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MYRDHIN - Vol. 2 - Myrdhin (1976)
Par MARCO STIVELL le 21 Février 2012          Consultée 1595 fois

En 1976, MYRDHIN, dont la célébrité allait croissante, a disposé de moyens pour réaliser un disque magnifique à tous les niveaux. Rien que la pochette nous attire immédiatement, on voit le jeune homme en solitaire jouer de la harpe dans la brume au bord de l'eau (le miroir aux Fées dans le Val sans retour en Brocéliande), ou face à la mer à l'entrée d'une caverne (au Cap Fréhel, décidément grande source d'inspiration pour lui). C'est une pochette ouvrante qui nous permet cette fois-ci de connaître non pas les textes des chansons (sauf celui de "Lenn Killarne"), mais des informations très intéressantes à leur sujet, des explications idéales lorsque l'on n'est pas familier avec le brezhoneg, la langue bretonne. Il y a aussi de très beaux bois gravés (par Xavier Haas) venant enrichir le tout et en faire ressortir sa couleur légendaire (chevaliers, bardes, amour féérique). L'écrivain et journaliste breton André-Georges Hamon glisse quelques notes qui confirment le pouvoir de l'art de MYRDHIN, sa poésie qui amènent à ce qu'il appelle une "nouvelle célébration de l'homme".

Ce second disque, après un premier déjà très fourni en beauté musicale, amène un certain lot de grandes nouveautés. Pour commencer, il rend hommage à la poétesse et druidesse bretonne aveugle Angèle Vannier. Elle a commencé à écrire des textes dans sa jeunesse, dans une forme populaire reconnue par Darius Milhaud et Philippe Gérard (qui compose pour elle), puis a donné "Le Chevalier de Paris" à Edith Piaf qui a obtenu le premier prix de la chanson française en 1955. Quelques semaines après les débuts de MYRDHIN sur scène, en août 1971, elle est présente au concert qu'il donne au cabaret de l'Enfer, à Dol de Bretagne. C'était une scène ouverte où l'on rencontrait des poètes, chanteurs, conteurs et musiciens, qui ont tous réclamé Angèle à la fin. Charmée par la prestation du jeune MYRDHIN, elle lui a demandé de l'accompagner alors qu'ils ne se connaissaient pas du tout. Le barde dit avoir improvisé une musique qu'il reprendra sans changer une seule note pour sa propre version de la "Cantate Pour la St Jean" qui se trouve sur ce disque. Le même soir, il avait un autre poète druide appelé Karour, qui l'initiera au druidisme. Ce ne furent donc que des rencontres très importantes dans sa vie. Angèle Vannier est restée jusqu'à sa mort à l'orée des années 80 le maître spirituel de MYRDHIN, qui l'accompagnera dans ses récitals et reprendra de ses textes. On en dénombre trois ici, la fameuse "Cantate Pour la St Jean" qui met en valeur l'esprit pieux dans lequel Angèle a toujours baigné, ainsi que "Equinoxe" et "Riwanon" qui nous décrit l'amour féérique du barde Hyvamion et de la fée Riwanon, et la tristesse de cette dernière lorsque naît leur fils aveugle, futur St Hervé. Le tout est bien sûr auréolé d'une poésie (française) dont la profondeur émeut dès le premier abord et chaque fois que l'on y revient, merveilleusement complétée par celle des arrangements de MYRDHIN.

L'autre grande nouveauté de ce disque est l'apport du synthétiseur. Ce sont en grande partie des nappes du modèle Elka, très populaire en ce milieu d'années 70, jouées par Zil -jeune musicienne polyvalente qui deviendra la compagne de MYRDHIN- et parsemées sur "Balafenn", "Equinoxe" et "A Pe Oan Bihan". On est en particulier surpris sur ce dernier par cette nappe d'ouverture, ample et puissante. Sur "Amzer Ma Ieuankiz", le synthétiseur se limite à un simple effet ondulant et futuriste, n'occupant pas une place prépondérante dans le spectre sonore. En revanche, sur "Anneuen", il remplace complètement la harpe. Joué par MYRDHIN pour l'occasion, il s'agit d'une forme de clavecin électronique au son "grisant", très surprenant au premier abord, mais rassurant sur la capacité du barde à fournir une musique plus expérimentale.

Ce volume 2 est un disque merveilleux (encore enregistré au Château de Kernabat à Plouisy) où la harpe, toujours accompagnée d'autres instruments, et survolée par la belle voix de MYRDHIN, tisse les enchantements que l'on apprécie tant dans la culture celtique. Le barde commence à cette période à adopter une harpe bardique cordée en cuivre (donc métal) fabriquée par Fañch Hascoët, et c'est cette forme d'expression qu'il choisira définitivement par la suite au détriment du nylon. Cette harpe fait ainsi sa grande entrée à la fin de "Balafenn", de manière aussi inattendue que lumineuse. Les cordes s'entremêlent avec la flûte de Jean-Pol Huellou et le violon de Günther Buchwald, parfois soutenus par la guitare de l'invité Soig Sibéril, le glockenspiel et le bodhran comme sur "Paganjig", "A Pe Oan Bihan", "Balafenn" et "Amzer Ma Ieuankiz", des instrumentaux mi-airs mi-danses dans une recherche évidente de contemplation et d'émotion. MYRDHIN est cette fois accompagné par non pas une, mais deux voix féminines absolument magnifiques, celles de Zil et Anne Auffret. Elles appuient le côté féérique de "An Hollaïka" (où elles répondent à la voix du barde) extrait du Barzaz Breiz, "Equinoxe", et aussi "Riwanon", où Annig participe à un deuxième duo. Plus anecdotiquement mais de manière fort sympathique, on peut les entendre rire dans une durée très courte sur un vers de "Amzer Ma Ieuankiz" ! "Anneuen", entièrement écrit par MYRDHIN est un an dro à la rythmique difficilement saisissable et possédant une aura mystique, tout comme "Lenn Killarne". Sur ce dernier titre, vibrant hommage à cette figure essentielle de l'identité bretonne qu'était François Jaffrenou, dont le nom bardique était Taldir, la voix de MYRDHIN se dédouble, insufflant un vent de spiritualité à l'un de ses plus beaux arrangements.

Ce disque est assurément un de ses meilleurs, un de mes préférés. Sa beauté, toujours d'une grande finesse, trouve un équilibre idéal entre la pureté des instruments traditionnels et une volonté de modernisation parfaitement dosée. Je suis d'autant plus admiratif envers cette forme d'arrangement que c'est, sans mentir, celle que je m'imaginais sans connaître l'album.

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   MARCO STIVELL

 
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- Myrdhin (harpes celtiques, chant, synthétiseur)
- Anne Auffret (chant, rires)
- Jean-Pol Huellou (flûtes)
- Günther Buchwald (fiddle, bodhran)
- Jean-Pol Huellou (flûtes)
- Zil (synthétiseur, glockenspiel)
- + Soig Siberil (guitare acoustique)


1. An Hollaika
2. A Pe Oan Bihan
3. Cantate Pour La St Jean
4. Amzer Ma Ieuankiz
5. Riwanon
6. Balafenn
7. Anneuen
8. Paganjig
9. Equinoxe
10. Lenn Killarne



             



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