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CLANNAD - Sirius (1987)
Par MARCO STIVELL le 13 Janvier 2013          Consultée 1105 fois

Sirius ou l'album de la controverse. Malgré un virage pop de plus en plus évident, Macalla arrivait encore à faire ressortir la nostalgie folk et automnale du célèbre groupe de Gweedore, avec génie. Sirius lui, renverse la tendance. A l'époque, le groupe était marqué par le succès de Macalla ainsi que du single « In a Lifetime », et rentrait dans le star system, avec tout ce que cela peut engendrer de négatif. Maire Brennan par exemple, a souffert de toute une période d'addiction à l'alcool et à la drogue, ce qui fait sans doute partie des raisons pour lesquelles le groupe n'a ensuite pas publié de véritable album pendant quelques temps. Pourtant, les sessions d'enregistrement de Sirius se sont merveilleusement bien passées, comme pour les précédents albums... Mais c'est là que l'on se dit que le livret du disque masque certaines vérités.

Ciaran et Pol Brennan restent les deux compositeurs attitrés pour cette nouvelle aventure qui les a conduits pour la production à travailler avec l'américain (et regretté) Greg Ladanyi, autrefois spécialisé chez Fleetwood Mac, Don Henley, Jackson Browne et Type O Negative. Ladanyi a appelé en renfort Russ Kunkel qui joue aussi de la batterie sur cet album. C'est également un vétéran ayant oeuvré plutôt dans la musique folk américaine. En bref, Sirius est l'album américain de CLANNAD, jusque dans les compositions où l'on sent bien que le groupe a fait une tentative de séduction envers le pays de l'Oncle Sam.

On s'en doute donc aussi, c'est le disque qui est le plus en phase avec son époque. 1987, une belle année. Toutes les anciennes légendes encore vivantes ont eu le temps de produire au moins une expérience avec moult batteries triggées et synthétiseurs. CLANNAD appelle donc pour cela outre Kunkel et Ladanyi, Mel Collins au saxophone (déjà présent sur Macalla), Peter-John Vettese que l'on a bien connu aux côtés de Jethro Tull et d'Annie Lennox, et Wells Christie comme programmeur de synclavier. On peut dire que c'est la grosse artillerie ! Et bien sûr tout l'album sonne irrémédiablement froid, forme cet univers pop dans lequel la seule ballade acoustique permise, « Many Roads », doit se sentir bien seule. Noël et Padraig Duggan ne sont pas au chômage, mais ils n'auront pas beaucoup tâté de leurs cordes sèches pour cette parenthèse !

A la place, de la pop-song plus ou moins efficace et qui ne recule pas devant un peu d'audace. Pol Brennan est le principal responsable de cette dernière, c'est lui qui fournit, un peu comme auparavant, les titres les plus denses et « réfléchis ». L'atmosphère mi-pop mi-world de « Stepping Stone » ou « In Search of a Heart » nous saisit dès le départ, avec ses vagues de synthés et ses fausses percussions tribales. A noter que pour ce dernier titre, Maire a enregistré sa partie à minuit, à la belle étoile ! La où cette fusion pop ethnique atteint son paroxysme, c'est sans aucun doute sur « White Fool », dont le thème est aisément compréhensible : le colonialisme. Dans « Sirius », la chanson, on ressent les aspirations greenpeaciennes de Pol qui fait un voeu d'espoir à l'étoile-guide en question. Mais le flûtiste (un instrument bien peu présent là encore) sait aussi revenir à quelque chose de plus typiquement irlandais dans le thème choisi, comme sur le très beau « Skellig » (en hommage aux Skellig islands).

Ciaran est incontestablement celui des deux frères qui se plie le mieux à l'exercice pop, presque léger des fois comme sur « Live and Learn ». Dans les très belles idées, on peut aisément citer « Second Nature » et « Something to Believe in », comme par hasard les deux seuls morceaux auxquels participe monsieur Bruce Hornsby, que les CLANNAD ont rencontré entre autres grandes personnalités -Neil Young, Toto- aux studios The Complex à Los Angeles. Sur « Second Nature », on se laissera surprendre par le duel saxophone-cornemuse irlandaise !

Sirius, en dépit de ses parti-pris aisément contestables par les puristes, est un album assez intéressant. Le meilleur se situe en grande partie au début avec quatre excellentes premières chansons (« Turning Tide », quelle beauté !), mais certaines parmi les autres accusent un peu le coup. Le refrain de « Sirius » et quelques passages de « White Fool » ne mènent pas bien loin, quant au duel de saxos sur « Live and Learn » (Cannata au ténor, Collins à l'alto), il aurait bien mérité de durer plus longtemps. Bref, un bon album mais pas pour autant mémorable sur la longueur.

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   MARCO STIVELL

 
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- Maire Brennan (chant, harpe celtique)
- Ciaran Brennan (chant, basses, synthétiseurs)
- Pol Brennan (chant, flûtes, synthétiseurs)
- Noel Duggan (chant, guitares)
- Padraig Duggan (chant, guitares)
- + Phillip Donnelly (guitares)
- Peter-john Vettese (claviers, basse)
- Russ Kunkel (batterie, percussions)
- Robbie Blunt (guitares)
- Jai Winding (claviers)
- Bruce Hornsby (piano, accordéon, choeurs)
- Mel Collins (saxophones)
- Richie Cannata (saxophone)
- Wells Christie (programmation synclavier)
- Tom Keane (uilleann pipes)
- J.d. Souther (choeurs)
- Steve Perry (choeurs)


1. In Search Of A Heart
2. Second Nature
3. Turning Tide
4. Skellig
5. Stepping Stone
6. White Fool
7. Something To Believe In
8. Live And Learn
9. Many Roads
10. Sirius



             



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