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MYRDHIN - Harpsody (duo Ars Celtica) (1998)
Par MARCO STIVELL le 28 Octobre 2013          Consultée 1480 fois

Entre 1995 et 1998, en dehors du conte La Vie de Merlin, MYRDHIN met un peu de côté sa carrière solo car, d'abord invité par Peter Gabriel pour jouer sur des disques de son label Real World, il participe au projet Afro Celt Sound System qui obtient rapidement un succès retentissant à échelle mondiale. Ce qui permet au barde d'amorcer une tournure différente pour ses propres compositions, de leur donner avec Duo Ars Celtica un nouveau souffle, quoique pas totalement original. En effet, il avait déjà eu l'occasion de publier des albums avec sa compagne ZIL, mais en cassette seulement. Des oeuvres comme Harpsody et Fréhel-Fééries bénéficient d'une bien meilleure distribution, mais aussi d'une aura positive insufflée par le succès d'Afro Celt, par opposition au désert de la fin des années 80.

Le présent Harpsody est, comme souvent avec MYRDHIN, un opus essentiellement instrumental et comme on s'y attend en connaissant le passé des deux artistes, recentré sur la harpe, les harpes plutôt. ZIL est à la cordée boyaux, et MYRDHIN à la cordée métal. Ce mélange de toucher masculin et féminin est favorisé par un jeu sur les canaux stéréo, les harpes donnant souvent l'impression de s'entremêler pour un résultat, on s'en doute, enivrant. Ce sentiment étant renforcé par tout l'univers mystique contenu dans la musique et le livret, qui nous parlent des arbres, si chers aux Celtes, et des légendes qui en découlent. Prophéties bretonnes, fééries irlandaises, proverbes gallois, sans oublier Merlin dont l'ombre plane naturellement. De nombreuses images retransmises harpistiquement, car après tout la harpe n'est-elle pas la voix de l'arbre ?

Le nom Harpsody fait bien évidemment écho au lointain chef-d'oeuvre de MYRDHIN, Emersion paru 1980. Il s'agissait d'une rhapsodie pour harpe celtique divisée en deux longs mouvements de vingt minutes occupant chacun une face de vinyle, le contexte de l'époque se prêtant encore plus ou moins à cette forme d'ambition typiquement progressive, ce qui n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. Néanmoins, beaucoup de fans ont demandé à MYRDHIN quand est-ce qu'il referait une oeuvre de ce calibre. Harpsody est la réponse, possédant toutefois sa propre personnalité définie par des morceaux plus souvent séparés que réellement liés et la présence occasionnelle de voix, par opposition à Emersion. Et si la production est moins étoffée qu'au moment de ce dernier, elle est loin d'être dépourvue d'idées et arrangements étonnants, faisant en grande partie la richesse de cette musique.

Harpsody est un disque en grande partie original, en cela qu'il reprend peu de matériel déjà enregistré par MYRDHIN. Figurent seulement deux extraits de l'album An Delen Dir (1978), et nous avons ainsi l'occasion d'entendre «Kejaden» et «Kevin», cette dernière en particulier qui à la base était très pianistique. Bien entendu, ces morceaux eux-mêmes sont revisités dans leur composition et se fondent joliment dans l'ensemble, alternant danses et ballades. MYRDHIN et ZIL y font intervenir leurs musiciens habituels, Pol Huellou et David Hopkins surtout, sans jamais donner une impression de groupe comme ce pouvait être le cas sur l'album précédent de MYRDHIN, A Cordes et à Cris.

Les harpes démarrent souvent à l'unisson pour ensuite se diviser et permettre, à MYRDHIN notamment, de faire ressortir des mélodies différentes. Côté compositions, si chacune est une réussite dans son style, le début est plutôt ancré dans la tradition, et l'étonnement survient vraiment lorsque l'on arrive au milieu. «The Lodge» est en effet un de ces morceaux qui raconte une histoire avec sa progression, tout comme «Mémoire» placé à la fin. Ces deux pièces, joyaux marqués par l'écriture conjointe des deux harpeurs, sont celles où l'on rencontre le saxophone soprano jazzy de Vincent Burlot et le violon aux accents tziganes de Ronan Pinc, les influences orientales ressortant aussi avec le shakuhachi de Pol Huellou. Une forme de mysticisme musical d'une beauté éblouissante, sachant que des arrangements contemporains sont encore contenus dans la suite consacrée au druide Gwenc'hlan. ZIL y récite le poème «L'enfant du Druide» de la regrettée poétesse Angèle Vannier, et le développement musical convie à la méditation transcendantale, à grand renfort de chants diphoniques et de de voix shamaniques (l'écrivain Fañch Peru).

Un disque marqué par la cosmogonie celtique, le rapport à la nature et poétique jusqu'au bout des sillons peut difficilement être décevant, mais avec une telle justesse de propos, les bardes sont fin prêts pour aborder le nouveau millénaire.

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   MARCO STIVELL

 
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- Myrdhin (harpe celtique, voix)
- Zil (harpe celtique, voix)
- Ronan Pinc (violon)
- Vincent Burlot (saxophone soprano)
- Pol Huellou (flûte, shakuhachi)
- David Hopkins (percussions)
- Fañch Peru (voix)


1. Kevin
2. Glen Boyne
3. Mordreuc
4. Hep Mall
5. Egi An Ed
6. The Lodge
7. Gwenlan
8. Koad Kerhaleg
9. Ballynure 1
10. Kejaden
11. Ballynure 2
12. Mémoire



             



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