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HARD ROCK  |  STUDIO

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1969 Led Zeppelin I
  Led Zeppelin Ii
1970 Led Zeppelin Iii
1971 Led Zeppelin Iv
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1976 Presence
1979 In Through The Out Do...
1982 Coda
2002 The Music Remains The Sa...
2007 Mothership
2012 Celebration Day
 

- Style : Cream, The Yardbirds , Cotton Belly's, Rory Gallagher , Whitesnake, Thin Lizzy, Deep Purple, Bad Company, Kingdom Come, Guns N' Roses
- Membre : California Breed, Jimmy Page & Robert Plant, Them Crooked Vultures, Robert Plant
- Style + Membre : The Firm

LED ZEPPELIN - Ii (1969)
Par MR. AMEFORGEE le 7 Février 2011          Consultée 4529 fois

Le deuxième album de Led Zeppelin paraît neuf mois après le premier. Enregistré sur la route, au fil des tournées, le bon gros beau bébé va plus avant dans ce filon inédit de blues-rock violent qui fait passer les Rolling Stones pour des fillettes à la chevelure bien peignée, aux fesses bien torchées et qu’on nommera désormais hard rock. Le succès sera plus important encore que pour le premier jet, imposant le groupe comme un des poids lourds du début des années 70. Une nouvelle référence dans la mythologie du rock est ainsi établie.

Chroniquer Led Zep II, c’est une activité à haut risque, j’en veux pour preuve le torticolis de dingue que je me suis chopé à son écoute. Led Zep II, c’est la débauche communicative, sans complexe, un gros truc qui tabasse sa mère (pardon maman), qui sent la crotte, le sexe et la sueur. Ce sont de gros riffs charnus qui vous latent l’entrejambe… Ce sont des rythmes accrocheurs qui vous ballottent des hanches aux épaules… C’est un jeu de batterie, comme une volée de verges, qui vous marbre le corps et vous retourne les sangs… C’est un chant qui sait se faire à la fois caressant et surpuissant, comme une bite en titane qui s’érige triomphante, toutes veines gonflées, prépuce rétracté et gland rutilant, prête à remplir des hordes de bouches et à défoncer des légions de rondelles. Ce n’est pas pour rien que l’album est parfois surnommé le « brown bomber ».

En général, quatre morceaux retiennent de prime abord l’attention. Dès les premières notes de « Whole Lotta Love », qui devint, en temps que single, très rapidement populaire, les slips des uns se tendent et les culottes des autres s’humectent. La machine à dénoyauter s’avance, imposante, à peine allégée en son sein par un passage instrumental psychédélique. La lourdeur bluesy est également à l’honneur sur « Heartbreaker », basse profonde et jeu de guitare prenant, ponctué d’un solo de Page qui emballe le rythme et décroche les rideaux, ainsi que sur l’instrumental « Moby Dick » doté d’un riff accrocheur et d’un long solo de batterie. On peut toutefois être tenté de reprocher à ce dernier son allure de micro-pénis et son arrière-goût de limonade trop peu salée quand on le compare aux massives baleines que sont ses versions live, qui s’étalent à l’occasion sur près de vingt minutes (voir How the West Was Won par exemple). Le quatrième larron, c’est bien entendu « Living Loving Maid », avec un tempo plus alerte que ses congénères, qui donne envie de sortir la bécane et d’avaler des kilomètres de bitume.

« What Is and What Should Never Be » et « The Lemon Song » mettent plus de temps à faire monter la sauce, mais il faut parfois savoir se montrer patient pour splurcher en toute aise. Tous deux tendent à jouer sur des effets de crescendo et des ruptures rythmiques, avec de subites accélérations et décélérations qui secouent l’auditeur à en avoir le citron, l’abricot ou la framboise tout tourneboulé. Ma grand-mère me demande d’ailleurs à l’occasion s’il est possible de caser ici le mot clitoris. Voilà qui est fait.

Led Zep II, ce sont également des instants un peu plus bucoliques, la caresse du vent dans les frondaisons, l’odeur entêtante des buissons emperlés de rosée, l’air frais et le soleil timide qui accompagnent le voyageur sur une route de campagne boueuse après l’averse, même si l’énergie rock est toujours susceptible de ressurgir à l’improviste. Qu’on songe au calme et gracile « Thank You », à la reprise bluesy « Bring It On Home » ou bien encore à « Ramble On », plus anecdotique, dont on parle surtout pour la référence explicite au Seigneur des Anneaux (le Mordor et Gollum sont cités), qui ne manqua pas à l’époque de causer quelques émois priapiques chez les proto-geeks vénérant l’ouvrage.

Il est difficile d’établir une hiérarchie quand on évoque les quatre premiers Led Zeppelin. Le premier est le meilleur parce qu’il est le premier, le quatrième parce que Stairway, le troisième parce que c’est folk et celui-ci parce qu’il n’y a pas d’assaut d’omis. Il est en tout cas certain qu’ils forment à eux quatre un bloc compact d’une qualité supérieure, bien au-dessus des suivants. Chaque album à sa spécificité, ce qui en assure tout l’intérêt et les rend chacun indispensables. L’influence du deuxième est bien évidemment capitale sur tout le mouvement hard rock à venir. On pourrait toujours trouver à redire, suggérer qu’il n’est pas parfait de bout en bout, mais le résultat a parfois plus de valeur que la somme de ses parties respectives.

Il y aurait bien des critiques plus précises : on pourrait pointer du doigt un certain sexisme ou bien encore souligner le pillage éhonté de compositeurs blues non crédités, qui nourrit bon nombre de titres des trois premiers albums. Mais force est d’admettre que cela ne parvient pourtant pas à refreiner l’engouement pour le groupe, quitte à obliger les fans à se montrer complaisants. « A leur décharge », peut-on entendre à l’occasion, « la musique déchire ». Ce qui n’est pas faux, d’une certaine façon. On ne se situe pas sur le même plan et par la force des choses, l’on ne se sent pas coupable d’aimer une musique jouée par des musiciens à l’attitude parfois contestable.

Ici, nous enculons la morale et nous ne gardons en considération que la substantifique moelle du plaisir que procure l’album. C’est ainsi que quel que soit son sexe, l’auditeur ressort de l’expérience Led Zep II pantelant, l’œil humide, la mâchoire béante, les genoux brisés, le cul dilaté et les oreilles dégoulinantes de sperme. C’est ça le rock !

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- Jimmy Page (guitares, choeur)
- Robert Plant (chant, harmonica)
- John Bonham (batterie, choeur)
- John Paul Jones (basse, guitare acoustique, orgue, choeur)


1. Whole Lotta Love
2. What Is And What Should Never Be
3. The Lemon Song
4. Thank You
5. Heartbreaker
6. Living Loving Maid (she's Just A Woman)
7. Ramble On
8. Moby Dick
9. Bring It On Home



             



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