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Kim CARNES - Light House (1986)
Par MARCO STIVELL le 26 Septembre 2022          Consultée 257 fois

Le succès de Mistaken Identity en 1981 a eu beau éclipser plus ou moins la suite de la carrière de Kim CARNES, ce n'est pas faute pour elle de s'être accrochée durant la décennie, de produire des albums qualitatifs en puisant autant dans ses influences propres qu'en faisant des concessions. Light House est de ceux-là, et même mieux que tous les autres, y compris le best-seller.

La chanteuse a rappelé Val Garay dont le savoir-faire s'était déjà un peu émoussé en 1982 avec Voyeur, une pause de quatre ans s'étant révélée salvatrice. Hantée par la nostalgie du méga-tube "Bette Davis Eyes" qui n'a jamais trouvé son égal, elle en appelle de nouveau à l'influence de Jackie DeSHANNON et sa parolière Donna Weiss pour quelques morceaux. Une partie de l'album est personnelle (co-écriture de CARNES, Garay etc.) quand l'autre s'appuie sur l'extérieur donc, comme "I'd Lie to You for Your Love" popularisé par les BELLAMY BROTHERS un an plus tôt en 1985.

Ce titre au gros refrain typique de 'l'adult-oriented rock' et mêlé d'instruments folk-country (la mandoline), à l'instar d'autres comme "Piece of the Sky" du tandem Weiss-DeSHANNON et de l'héroïque "Love Me Like You Never Did Before", a de quoi évoquer un peu ce qu'aurait pu être le suiveur du Born in the U.S.A. de Bruce SPRINGSTEEN par une voix féminine très caractéristique, guère moins puissante. Hormis le manque de succès comparable, ce qui fait simplement la différence pour Light House, c'est qu'il est moins dansant ; en réalité, plus dense tout court.

L'efficacité est maître-mot, mais le disque possède son ambiance, son grain, à l'image du phare mis en exergue dans le titre, battu par la houle et le vent de la nuit. Les guitares de Waddy Watchel sont une marque d'orfèvre, pour ne pas changer une équipe qui gagne, la batterie de Craig Krampf cogne intelligemment et parfois avec des accents 'maxweinbergiens' (toujours pour le parallèle SPRINGSTEEN) sur "I'd Lie to You for Your Love". Le complément rythmique pour ce disque vient d'Erik Scott à la basse, ancien musicien d'Alice COOPER.

Il y a du mordant avec le saxophone de Jerry Peterson sur trois titres dont l'époustouflant "Black and White", ballade latino très fournie en arrangements et où Kim CARNES, dans son chant 'émerveillé', livre une complainte solide anti-racisme. Beauté rugueuse, alimentée par le sax et les synthés. Et d'ailleurs, pour autre spécificité, Bill Cuomo se trouve totalement absent de ce disque, remplacé au pied levé par Steve Goldstein, déjà présent en 1981-82. De quoi marquer le début du changement pour Kim CARNES, poursuivi avec l'album d'après.

Si on parle de SPRINGSTEEN, l'année 1985 a aussi généré le succès sans précédent de DIRE STRAITS et leur Brothers in Arms. On retrouve une couleur équivalente non seulement sur "Black and White" (à la "Your Latest Trick" mais en plus ambitieux) mais encore sur "Along With the Radio", co-écrite avec le batteur Krampf, des éléments la rapprochant du "Why Worry?" de la bande à Mark KNOPFLER. Deux chansons aux intros instrumentales prenant leur temps, qui plus est.

Des réussites à la pelle. Outre les synthés en pagaille et une production feutrée, granuleuse mais prenante, le charme d'une maison hantée dans la réverbération (un peu à l'image de la pochette qui se retient dans le positif cette fois !), la force demeure dans le chant, le travail des choeurs masculins comme féminins, et les mélodies. C'est ce qui fait que "Divided Hearts", single principal de l'album, country passionnée passée au son 'cyber-rock' sans négliger les guitares électriques pour un sou, co-habite si bien avec le cosmique blues de "That's Where the Trouble Lies" et sa boîte à rythmes Linn, ou avec "Dancin' at the Lighthouse", AOR en diable avec sax, touches féminines...

Et le changement donc, par ce retour progressif à la musique folk enracinée, se fait aussi par "You Say You Love Me (But I Know You Don't)" – toujours ces titres rallongés à la MEAT LOAF ! -, brillant par son excellence, mais toujours moins que "Only Lonely Love", dernier souffle inspirant et plus que bienvenu de Donna Weiss et Jackie DeSHANNON. Peut-être le bijou caché de cet écrin millésimé 1986, grâce à son parfum californien le plus épique et excitant, à Watchel pour la dernière fois et aux guitares 12 cordes arpégées. Par-dessus tout, à une Kim CARNES au sommet, pas très loin au-dessus des choeurs de Weiss et Lauren WOOD, cela dit. Que de frissons ; rien que pour ce titre, merci !

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   MARCO STIVELL

 
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- Kim Carnes (chant, choeurs)
- Waddy Watchel, Phil Brown (guitares, choeurs)
- Craig Hull, Clive Wright (guitares)
- Erik Scott, Bob Glaub (basse)
- Craig Krampf (batterie, percussions)
- Steve Goldstein (claviers, programmations linn)
- Kathy Kurasch, Randy Edelman (synthétiseurs)
- Eric Kaz (synthétiseurs)
- Lauren Wood (synthétiseurs, choeurs)
- Jerry Peterson (saxophones)
- Kevin Dorsey, Phillip Ingram (choeurs)
- Oren Waters, Dave Ellingson (choeurs)
- Daniel Moore, The Steeles (choeurs)
- Donna Weiss (choeurs)


1. Divided Hearts
2. I'd Lie To You For Your Love
3. Black And White
4. Piece Of The Sky
5. You Say You Love Me (but I Know You Don't)
6. Dancin' At The Lighthouse
7. Love Me Like You Never Did Before
8. Along With The Radio
9. Only Lonely Love
10. That's Where The Trouble Lies



             



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