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POST PUNK / NEW WAVE  |  LIVE

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1986 Album
2023 End Of World
 

- Style : Virgin Prunes
- Membre : Leftfield, The Sex Pistols , Siouxsie And The Banshees, Magazine, Painkiller

PUBLIC IMAGE LIMITED - Live In Tokyo (1983)
Par PSYCHODIVER le 12 Mai 2022          Consultée 1148 fois

Bienvenue au Japon. Terre natale d'Akira Kurosawa, Yukio Mishima et Osamu Tezuka. Pays des samouraïs, des robots infirmiers et des hérissons bleus. Un archipel connu également pour être particulièrement attentif aux avancées du rock, surtout si celui-ci est orienté hard/heavy. De DEEP PURPLE aux SCORPIONS, de JUDAS PRIEST au glorieux IRON MAIDEN de Paul Di'Anno : les nippons ont toujours su accueillir chaleureusement les chevelus électriques de l'ouest. Aussi nous les savons moins portés sur le punk et ses ramifications. Mais il faut croire qu'en 1983, John Lydon, à nouveau, a su faire preuve d'une irrévérence gagnante, cette fois ci au-delà de l'Occident.

Regardez-le ce saligaud. Il n’est pas splendide notre rouquin préféré qui se la joue "City Hunter" en plein Tokyo (avec un parapluie, on se débrouille avec ce que l'on a) ? Faisant main basse sur la rue à la manière de ses idoles : tel Robert Calvert, en treillis militaire intégral, traversant Paris en courant à la poursuite de ses compagnons d'HAWKWIND ou Klaus Dinger perpétuant l'esprit de NEU ! en s'appropriant Düsseldorf quartier par quartier à grand renfort de cœurs tracés à la bombe de peinture sur le bitume et sous les quolibets des passants ?

Vivre au crochet de Jeannette Lee à New York, entouré de punks US (encore plus cons que leurs frères UK) et rôdant autour de cette bouche d'égout king size aux allures de Disneyland keupon qu'on appelle CBGB, n'était pas une solution pour John et son dernier sous-fifre encore présent à ses côtés : Martin Atkins. En effet, Keith Levene, vaincu par la seringue et la saloperie de Johnny Thunders : fit ses adieux, non sans embarquer au passage quelques pistes destinées à un album de PIL successeur des "Flowers Of Romance" et laissé en stand-by. Une controverse dite de la "Commercial Zone" (du nom que Levene donna à son album solo où il ira incorporer les chansons qu'il a piqué à ses anciens collègues). Le gratteux affirmera avoir sauvé ces titres de Lydon et Atkins qui les auraient massacrés. Ces deux derniers crieront à la trahison et publieront leurs versions des chansons sur le fameux album provisoirement laissé au placard : ce sera le mouton noir "This Is What You Want This Is What You Get" de 1984.

Mais revenons aux aventures de John & Cie' au pays du soleil levant. Au sein des déjà rares adeptes de PUBLIC IMAGE LIMITED, subsistent deux familles quasi irréconciliables. Celle qui en termes de live ne jure que par "Paris Au Printemps" et sa crudité catastrophiste et celle dont je fais partie : qui appelle à la réhabilitation immédiate de ce "Live In Tokyo" singulier mais qui demeure probablement le meilleur enregistrement live de PIL à ce jour. Certes, l'absence des fondateurs Jah Wobble et Keith Levene, remplacés par des zicos plus habitués à jouer dans des bars que dans des salles de concerts (seul le claviériste Tom Zvoncheck, future recrue du BLUE ÖYSTER CULT dans la seconde moitié des 80's, saura sortir de l’anonymat), ne plaide pas en faveur de l'album. Sa situation temporelle en plein milieu de la période la plus difficile du groupe non plus. Mais c'est bien entendu le facteur musical qui servira de fondement à tous les arguments négatifs. Effectivement, si PIL entretient ses racines post punk et ne s'est pas jeté corps et âme dans la facilité pop FM émergente, ni dans l'électro disco funk si chère à IMAGINATION et autres INDEEP (vous arrivez à concevoir John chantant "Last Night A DJ Saved My Life" sans être mort de rire ?) : le son de "Live In Tokyo" (enregistré intégralement en numérique, une première mondiale à l'époque, merci Mitsubishi) n'a plus grand chose à voir avec les expérimentations cold wave / krautrock des débuts et évoque une sorte de compromis improbable entre JOY DIVISION et DURAN DURAN, le tout avec des zestes de dance punk funkysant (vous avez dit GANG OF FOUR post "Solid Gold" ?). La basse slappée (au demeurant très efficace) a succédé aux lignes dub, la guitare bien que sacrément rock et gavée d'électricité à revendre est moins métallique et torturée, les percussions perdent en tribalisme sans pour autant renier leur intensité organique (au risque de me répéter : Atkins est un dieu). C'est un PIL plus dansant et endiablé que jamais qui sévi sur "Live In Tokyo". Mais PIL reste PIL. Impertinent et indomptable en dépit de l'avènement de l'uniformisation artificielle des musiques qui ne va épargner quasiment personne au cours des mid 80's. Certes, John rend le propos plus limpide qu'à l'accoutumée, mais il ne vend en aucun cas son âme (la preuve : ses délires vocaux n'ont pas disparus). PIL, ce n'est pas THE CURE. De même que je n'ai pas souvenir que l'on ait reproché à NEW ORDER d'être passé du sinistre "Movement" au plus coloré "Power Corruption And Lies" : les traqueurs de groupes underground sacrifiés sur l'autel du big business rentreront bredouilles.

Avec d'affilée trois morceaux extraits de "First Issue" pour chauffer un public hétéroclite mais parsemé de punks authentiques ayant bien retenus les leçons capillaires des incontournables EXPLOITED : PIL rassure sa fan base. La suite donne carte blanche aux "Flowers Of Romance" et aux futures pistes de "This Is What You Want This Is What You Get". Seul le douloureux "Death Disco", le "Swan Lake" de "Metal Box" (qui ici enfonce le dernier clou dans le cercueil du "Lac Des Cygnes" de TCHAIKOVSKI déjà bien amoché par la légendaire version studio de 1979) garantie la présence réduite du meilleur album de PIL parmi le set. C'est d'autant plus dommage qu'avec un son pareil, des morceaux chantés comme "Albatross" et "Careering" ou instrumentaux comme "Socialist" et "Radio 4" auraient pu donner lieu à des performances du tonnerre. On pardonnera à John ce choix en se consolant avec les meilleures versions imaginables de "Flowers Of Romance" (redoutable, elle vous mettra en transe jusqu'à ce que mort s'en suive), "Banging The Door" (litanie cyber indus rock hypnotique), "Religion II" (avec son ouverture façon messe, orgue à l'appui et une folie enfin bien canalisée dans l'interprétation) et surtout le cultissime et obsédant "This Is Not A Lovesong" (sans les cuivres synthétiques horribles de la version studio ce tube est monstrueux), quand bien même les autres titres qui figureront sur l'album de 1984 sont eux aussi forts recommandables (ces "Bad Life" et "Solitaire" irrésistibles). "Low Life", petite bombinette punky n'a rien perdu de son énergie juvénile. Quant à l'ambiguë "Annalisa", la hargne et la vitalité de son interprétation font avaler la pilule et réussissent le tour de force d'ouvrir le concert avec brio. Un set qui s'achève sur un "Under The House" expédié en 1 minute et des poussières. Le dernier mot revenant à John lançant un "thank you Tokyo" dont chacun jugera la sincérité. Obligation contractuelle ou remerciement authentique ? L'ambiance générale joue selon moi en faveur de la seconde option. Le public tokyoïte semblant bien plus ouvert d'esprit que ceux de Paris et de New York City (les vidéos de l'époque en attestent).

Une tournée controversée. Un groupe qui prend l'eau de toute part malgré les efforts de son leader et d'un bras droit à la dévotion incontestable. PIL affronte une traversée du désert qui atteint son paroxysme en cette année 1983. Reste de cette période un bien beau témoignage qui respire autant la folie froide et la colère que l'insouciance et d'une certaine manière l'éclate. On aurait tort de se priver de ce magnifique objet hybride qui fait honneur à une décennie musicale bien trop aseptisée (cela ne signifie pas sans bonnes surprises).

C'est étrange. Au moment où j'écris ces quelques lignes, résonnent à mes pauvres oreilles un bien inquiétant présage ... "This is what you want ... This is what you get ... This is what you want ... This is what you get ..."

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   PSYCHODIVER

 
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- John Lydon (chant)
- Joseph Guida  (guitare)
- Louie Bernardi  (basse)
- Tom Zvoncheck (claviers)
- Martin Atkins (batterie)


1. Annalisa
2. Religion Ii
3. Low Life
4. Solitaire
5. Flowers Of Romance
6. This Is Not A Love Song
7. Death Disco
8. Bad Life
9. Banging The Door
10. Under The House



             



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