourtant, écouter ce live est vivement conseillé, ne serait-ce que pour son premier tiers. Et il serait merveilleux d'en avoir la version complète et au meilleur son. Mais on peut toujours courir, visiblement.

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- Kevin Ayers (chant, guitare, basse)
- Brian Eno (chant, synthés)
- John Cale (alto, chant, piano)
- Nico (chant, harmonium)
- +
- Mike Oldfield (guitares)
- Ollie Halsall (piano, guitares)
- John 'rabbit' Bundrick (orgue, piano)
- Robert Wyatt (percussions)
- Archie Legatt (basse)
- Eddie Sparrow (batterie, percussions)
- Doreen Chanter (choeurs)
- Irene Chanter (choeurs)
- Liza Strike (choeurs)


1. Drive Me Backwards
2. Baby's On Fire
3. Heartbreak Hotel
4. The End
5. May I
6. Shouting In A Bucket Blue
7. Stranger In Blue Suede Shoes
8. Everybody's Sometime And...
9. Two Goes Into Four



             



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