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POST PUNK   |  SINGLE

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1986 Album
2023 End Of World
 

- Style : Virgin Prunes
- Membre : Leftfield, The Sex Pistols , Siouxsie And The Banshees, Magazine, Painkiller

PUBLIC IMAGE LIMITED - Hawaii (2023)
Par PSYCHODIVER le 16 Février 2023          Consultée 1317 fois

2023. Nous ne sommes qu'en février et déjà les futurs projets abondent. Les vieux briscards des DAMNED et HAWKWIND comme les deux rescapés de DEPECHE MODE annoncent leurs prochaines aventures. Peter GABRIEL revient sur le devant de la scène avec, semble-t-il, de nouvelles chansons à proposer et, plus inattendu encore, PUBLIC IMAGE LIMITED fait son come-back via un single, la promesse d'un album et une candidature pour la prochaine édition de l'Eurovision (étrange, le père Lydon n'ayant par le passé pas été tendre avec ledit concours, que nous réserve-t-il ?) ! Et quel come-back ! Un retour surprenant, hors de toute véhémence. Sobre. Terre à terre... Et poignant. Oui, pour la première fois, PIL m'a ému aux larmes.

Des mélodies imparables, le groupe en a composées pléthore. Surtout à partir de la seconde moitié des années 80, quand le post-punk abrasif des débuts s'inclina face à un rock alternatif toujours un tantinet punky mais ayant fui la crasse urbaine et la rage dévastatrice des premiers opus pour des contrées plus lumineuses à défaut d'être totalement apaisées.
Hawaii s'inscrit dans la logique en place depuis This Is PIL, l'album du renouveau publié en 2012, dans lequel John affirmait son statut de "Human", ses faiblesses comme sa grandeur d'âme. Une grandeur qui prend toute sa dimension sur ce single en guise d'hommage à l'amour de sa vie, Nora Forster, victime de cette saloperie d'Alzheimer. La mémoire de sa femme déclinante, John invoque un impérissable souvenir de vacances sur l'archipel paradisiaque comme une parade contre la maladie. En résultent des paroles en apparence anodines mais fortes et universelles, portées par une mélodie douce amère, chaleureuse et froide, où les facettes les plus cold et oniriques de la "Metal Box" s'associent au krautrock tropical du Future Days de CAN, énième manifestation de l'admiration de John pour le collectif de Damo Suzuki et Jaki Liebezeit. Les accords exotiques de Lu Edmonds peinent à effacer le désarroi de John qui n'a jamais été aussi émouvant. En retenue mais toujours avec le soupçon de désinvolture qui caractérisait ses vocaux explosifs passés. Après la haine viscérale de "Death Disco" et la trivialité bon enfant de "Shoom", la profonde tristesse teintée d'espoir de "Hawaii" complète le triptyque que John a consacré à ceux qui lui furent chers et lui sont chers. Un ensemble réellement bouleversant et sincère, en atteste la prestation du groupe lors des sélections pré-Eurovision durant lesquelles John a manqué de s'effondrer à au moins deux reprises (le pauvre homme, ce fut pour lui une épreuve plus qu'autre chose). Quand bien même PIL est revenu bredouille de l'émission, l'essentiel était accompli et "Hawaii" résonne désormais comme un message de lutte et d'espoir à destination des êtres humains accablés par cette foutue maladie.

Que peut-on donc attendre du futur opus studio de PUBLIC IMAGE LIMITED ? Impossible d'en deviner la qualité ni même l'attitude qui ira l'animer. Toutefois, il y a fort à parier que le combo saura nous surprendre. Néanmoins, pas dans une quelconque démarche avant-gardiste ni subversive au sens qui s'appliquait aux premières œuvres des britanniques. Il faut sans-doute s'attendre à l'album très personnel d'un artiste aujourd'hui rangé des émeutes punks et des pamphlets jouissifs. Un homme qui, dans un monde marketing où la subversion est produite à la chaîne par des conglomérats attachés à dévitaliser toute chose et où les héros musicaux s'éteignent pour laisser place à de piètres théoriciens pseudo politiques (pour reprendre les termes employés par Monsieur Lydon) : érige en audace salvatrice un plaidoyer pour la vie et l'amour. Et si prendre en main son existence, vivre comme on le souhaite, se battre pour les siens : c'était ça, en fin de compte, la vrai subversion ? Ce ne sont pas Dave Brock ni Jaz Coleman qui iraient contredire cette façon de penser.

L'émotion et la curiosité sont à leurs combles. Affaire à suivre.

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   PSYCHODIVER

 
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- John Lydon (chant)
- Lu Edmonds (guitare)
- Scott Firth (basse, claviers)
- Bruce Smith (batterie)


1. Hawaii



             



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