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VARIOUS ARTISTS - Dirty Dancing (1987)
Par MARCO STIVELL le 1er Septembre 2017          Consultée 466 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Être né de genre masculin à la fin des années 80 signifie peu de choses si on n'a pas une grande soeur. Une vraie grande soeur pas trop proche en âge (4 ou 5 ans de plus), jolie comme tout, qui vous rappelle souvent qu'elle est l'aînée et qu'on aime détester pour cela (c'est elle qui a commencé !), mais dont on reconnaît – on l'avoue les dents serrées – qu'elle a des goûts sympas. Elle écoute à fond TELEPHONE, INDOCHINE, THE CURE, DEPECHE MODE et vous vous réfugiez dans votre walkman, par principe. Elle passe son temps à écrire au stylo vert tous les noms des chanteurs et actrices qu'elle connait en listes sur des fiches Bristol (à l'époque, Claudia Schiffer, Brooke Shields, Tiffani-Amber Thiessen...). Elle squatte la télévision, vous empêchant de regarder vos dessins animés favoris pour mettre Hélène et les Garçons, Beverly Hills et tant d'autres choses naïves « pour filles » que vous suivez avec intérêt, sans trop comprendre.

Dirty Dancing fait partie du lot. Le premier long-métrage d'Emile Ardolino, qui n'a fait que des séries et téléfilms auparavant (et plus tard, Sister Act), raconte les vacances mouvementées de Frédérique alias "Bébé" avec sa famille à la pension Kellerman, dans la campagne new-yorkaise. La danse la plus sensuelle est au centre de l'intérêt, et plus si affinités, quitte à réduire celui du scénario. Le film à la performance la plus remarquable de l'année 1987, compte tenu de son budget réduit et d'un casting fort peu réputé, aurait pu être relégué au rang d'une sympathique série B. En plus, le beau Patrick Swayze aurait pu ne pas avoir le rôle si Val Kilmer avait accepté l'offre, et avec Jennifer Grey – tellement mignonne ! -, ils sont comme chien et chat, tout le temps du tournage.

Oui mais voilà, il y a la musique. Et quelques trente-deux millions de copies vendues, un des plus gros scores de l'histoire dans sa catégorie album. La musique, encore plus que la danse, est la locomotive de Dirty Dancing. L'envie de faire un film musical plutôt qu'une comédie musicale (même si celle-ci verra le jour ensuite) est appréciable déjà au départ, ce qui le distingue de Grease. Les acteurs ne chantent pas, en dehors de la grande soeur de Bébé, assez ridicule d'ailleurs !

Et puis même si ce n'est pas en direct, "She's Like the Wind", c'est quand même le moment de grâce de Patrick Swayze. Joli filet de voix qui porte ce slow nocturne, rejoint par l'excellente Wendy Fraser à la fin, et qui illustre la sensibilité du personnage de Johnny, sous des dehors virils. "Just a fool to believe that I have anything she needs", "je suis fou de croire que j'ai quoi que ce soit à lui apporter", dans le genre peu confiant... So romantic! Les filles sont touchées en plein coeur. Et puis on a parlé de l'enfance, mais plus tard à l'adolescence, quel garçon, grande gueule d'ordinaire, n'a pas clamé son admiration pour Patrick et "She's Like the Wind", voulu être à sa place ? Les choeurs féminins et le traitement années 80 (ces claviers !) sont exemplaires sur ce morceau.

Le film est censé se passer en 1963, avec un générique d'ouverture en noir et blanc et le superbe "Be My Baby" des RONETTES en exergue. Néanmoins, après les premières scènes du dancing où on entend beaucoup de mambo et de rumba, ainsi que des titres pop 60's, doo-wops ou Motown, il y a une passerelle avec les années 80, avec l'envie d'inscrire cette bande originale dans l'actualité. Une très bonne idée, car les chansons originales, véritables tubes, permettent de redécouvrir les bluettes rétro comme "Stay" de MAURICE WILLIAMS & THE ZODIACS, et surtout "Hey! Baby" de Bruce CHANNEL, pendant la scène croustillante où Johnny et Bébé s'entraînent sur un tronc d'arbre.

Certains morceaux de la sélection sont d'une qualité moindre ou ont du mal à se dissocier du film, comme "In the Still of the Night" des FIVE SATINS et, pour les 80's, "Where Are You Tonight?" de Tom JOHNSTON, avec ses cuivres-synthés trop présents. Ce qui alourdit une sélection déjà pas complète. Durant l'histoire, d'autres titres sont accélérés ou intégrés brièvement, comme "Yes" de Merry CLAYTON, écho au non-moins génial "I'm So Excited" des POINTER SISTERS. "Hungry Eyes", chanté par Eric CARMEN et élément-clé du rapprochement entre Bébé et Johnny (de plus en plus dévêtus, aouw ! Surtout Bébé !), est révélateur d'une écriture et d'un son chaud à la Bruce SPRINGSTEEN, j'ai d'ailleurs longtemps cru que le solo de sax était l'oeuvre du Big Man.

Ces titres restent en tête, même si rien n'égale le rapport son-image de la scène finale, lorsque Johnny et Bébé mettent le feu au spectacle en dansant sur "(I've Had) The Time of My Life", avec beaucoup de complicité et une classe folle quand on connaît la mésentente des acteurs. Bill MEDLEY (voix forte des RIGTHEOUS BROTHERS) et Jennifer WARNES (une des meilleures chanteuses pop des années 80) interprètent ce tube magistral, icône d'une génération autant que le sont Jennifer Grey et Patrick Swayze. Rythme chaloupé, piano digital très 80's, mélodie évidente et lumineuse, "(I've Had) The Time of My Life" a, tout comme "Hungry Eyes", connu quelques modifications pour le disque, solo de trompette et cuivres retirés, mais qu'on entend dans le film.

Tout n'est pas au même niveau, dans les notes comme sur les images, mais il y a les tubes bien ficelés et les morceaux 50's/60's au caractère bon enfant. L'innocence d'alors, le souvenir et la nostalgie jouent beaucoup dans l'attachement pour Dirty Dancing encore trente ans après (n'est-ce pas Mesdames et Mesdemoiselles ?!). C'est déjà énorme ! Le succès planétaire était inattendu, aujourd'hui Patrick Swayze n'est plus, mais on y revient avec plaisir.

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1. (i've Had) The Time Of My Life - Bill Medley, Jenn
2. Be My Baby - The Ronettes
3. She's Like The Wind - Patrick Swayze
4. Hungry Eyes - Eric Carmen
5. Stay - Maurice Williams And The Zodiacs
6. Yes - Merry Clayton
7. You Don't Own Me - The Blow Monkeys
8. Hey! Baby - Bruce Channel
9. Overload - Alfie Zappacosta
10. Love Is Strange - Mickey & Sylvia
11. Where Are You Tonight? - Tom Johnston
12. In The Still Of The Night - The Five Satins



             



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