Recherche avancée       Liste groupes



      
MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  STUDIO

Commentaires (4)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Harmonia
- Membre : Neu!, Organisation, Karl Bartos , Klaus Dinger
 

 Site Officiel (240)

KRAFTWERK - Autobahn (1974)
Par SASKATCHEWAN le 10 Janvier 2012          Consultée 2568 fois

L’électro telle qu’on la connaît aujourd’hui est née en 1974. TANGERINE DREAM change de direction avec Phaedra, CLUSTER et NEU! allient leur savoir-faire sur Musik von Harmonia et KRAFTWERK opère une véritable petite révolution avec Autobahn. Le duo de Düsseldorf prospecte sur la scène locale et engage le guitariste Klaus ROEDER ainsi que le batteur Wolfgang FLÜR. Ralf HÜTTER fait l’acquisition d’un Minimoog et Florian SCHNEIDER continue d’inventer du matériel pour le studio Kling-Klang. Le producteur Conny Plank signe sa cinquième et dernière collaboration avec KRAFTWERK, celle qui va définir le son et l’esprit du groupe pour les trente ans à venir.

Mais Autobahn, c’est d’abord la pochette signée par Emil Schult. Un soleil radieux se lève sur une autoroute quasi déserte, représentation idéalisée de la modernité ouest-allemande. KRAFTWERK reprend à son compte la fascination des musiques rock pour la route et la voiture, tout en germanisant son image. Ce n’est pas un hasard si les deux seules voitures identifiables sur la pochette sont une Mercedes et une Volkswagen, symboles nationaux. L’image est autant futuriste que nostalgique : en 1974 les autoroutes allemandes ont déjà quarante ans.

Le décor est planté ; le miracle peut avoir lieu. La première face est entièrement occupée par la chanson-titre, un morceau de vingt minutes où HÜTTER et SCHNEIDER donnent de la voix. Vingt minutes d’un voyage unique, illustration musicale d’une voiture lancée sur l’autoroute. L’adéquation entre le concept et la musique est spectaculaire ; l’utilisation novatrice des instruments électroniques l’est d’autant plus. KRAFTWERK utilise le trio boîte à rythmes/séquenceur/synthétiseur de manière à créer une musique pop qui n’a plus grand-chose à voir avec le rock. Contrairement au rock progressif qui sévit à l’époque, la musique de KRAFTWERK se construit autour d’un rythme répétitif qui porte une mélodie épurée. Les variations de tempo introduisent des ambiances multiples, portées par une richesse sonore impressionnante au vu des technologies de l’époque.

La seconde face est nettement moins innovante. On peut la rapprocher de ce que le groupe a déjà fait sur Ralf und Florian, voire des premiers travaux de TANGERINE DREAM. « Kometenmelodie 1 » en particulier, rappelle les expérimentations du groupe berlinois. On passe des autoroutes allemandes à un paysage ravagé, façon petite brise polaire et montagnes de glaces déchiquetées. La même mélodie est réutilisée sur « Kometenmelodie 2 », en accéléré. Ralf HÜTTER passe la seconde, et malheureusement, ses synthés ont un peu de mal à suivre. Le son grésille : on sent que le matos est au bord de la rupture.
Le diptyque de fin renoue avec une inspiration plus personnelle. « Mitternacht » offre un visage assez classique de la musique électronique : froid, oppressant et expérimental. Ce morceau annonce l’atmosphère spectrale de Radio-Aktivität et de Trans Europa Express. Au contraire, « Morgenspaziergang » dévoile une musique proche de la nature, méditative, bien loin des clichés auxquels l’électro se limite trop souvent.

Plus j’écoute de l’électro, de la techno, et plus je me rends compte à quel point Autobahn est un disque fondateur, malgré ses imperfections. C’est le premier disque qui exprime avec force les problématiques essentielles de la musique électronique : la tension modernité/nostalgie, la prépondérance du rythme qui doit s’accommoder des mélodies, le renouveau pop qui ne sait pas quoi faire de son héritage classique. Par la suite, KRAFTWERK créera son identité d’hommes-machines et produira des albums bien plus aboutis, mais c’est bien avec Autobahn que tout a commencé.

A lire aussi en MUSIQUE ELECTRONIQUE par SASKATCHEWAN :


Amon TOBIN
Permutation (1998)
Premier monument d'une trilogie exceptionnelle

(+ 1 kro-express)



Dominik EULBERG
Diorama (2011)
Pour les amoureux d'électronique subtile


Marquez et partagez





 
   SASKATCHEWAN

 
   ARP2600
   RED ONE
   WALTERSMOKE

 
   (4 chroniques)



- Ralf Hütter (chant, arrangements électroniques)
- Florian Schneider-esleben (chant, arrangements électroniques)
- Klaus Roeder (violon, guitare)
- Wolfgang Flür (percussions)


1. Autobahn
2. Kometenmelodie 1
3. Kometenmelodie 2
4. Mitternacht
5. Morgenspaziergang



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod