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- Style : Parabellum

Les SHERIFF - Grand Bombardement Tardif (2021)
Par NESTOR le 10 Décembre 2021          Consultée 1683 fois

Mais comment font-ils ?
Cela fait plus de trente ans que Les SHERIFFS me bluffent avec la qualité du son de leurs albums. Il m’est déjà arrivé d’être un peu déçu par un de leurs concerts, mais jamais par leurs albums, qu’ils soient studio ou live. Et ce Grand bombardement tardif ne déroge pas à la règle.

Petit retour en arrière : le groupe a sorti son dernier album studio en 1998, puis a splitté l’année suivante en pleine tournée italienne. Ensuite, rien à signaler avant 2012, année qui voit Les SHERIFF se reformer pour un unique concert. Prestation qui semble leur donner des idées puisqu’à partir de 2014 le groupe commence à jouer de plus en plus régulièrement, jusqu’à ce qu’en juin 2018 ils mettent à genoux la Warzone du Hellfest. L’avenir des SHERIFF semblait alors se résumer à quelques concerts évènements. D’ailleurs, Olivier (chant) affirmait avec force en 2016 qu’un nouvel album des SHERIFFS était inenvisageable : parce qu’on n'a rien à dire. Qu’est-ce que tu veux que je parle ? De ma prostate ? Ou alors il faudrait changer complètement de registre.
Mais comment faire confiance à celui qui a éructé Je suis pas menteur, mais pourtant… sur l’album Soleil de plomb ?
Et voilà que, contre toute attente, les Montpelliérains reviennent écumer les bacs à disques, vingt-trois ans après la sortie d’Electrochoc ! Et force est de constater que, pour notre plus grand bonheur, le style musical n’a pas changé. Tout au plus peut-on noter une tendance à hausser d’un cran la puissance des guitares en leur donnant une coloration un peu plus Heavy ("Soleil de Plomb", "Loin du chaos"). Et à parfois adopter des rythmes encore plus soutenus que lors du siècle dernier ("Le temps est élastique", "Tailler du caillou").
Mais cela reste ce punk Rock pugnace et puissant. Cette succession de déflagrations assénées avec une maitrise et une assurance impressionnantes.
Alors soit, le groupe a perdu l’innocence de ses débuts et le côté pittoresque que leur donnaient leurs premiers textes primitifs et absurdes. Mais est-ce que cela aurait eu un sens de les voir jouer les adolescents insouciants à l’âge où les cheveux qui restent commencent à être bien gris ?
Avec Grand Bombardement tardif, les SHERIFF ont eu l’intelligence de faire évoluer leur propos. Certains textes sont désormais plus axés sur les expériences de la vie ("Le temps est élastique", "Enfant du passé").
On peut imaginer que l’intégration d’un 'petit nouveau' a contribué à cette évolution naturelle. En effet, Ritchie Buzz (ex-Kevin K & The Real Kool Kats) a pallié au départ de Fab. Avec sa guitare, il apporte une technique et une précision qui enrichissent le son des représentants de la loi. On peut noter également que Manu a délaissé définitivement la batterie pour remplacer Michel à la basse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Seb ne rencontre pas de gros problème pour assurer des tempi d’enfer derrière les fûts.
Cela a certainement contribué à renforcer le paradoxe des SHERIFF : au regard du style de musique qu’ils pratiquent on se dit à chaque fois qu’il n’y a pas lieu d’être trop exigeant à l’écoute de leur nouvel album. Et presque à chaque fois ils parviennent à nous mettre la tête à l’envers, à imposer des critères de qualité et d’exigence, que l’on n’attend pas d’eux au regard de la réputation de joyeux branleurs qu’ils affichent. Pour ce qui de ce Grand bombardement tardif, c’est notamment au niveau des guitares et de la qualité des textes que la bonne surprise provient. Ce qui ne doit pas minimiser la prestation des autres musiciens. Mais que ce soit la basse, la batterie véloce ou le chant caractéristique, nous sommes en territoire connu. C’est du tout bon.
Et de fait, on voit déjà poindre de futurs classiques à l’instar de "A Montpellier", "Du Rock'n'Roll dans ma bagnole", "Le temps est élastique", "Soleil de plomb". Aux côtés de petites surprises, comme cela peut être le cas avec "Tailler du caillou" qui rappelle certains morceaux un peu décalés de leur débuts.
Avec Grand bombardement tardif, les SHERIFFS viennent de nous donner une nouvelle leçon de Rock‘n'Roll. Et de replacer la barycentre du Rock français beaucoup plus au Sud. L’épicentre des déflagrations ne devant plus être très loin de la PAILLADE, à mi-chemin de ZEBDA et de OAISTAR.
On en vient à rêver d’une tournée avec leur pays des FRENCH TOUCH NZ pour propager l’esprit du Rock et de la fête.
Chapeau bas !

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- Olivier (chant)
- Manu (basse, chœurs)
- Pat (guitare, chœurs)
- Seb (batterie, chœurs)
- Ritchie Buzz (guitare, chœurs)


1. Requiem Cinq étoile
2. Grand Bombardement Tardif
3. Ma Lumière
4. Soleil De Plomb
5. A Montpellier
6. Loin Du Chaos
7. Du Rock ‘n Roll Dans Ma Bagnole
8. Le Temps Est élastique
9. Tailler Du Caillou
10. Pas De Contact
11. Enfant Du Passé
12. Se Faire Une Raison



             



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