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KRAUTROCK  |  COMPILATION

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VARIOUS ARTISTS - Deutsche Elektronische Musik (vol 2) (2013)
Par AIGLE BLANC le 23 Septembre 2021          Consultée 166 fois

Trois ans après un premier volume d'une grande richesse tant musicale qu'archivique, le label londonnien Soul Jazz Records poursuit en 2013 sa série anthologique Deutsche Elektronische Musik qui brosse un tour d'horizon assez complet du Krautrock, terme désignant la musique populaire, et d'avant-garde, pratiquée dans l'Allemagne des années 70.
Comme son prédécesseur, ce double cd (ou quadruple vinyle) s'adresse avant tout au néophyte désireux d'explorer en un panorama aussi complet que possible ce courant musical essentiel pour qui s'intéresse à la musique pop-rock, et en particulier à la new-wave britannique, fortement marquée par le Krautrock qui délivrait dix ans auparavant une musique précurseuse de la synth-pop et de la dark-wave chères à TALK TALK, AH-HA, au SIMPLE MINDS des débuts et autres Gary NUMAN. Mais les initiés et fans de Krautrock ont tout intérêt de même à jeter leurs oreilles sur cette anthologie déjà riche de 4 volumes, s'ils veulent parfaire leur connaissance générale de cette vague allemande dont l'importance a été redécouverte a posteriori, de nombreux artistes ou groupes intéressants de cette époque n'étant pas forcément aussi connus que les pointures incontournables que sont CAN, NEU!, AMON DÜÜL II, TANGERINE DREAM, Klaus SCHULZE et ASH-RA TEMPEL.
Son ambition anthologique dispensant Soul Jazz Records de toute contrainte commerciale, le label n'est pas tenu à ne proposer que les 'tubes' du Krautrock. C'est pourquoi, à côté des groupes emblématiques, il pioche dans des titres apparemment plus anecdotiques, mais non dénués d'intérêt.
Si CAN, AMON DÜÜL II, POPOL VUH, MOEBIUS & ROEDELIUS, NEU! (et ses dérivés Michael ROTHER, HARMONIA) se taillent la part du gâteau avec plusieurs titres sélectionnés au fil des volumes 1 à 4, d'autres artistes profitent d'une ouverture inopinée comme A.R. & MACHINES, BRÖSSELMASCHINE, GILA, D.A.F., Wolfgang RIECHMANN ou ELECTRIC SANDWICH.

Comme toute anthologie qui se respecte, l'agencement des pistes ne répond à aucun impératif chronologique ou alphabétique. Les artistes s'y succèdent dans un ordre aléatoire bafouant la chronologie ainsi que la cohérence stylistique, même si ce relatif chaos se voit tempéré par les limites de la période couverte, imposées par le sous-titre commun à chaque volume de l'anthologie : Experimental German Rock and Electronic Musik 1971-83.
En effet, après 1983, le bouillonnement créatif des artistes étiquetés Krautrock subit un fléchissement sans appel auquel n'échappe aucune des pointures du genre, que ce soit CAN (qui n'a produit qu'un album à la fin des années 80), KRAFTWERK (dont les albums des années 80 demeurent pour le moins contestés) ou AMON DÜÜL II (artistiquement effondré au cours de ladite décennie). Ce télescopage concentré sur l'âge d'or du Krautrock n'est pas sans provoquer des ruptures de tons parfois brutales, mais il a le mérite au moins de traduire l'explosion créatrice de la musique populaire allemande au cours de cette période somme toute limitée dans le temps, offrant ainsi à l'auditeur d'aujourd'hui le luxe de ressentir 'en direct' la déflagration que fut pour celui de l'époque le déferlement du Krautrock. David BOWIE en fut à ce titre un observateur fasciné, de même que Brian ENO (qui en fut également un contributeur au sein de sa collaboration avec MOEBIUS & ROEDELIUS), sans oublier bien sûr plus récemment Martin Gore qui ramena de ses excursions berlinoises une inspiration renouvelée que traduit l'album Construction Time Again.

Aussi bon que le volume 1, Deutsche Elektronische Musik 2 penche davantage du côté de la pop electro, même si le rock n'en est pas absent pour autant, représenté surtout par CAN dont l'excellent titre retenu, "Halleluwah", extrait de l'hyper expérimental et psychédélique Tago Mago, pris isolément, ne donne pas la pleine mesure de l'originalité et de la folie inhérente au groupe originaire de Cologne en cette incroyable année 1971. Quant à AMON DÜÜL II, il livre avec "A Morning Excuse" un rock psychédélique de bonne facture, même s'il provient de l'album Vive la Trance (1973) qui annonce déjà un fléchissement de la dimension païenne, du moins un rock plus accessible, plus en phase avec celui pratiqué en Grande Bretagne.
Une fois n'est pas coutume, c'est par un titre plutôt rock, "Der Grosse Krieger" que se présente à nous POPOL VUH, extrait de son opus le plus rock en effet, le très bon et incantatoire Letzte Tage-Letzte Nachte (1976) où brille l'étonnante guitare 'presque metal' de Daniel Fichelscher.
Le groupe emblématique FAUST n'intervient qu'en conclusion de ce volume 2, avec le rock bruitiste (un exemple de proto-shoegaze ?) de "Krautrock" (extrait de Faust 4, 1973). Ne nous y trompons pas : intituler ce morceau "Krautrock" relève rien moins que de la provocation. En effet, si le terme, plutôt ingrat au demeurant, résulte originellement d'une boutade de la presse spécialisée britannique, pas forcément acceptée par les musiciens allemands eux-mêmes, FAUST, dans une geste ironique des plus rageuses, fait mine de l'adouber en se vautrant corps et âme dans un instrumental chaotique (proche stylistiquement du single "Ultima Thule part one" de TANGERINE DREAM, mais sans les synthétiseurs et avec des guitares nettement plus appuyées) qui concentre tous les clichés relatifs au Krautrock. Ce rock caricatural, quoique réussi, ne reflète pas du tout la personnalité pataphysicienne de FAUST.
L'album The Green Journey (1971) d'A.R. & MACHINES a l'honneur de proposer deux titres rock originaux. En effet, au sein de ce projet singulier, officie le multi-instrumentiste Achim Reichel qui y mêle avec gourmandise plans guitaristiques ostentatoires sur un fond électronique assez délirant. "Globus Im Selben Boot" et "Als Hätt Ich Das Alles Schon Mal Gesehen" pourraient servir d'exemples pour qui veut définir le Krautrock. Quant au rock psychédélique d'ELECTRIC SANDWICH, "China", il ne se distingue pas assez de celui d'HAWKWIND pour surprendre autant que ceux cités précédemment.
C'est à GILA, le groupe de l'excellent guitariste Conny Veit, que revient le privilège d'apporter une touche folk à ce volume 2, avec pas moins de deux pistes : le très doux et mélancolique "In a Sacred Manner" où la guitare 12 cordes tisse lors des couplets de délicates dentelles susceptibles de satisfaire les amateurs, tandis que lors du refrain elle s'électrise pour se charger d'accents pink floydiens, et le plus rythmé "Sundance Chant", comme son prédécesseur extrait de Bury My Heart at Wounded Knee (1973), où les voix de Conny Veit et de Sabine Merbach se mêlent harmonieusement dans une ambiance bucolique fort réussie.

Bien entendu, cette anthologie (volume 2) jette également un fort éclairage sur un autre versant du Krautrock, sa sphère électronique expérimentale, encouragée et inspirée par la figure tutélaire de Karlheinz STOCKAUSEN, dont les membres de CAN et Edgar Froese (lieder de TANGERINE DREAM) ont été les élèves. C'est vraiment dans ce domaine de la recherche musicale que le Krautrock s'est illustré avec le plus de génie, anticipant de près de dix ans l'avènement de la new-wave et du post-punk. Les auteurs de cette anthologie ont fait le choix audacieux, et payant, de laisser de côté les meilleurs représentants de la sphère électronique (KRAFTWERK, Klaus SCHULZE, TANGERINE DREAM, ASH RA TEMPEL) au profit d'artistes moins connus, comme Michael HOENIG et Conrad SCHNITZLER, voire franchement ignorés même des fans, tels Asmus TIETCHENS ou Wolfgang RIECHMANN.
L'album solo de Michael HOENIG (claviériste de AGITATION FREE), Departure From the Northern Wasteland (1977), qui jouit d'une belle renommée critique, nous livre "Sun and Moon", une composition dans le style de TANGERINE DREAM, surtout pour son séquençage qu'on jurerait signé de Christopher Franke, titre agréable bâti sur le contraste d'une séquence pulsée et de claviers doux et chaleureux. YOU propose "Electric Day", titre à la pulsation fort soutenue et au climat éthéré encore trop proche de T. DREAM pour surprendre l'auditeur d'aujourd'hui. Plus expérimental, Conrad SCHNITZLER offre avec "Fata Morgana" une composition minimaliste et froide qui joue sur une pulsation, sourde et hypnotique, sur laquelle se greffent des scintillements électroniques et des claviers monotones. Malgré une atmosphère étrange, le résultat qui n'enthousiasme guère ne dépasse jamais le stade de l'anecdote.
Les vraies et belles surprises électroniques nous viennent principalement de Wolfgang RIECHMANN dont "Himmelblau" (1978) représente en quelque sorte l'idéal d'une synth-pop instrumentale, de Rolf TROSTEL qui, avec "Der Prophet" (1982), nous envoûte littéralement dans un trip hypnotique assez sombre mais habité, tandis que Asmus TIETCHENS en 1983 aborde avec "Zeebrugge" le prototype de la musique électronique pure, construite sur un rythme métronomique et selon des schémas rigides dénués de la séduction propre aux ritournelles popisantes de KRAFTWERK.

Ce volume 2 demeure indispensable pour qui veut explorer la diversité incroyable du Krautrock. Les fans déjà gagnés à sa cause y goûteront un plaisir renouvelé à chaque écoute. Et l'anthologie n'est pas encore terminée.

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   AIGLE BLANC

 
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- Voir La Tracklist.


- cd 1
1. Globus Im Selben Boot (a.r. & Machines)
2. Halleluwah (can)
3. Le Jardin (roedelius)
4. Karussel (michael Rother)
5. Der Grosse Krieger (popol Vuh)
6. Sun And Moon (michael Hoenig)
7. You Play For Us Today (agitation Free)
8. Co Co Pino (d.a.f.)
9. Emphasis (harald Grosskopf)
10. A Morning Excuse (amon Dûûl Ii)
11. Fata Morgana (conrad Schnitzler)
12. Nossa Bova (brösselmaschoine)
13. Base & Aêx (eno, Moebius & Roedelius)
14. In A Sacred Manner (gila)
15. Himmelblau (wolfgang Riechmann)
- cd 2
16. Als Hätt Ich Das Alles Schon Mal Gesehen (a.r. & M
17. Sundance Chant (gila)
18. Isi (neu!)
19. Danger Cruising (pyrolator)
20. Die Weisse Alm (sergius Golowin)
21. Electric Day (you)
22. Gibli (niagara)
23. Ja Sie Sollen Gottes Kinder Heissen Agnus Dei (pop
24. Der Prophet (rolf Trostel)
25. China (electric Sandwich)
26. Zeebrugge (asmus Tietchens)
27. Krautrock (faust)



             



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