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Devin TOWNSEND - Ki (2009)
Par ERWIN le 7 Juin 2012          Consultée 1640 fois

Dans le monde du génie, le silence n’existe pas, seules règnent les expérimentations, sous-tendues par les sons les plus divers, variations et digressions s’y suivent et ne se ressemblent jamais. Le plaisir n’y signifie pas la même chose qu’ailleurs, ici, la volupté le remplace, et cet agrégat se déplace avec autant de facilité que les anges gravissent l’échelle de Jacob…

Jesus ou Lucifer ? Telle est la gigantesque question que nul ne doit ignorer avant de poser une oreille avertie sur la tétralogie inégalable qu’est ce dernier projet Devinien, accouché des idées délirantes du natif de Vancouver. Jesus, c’est possible, il pourrait être ce « Ki ». Qui se souvient du « Ki » d’Iron Fist chez Marvel ? Pas vous ? La force vitale, la transcendance qui permet au physique de se redimensionner … Je vous en préviens si vous ne connaissez pas ce projet insensé, voila une descente au cœur des 7 enfers, vous y tiendrez la main de Belzébuth ou de Belial avec ravissement – Ouais je penche vers le porteur de lumière finalement. Ki est donc l’introduction de ce travail titanesque digne d’Hercule – Non pas celui de Marvel, l’autre !

Premier constat, l’ambiance n’est pas métallique, bien au contraire et à quelques exceptions près comme sur le plombé « Gato » reptatif à souhait, qui vous arrrachera des soupirs de malsanité, que c’est bon d’être impie ! Ce beat hypnotique de gratte, drivée par une basse digne du free jazz, est tout à fait déconcertant. Nous retrouvons la batterie monolithique et historique de Duris MAXWELL, partenaire privilégié sur l’opus, sur « Heaven send », dans une construction assez similaire. Devin y sussure un chant inquietant. Le refrain déchire l’espace temps, un mur de son dément sert d’écrin à cet étrange lick de guitare, instrument qui va rugir de plaisir peu après, suivez-le ! C’est noirâtre, mais indicible… Cela me rappelle d’ailleurs - absurdement ? - les lectures des chefs-d’œuvre de Lovecraft, tout y est ambiance d’un autre monde. « Coast » termine cet aréopage de chansons axées sur des beats immuables et dont le but est d’isoler le mal être… Cela est très bien fait. Ces titres insistent sur une approche toute particulière de la guitare par Devin, qui s’est découvert en cette occasion un amour immodéré pour le son « au pouce » que l’on va retrouver tout au long de l’album.

Dans un tout autre style, « Terminal » est éminemment représentatif du futur album clôturant le projet : « Ghost » ; nous y nageons dans une ambiance New age éthérée révélatrice d’un état d’esprit qui semble être le calme, la coolitude, une chose nouvelle chez Devin, qui a bien des qualités, mais qui semble toujours bien loin d’une quelconque bonhommie. « Winter » est du même tonneau, avec un effet chorus delay que l’on devine piqué au mentor Steve VAI. La jolie guitare folky enrobe le doux chant sur « Lady Helen ». Belle mélodie ou le divin chauve ne force nulle part son talent. Le morceau est très World music, et présente encore des idées ambient qui sont tel un plongeon dans des eaux turquoises et qui vous rappelleront « The death of music » sur Ocean Machine le chef-d’œuvre cosmique.

L’intermède Jazzy de « Ain’t never gonna win » rappelle à l’auditeur que nous n’écoutons pas là un artiste lambda… Le fallait-il vraiment ? Toujours est-il que Devin profite de la présence de Duris pour se ménager une petite récréation incompréhensible dans ce Pandemonium de sons.

Ah, voila l’épisode « Trainfire ». On pourrait se perdre en conjectures sur cet ovni. A première vue, c’est du Chris ISAAK dans le texte, le collègue sudiste de la west coast est tout proche, des gimmicks rock and roll, un superbe refrain plus en accord avec le traditionnel Townsendien. C’est une incroyable réussite, et je trouve pour ma part des réminiscences de RUSH dans le fabuleux refrain, grande influence nationale pour notre canadien. « Quiet riot »… cela vous rappelle quelque chose ? Si tel est le cas, tentez cette écoute, vous allez vous poiler. Sur la mélodie de « Cum on feel the noize » Devin livre une autre part de lui-même… Amusant.

Bien évidemment « Ki » le morceau titre veut faire pencher la balance du côté positif et tente de nous sortir des troublantes images et des sons tordus entendus précédemment. Le dernier tiers est un petit chef-d’œuvre pour tous les amoureux de guitare, avec simplicité et sans battre des records de vitesse, Devin nous extirpe des dimensions de mort pour nous faire entrer dans la lumière. C’est très fort. On comprend la démarche, confusément, on entrevoit le but à atteindre, exactement comme pour une intro en entonnoir comme on apprend à les faire à Sciences Po.

Compte tenu de sa position, le disque était condamné à ne pas atteindre les 5 étoiles, il s’agit d’une modeste introduction, il ne peut livrer le secret, tel n’est pas son rôle, qui est juste de l’annoncer, et de laisser deviner une suite cataclysmique qui voudra bien déboucher sur le miracle final, plus philosophique que musical.

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   ERWIN

 
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   (2 chroniques)



- Devin Townsend ( chant guitare basse claviers )
- Duris Maxwell ( batterie)


1. A Monday
2. Coast
3. Disrupt
4. Gato
5. Terminal
6. Heaven Send
7. Ain’t Never Gonna Win
8. Winter
9. Trainfire
10. Lady Helen
11. Ki
12. Quiet Riot
13. Demon League



             



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