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Serge GAINSBOURG - Gainsbourg Percussions (1964)
Par BOMBE_HUMAINE le 13 Août 2014          Consultée 2333 fois

Faisons un bref résumé de la carrière du Serge Gainsbourg de 1964. Après 4 albums de jazz réussis mais sans succès, il tente de survivre en composant des chansons faciles pour la nouvelle génération yé-yé. Succès efficace, surtout grâce à la présence de la jeune France Gall, qui le sauve littéralement. Il devient un compositeur de plus en plus demandé, aux mélodies faciles et accrocheuses mais aux paroles opposées à la légèreté symbolique de l’époque ; Serge Gainsbourg écrit, comme toujours, des paroles pessimistes et cyniques (« Laisse tomber les filles ») qui prennent une autre dimension dans la bouche de la petite blonde. Sa carrière personnelle, elle, est toujours aussi décalée : son album précédent, « Confidentiel » a été un bide de plus et sur scène, il est toujours aussi seul.

Arrivé à ce stade, Lucien Ginsburg tente, une fois de plus, de changer de style et désire se tourner vers un genre absolument unique. C’est dans cette mentalité qu’il cherche du côté de la musique africaine pour composer Percussions. Si Confidentiel évoquait déjà le minimalisme (guitare, basse, voix), Percussions ramène la musique vers son essence-même : la rythmique. Comme le nom l’indique, la plupart des morceaux reposent sur la seule rythmique complexe des percussions auxquelles se greffent la voix de Serge (qui mûrit sans arriver à s’affirmer) et des chœurs faussement africains (il a fallu expliquer à ces françaises comment chanter aussi aigu). Certains morceaux amènent également un instant de fraîcheur, grâce à l’apport du saxo, du clavier ou de la contrebasse qui fournissent quelques chansons de jazz, indispensables pour rafraîchir le disque.

Ce drôle de mélange donne parfois lieu à des morceaux très réussis. Tout d’abord, le culte « Couleur Café » qui ne l’était pas tant à l’époque (ce fut un petit succès d’estime). Le chant de Serge s’avère joueur et agréable, le refrain reste collé au cerveau pendant des heures, les paroles imagées et bourrées de métaphores sont sublimes. Une seule écoute suffit à comprendre qu’un tel niveau de qualité a rarement été égalé dans sa carrière. Au rang des jolies surprises, « Pauvre Lola » et son gimmick de guitare efficace, les rires de France Gall, la mélodie enjouée ; le très moderne « New York USA » et sa rythmique d’enfer. D’autres morceaux sont également très plaisants mais respectent moins le code naturel de l’album : les « Sambassadeurs » n’est pas africain, mais sud-américain (ce qui ne nous empêche pas de prendre plaisir à l’écouter et à frissonner à la fin de la chanson) ; « Coco & co » avec son introduction sublime est un morceau typique de boite de jazz, très cool et groovy ; mais aussi la superbe « Ces petits riens » qui sera souvent reprise par la suite, petit trésor de l’album.

Cependant, il arrive que la mayonnaise ne prenne pas comme dans « Joanna », « Là-bas c’est naturel » ou d’autres encore. La faute à un manque cruel d’harmonies (je sais « c’est le but de l’album » mais ça convient très moyennement aux voix et aux textes de Gainsbourg). La faute aussi à certains arrangements un peu faiblards et à certains manques d’inspiration (« Marabout »).

Percussions n’est donc pas le meilleur Gainsbourg (il n’est pas le pire). Certains l’adoreront et aduleront son caractère absolument unique dans sa discographie (et très rare dans la chanson française). D’autres le détesteront pour son ambiance décousue et ces faiblesses harmoniques. D’autres encore, comme moi, sauront reconnaître la qualité de certains morceaux disséminés dans d’autres plus dispensables. Une chose est sûre : Percussions, à l’instar de l’album précédent, est le témoignage direct et pur d’une idée magique et instantanée, d’une ambition musicale, d’une volonté d’enrichir le paysage culturel français. Le symbole d’une curiosité artistique. Il n’a jamais fait, et ne fera jamais, comme les autres.

* Le hit de l’album : Couleur Café
* Mon coup de cœur : Ces petits riens
* Mon coup de gueule : Joanna

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   BOMBE_HUMAINE

 
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- Serge Gainsbourg (voix)
- Alain Goraguer (piano, direction musicale)
- Michel Gaudry (contrebasse)
- Christian Garros (batterie)
- Michel Portal (saxophone ténor)
- Eddy Louiss (orgue)
- Inconnu (es )


1. Joanna
2. Là-bas C'est Naturel
3. Pauvre Lola
4. Quand Mon 6,35 Me Fait Les Yeux Doux
5. Machins Choses
6. Les Sambassadeurs
7. New York Usa
8. Couleur Café
9. Marabout
10. Ces Petits Riens
11. Tatoué Jéremie
12. Coco And Co



             



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