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CLANNAD - Lore (1995)
Par MARCO STIVELL le 20 Juillet 2014          Consultée 1037 fois

La vague couplée The Last of Mohicans/Banba (cinq cent mille copies vendues rien qu'aux Etats-Unis), permet à CLANNAD d'asseoir sa réputation comme figure majeure de l'Irlande pendant les années 90. Avec Lore, la famille du Donegal tient à surfer sur ce succès massif, et s'en donne les moyens. Côté réalisation d'abord, Ciaran Brennan et Denis Woods s'effacent pour les deux quarts du matériel, dévolus au légendaire Hugh Padgham.

L'ancien producteur d'XTC, Genesis et Phil Collins, The Police et Sting, David Bowie puis Paul McCartney (ça ira pour la liste...) use de sa patte sur un certain nombre de titres, on peut également dire de réverbération et d'effets soignés. Rien à voir avec Banba qui conservait un caractère feutré et un léger grain : ici, tout sonne propre, moderne. Étonnant d'ailleurs qu'on n'y trouve un duo avec Sting (Vinnie Colaiuta est présent, en revanche), comme Bono l'avait fait dix ans plus tôt...

Parce qu'entre Irlandais, on se comprend, mais ça marche très bien aussi avec les Ecossais. La preuve, avec l'une des rares chansons que Padgham n'a pas traitées lui-même. Le traditionnel "Alasdair MacColla" a nécessité une certaine application de la part des membres de CLANNAD dans la prononciation du gaélique écossais, bien que proche de l'irlandais. Une reprise dans le ton habituel du groupe, peut-être un peu trop.

Alors qu'il s'agit ordinairement d'un "puirt-a-beul", chant fortement dynamique, l'ambiance est ramenée à quelque chose de suave, ce qu'on ne saurait reprocher à une formule qui a souvent fait ses preuves en la matière. Seulement, l'effet traditionnel, retrouvé depuis Anam en 1990, se voit augmenté d'éléments modernes pour rester dans le ton global employé par Hugh Padgham, au détriment du reste.

Car avec Lore, CLANNAD cherche à élargir son audience outre-Atlantique, tout en ne se forçant guère à séduire, adopter un propos direct et renier son retour à la tradition. En cela, le groupe n'a pas voulu réitérer l'expérience Sirius (1987), ce qui demeure louable en soi. Néanmoins, l'ensemble manque grandement de dynamisme, de basses, créant une sensation de flottement. La musique du groupe, loin d'être agressive comme on le sait, donne une impression de propreté, d'une homogénéité monolithiques. À force de vouloir spatialiser le groupe, voix comprises, Padgham l'étouffe plus qu'autre chose.

Il n'est pas seul dans l'affaire ; au niveau composition, on pouvait en effet espérer mieux. Ciaran Brennan s'éclipse au profit de sa soeur Moya : l'argument principal reste la carrière solo de la chanteuse, en pleine expansion. Mais ses chansons peinent à s'ancrer durablement en tête, qu'il s'agisse de "Broken Pieces" ou de "From Your Heart". Cette dernière, d'un optimisme à fleur de peau, est inspirée par les visites de Moya à l'un des plus grands fans de CLANNAD, atteint d'IMC.

Parmi les sentiments «humanistes», on trouve aussi "Trail of Tears", oeuvre de Noel Duggan, qui fait naturellement écho au célèbre "I Will Find You", rendant hommage aux cousins du Nouveau-Monde. On lui préfèrera nettement "A Bridge (That Carries Us Over)", main tendue aux frères de l'Irlande du Nord, avec qui les négociations sont encore fragiles. Les autres morceaux planants ne marquent guère, même si "Dealramh Go Deo" à quelque chose de poignant, même si les morceaux d'ouverture et de clôture se laissent admirer, pas autant que ceux de Banba néanmoins. Seul "Tráthnóna Beag Areir" offre un sentiment de plénitude...

On a surtout le sentiment que Vinnie Colaiuta est sous-exploité. Anthony Drennan place quelques lignes soyeuses de guitare dont il a le secret, mais demeure trop discret. Mel Collins lui-même n'est vraiment présent que sur le morceau qui se démarque à tous les niveaux, y compris celui de la qualité : "Seanchas". De la pop-soul californienne plus que bien ficelée, style dans lequel Ciaran Brennan excelle vraiment, plus qu'il n'aurait pu le penser encore dix ans plus tôt. La mélodie est imparable et ensoleillée, les voix magistrales, les saxophones et la rythmique impeccables. "Fol-lol-lo, fol-lol-lay"... Vraiment un titre excellent, chose trop rare ici.

On peut dire que Lore ("héritage" en anglais, dans le sens tradition) est plaisant, que les sons restent beaux. Mais il s'écoute un peu comme, dans un univers différent, on écoute les albums de Sting parus quelques années après. En tout cas, c'est le disque qui se retient le moins aisément de la troisième période de CLANNAD.

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   MARCO STIVELL

 
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- Moya Brennan (chant, harpe)
- Ciaran Brennan (chant, contrebasse, basse, guitare, claviers)
- Noel Duggan (chant, guitare)
- Padraig Duggan (chant, mandole, guitare)
- + Brídín Brennan (choeurs)
- Vinnie Colaiuta (batterie)
- Mel Collins (saxophones)
- Anthony Drennan (guitares)
- Vinnie Kilduff (whistles)
- Declan Masterson (uilleann pipes, low whistle)
- Ian Parker (claviers)
- Heitor (guitare)
- Nigel Thomas (percussions)
- Denis Woods (claviers)


1. Croí Cróga
2. Seanchas
3. A Bridge (that Carries Us Over)
4. From Your Heart
5. Alasdair Maccolla
6. Broken Pieces
7. Tráthnóna Beag Areir
8. Trail Of Tears
9. Dealramh Go Deo
10. Farewell Love
11. Fonn Mhárta



             



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