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BLACK SABBATH - Dehumanizer (1992)
Par RED ONE le 30 Mars 2012          Consultée 2849 fois

Malgré le succès d'estime rencontré par BLACK SABBATH lors de sa tournée-anniversaire en 1990, force est d'admettre qu'au début des années 1990, le groupe de Tony Iommi est très loin de sa gloire passée. Les années 1970, période faste du groupe, sont désormais entrée dans la légende, et le groupe ne donne plus de gigantesques concerts comme lors du California Jam de 1974 ... Mais les fans purs et durs sont toujours là et suivent avec intérêt les travaux de Tony Iommi, seul membre originel du groupe encore présent. Il était dès lors logique que BLACK SABBATH poursuive sur sa lancée et que Tony Iommi renouvelle sa confiance à Tony Martin, Neil Murray et Cozy Powell. Eh bien, contre toute attente, non ...

Car parallèlement, en 1990, Geezer Butler reprend contact avec Ronnie James Dio après 8 années de silence radio. À cette époque, Ronnie commence à devenir légèrement has been sur la scène metal : son dernier album en date, Lock Up The Wolves (sorti en 1990), n'est pas un franc succès et son répertoire commence à accuser quelque peu le coup d'un manque flagrant de renouvellement. Les deux anciens compères évoquent alors l'idée de réintégrer ensemble BLACK SABBATH. Tony Iommi se laisse convaincre relativement aisément et donne alors congé à Tony Martin et à Neil Murray. Mais ceci dit, il ne renvoie pas pour autant Cozy Powell, et c'est sous la forme d'un line-up totalement inédit que les sessions d'écriture de Dehumanizer commencent en 1991, avec DEUX anciens membres de RAINBOW en son sein.

Précisons toutefois que Ronnie, éternelle diva capricieuse, quittera quelques temps le navire durant ces sessions de composition et que le fidèle Tony Martin réintégrera son ancien poste le temps de quelques semaines, mais bon passons, j'y reviendrai dans une autre chronique. Une fois Ronnie revenu, force est de constater que lui et Cozy Powell ne s'entendent définitivement pas (ils ne s'aimaient déjà pas beaucoup à l'époque de RAINBOW). Cozy Powell finit donc par quitter le navire courant 1991. Après avoir hésité à le remplacer par Simon Wright (alors batteur de DIO et ancien membre notoire d'AC/DC), Dio et Iommi décident de faire revenir Vinny Appice. La boucle est bouclée, et le mythique line-up de la tournée Heaven And Hell (1980) et de l'album Mob Rules (1981) est enfin réuni. Pour le meilleur ? Eh bien, oui !

Tyr présentait encore de nombreux éléments propres aux années 1980, notamment de par l'usage des synthés massifs et d'arrangements très mélodiques. Dehumanizer rompt de façon (quasi) définitive avec cette époque désormais révolue et présente des sonorités beaucoup plus sombres, beaucoup plus lourdes. Les années 1990 sont enfin commencées pour BLACK SABBATH et marquent un réel retour du groupe à ses racines ténébreuses. La montée en puissance commune du grunge et d'une nouvelle vague doom/stoner (TROUBLE, CATHEDRAL, KYUSS ...) durant cette époque n'y semble par ailleurs pas étrangère. Tony Iommi et Geezer Butler, qui n'ont pas travaillé ensemble depuis le milieu des années 1980, reviennent à leurs premières expérimentations en re-désaccordant volontairement leurs instruments respectifs. Les guitares sont ici pesantes, la basse est monolithique, très mise en avant, et Appice martèle ses fûts comme si une guerre cosmique venait d'éclater : BLACK SABBATH revient enfin au doom, même si les influences mélodiques sont toujours (un peu) présentes.

Geezer Butler s'est visiblement impliqué très fortement dans la composition de cet album, puisque un titre tel que "Computer God" est tiré des sessions de composition de son groupe solo, le Geezer Butler Band, groupe qu'il forma en 1985 après son premier long départ du groupe. Le Geezer Butler Band ne publia aucun CD mais laissa plusieurs maquettes inexploitées que Geezer réutilisera lors de l'enregistrement de Dehumanizer. "Computer God" est d'ailleurs le titre qui inaugure l'album. Et il a le mérite de poser directement l'ambiance : les sonorités synthétiques froides et glacées de l'introduction nous prédisent un album ténébreux, caverneux, au son tellurique mais néanmoins tourné vers la modernité.

La modernité, parlons-en justement. L'une des évolutions majeures de Dehumanizer concerne les textes. Finies les épopées scandinaves de Tyr, également rangé au placard le satanisme incantatoire de l'époque Headless Cross, et ne parlons pas du gothisme FM de l'époque Seventh Star/The Eternal Idol. Dehumanizer ne traite pas du même sujet. Déjà, il faut savoir que contrairement aux albums précédents, Ronnie James Dio n'a pas eu totalement les mains libres pour écrire ses paroles. Dans un documentaire relatant la genèse de cet album, Geezer Butler évoque la formule toute simple qu'il employa pour préciser à Ronnie ses exigences au niveau des paroles : "No rainbows. No dragons." On ne peut être on ne peut plus clair. Et en effet, Dehumanizer innove en présentant des thématiques dans l'ère du temps, proches de la science-fiction : problématique du contrôle de l'être humain par la machine ("Computer God"), dérives futures de la télévision ("TV Crimes"), ou encore le voyage dans le temps ("Time Machine") ...

Les riffs de Iommi, d'une classe encore une fois légendaire, sont ici magnifiés par un travail instrumental démentiel de la part de Geezer Butler, qui signe la plupart des arrangements de l'album. Complexes, riches, éminement progressifs et évolutifs, les chansons de Dehumanizer sont de vrais joyaux de heavy metal moderne, qui atteignent sans conteste l'excellence grâce à la voix divine de Ronnie. Le tout saupoudré par des effets électroniques et synthétiques de toute beauté signés comme il se doit par Geoff Nicholls. La plupart des titres moins connus de cet album sont également très recommandables, que celà soit des pépites telles que "Letters From Earth", au riff pachydermique et entêtant, ou bien encore la sublime "Sins Of The Father" avec sa partition progressive très bien ficelée. La grande classe ...

La pochette de Dehumanizer, au style "comics" quelque peu suranné, est souvent vue comme l'une des pires du groupe avec celles de Born Again (1983) et de Forbidden (1995). Effectivement son graphisme fait davantage penser à celle d'un obscur groupe de thrash metal technique bas du plafond du début des années 1990, mais honnêtement elle s'accorde bien avec l'ambiance SF dark de l'album et reflète parfaitement son époque.

Malheureusement pour BLACK SABBATH, le retour de Ronnie James Dio ne sera qu'un feu de paille. Bien vite, les vieilles rancoeurs ressurgissent et, pire que tout, Ozzy Osbourne vient fourrer son grain de sel là dedans : annonçant sans réfléchir son retrait pur et simple de l'industrie du disque en 1992, l'Homme-Grenouille planifie une tournée d'adieux en 1993 et désire faire jouer BLACK SABBATH en première partie de son ultime concert ! Insulte suprême pour Ronnie James Dio qui n'admet pas que BLACK SABBATH puisse faire la première partie de qui que ce soit, pire encore, d'Ozzy lui-même ! Ronnie quitte alors le navire et il faudra attendre 14 années de plus (!) avant de le voir effectuer un retour en grande pompe au sein du groupe, sous le nom prestigieux de HEAVEN & HELL ...

De cette ephémère reformation du BLACK SABBATH de l'ère Dio qui eut lieu entre 1991 et 1993, il nous reste cet album. Dehumanizer est un excellent album de BLACK SABBATH, réellement surprenant, vraiment à part dans la discographie du groupe. Dehumanizer est, de loin, le meilleur album enregistré par BLACK SABBATH dans les années 1990.

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   (2 chroniques)



- Ronnie James Dio (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Vinny Appice (batterie)
- Geoff Nicholls (claviers)


1. Computer God
2. After All (the Dead)
3. Tv Crimes
4. Letters From Earth
5. Master Of Insanity
6. Time Machine
7. Sins Of The Father
8. Too Late
9. I
10. Buried Alive



             



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