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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Serge GAINSBOURG - Jane Birkin - Serge Gainsbourg (1969)
Par BOMBE_HUMAINE le 10 Octobre 2014          Consultée 2267 fois

Y’en a pas beaucoup, des vrais albums d’amour. Je parle pas d’albums qui évoquent l’amour, je parle d’album qui sonnent « amour », qui vivent l’amour, qui représentent l’amour. Jane Birkin et Serge Gainsbourg est le plus beau disque d’amour jamais entendu. Il faut se remettre dans la peau de l’auteur/compositeur/interprète : Bardot l’a plaqué, il est complètement paumé, c’est un compositeur à la mode dont les chansons intelligentes sont des bides. Comme il s’emmerde pas mal, il tourne des films. C’est là qu’il rencontre Jane Birkin, qu’il va tout d’abord détester puis aimer à la folie, comme toute belle histoire d’amour qui se respecte. Comme il veut sortir un album, il propose tout simplement à Jane Birkin de ré-enregistrer « Je t’aime, moi non plus » qui avait été bloqué par Brigitte Bardot, ce qui demeure, pour lui, une énorme frustration. Elle refuse, mais, lorsqu’elle voit que beaucoup de jolies actrices (dont Mireille Darc) le supplient de la chanter avec elles, elle accepte par jalousie et reprend (une octave plus haut) cette « symphonie érotique » avec son compagnon. Lorsque le producteur entend l’incroyable provocation du morceau, il oblige Serge Gainsbourg à composer un album entier. C’est ainsi que naît ce disque.

Pressé par le temps, l’artiste décide de reprendre certaines de ses anciennes compositions mais écrit tout de même quatre chansons inédites pour Jane. Avec les arrangements impeccables de Jean Claude Vannier, l’ensemble du disque reste terriblement cohérent et limpide. Avec un son privilégiant la subtilité d’une ligne de basse efficace (« 69 année érotique »), des guitares funky (« L’anamour »), de la wah-wah (« Ourang-Outang »), un solo de guitare (« Les sucettes »), l’album s’inscrit dans la lignée britannique de l’époque. La touche française étant conservée par l’élégance des accompagnements orchestraux. Pour le plaisir, certains morceaux détonnent comme « 18-39 » qui se veut une plongée dans l’univers de l’entre-deux-guerres avec une ambiance ragtime volontairement détendue ou le triste et mélancolique « Canari sur le balcon ».

Pourquoi disais-je que c’est le plus bel album d’amour ? Parce qu’il est le fil conducteur de toutes ses chansons dont certaines datent déjà de quelques années (« Les sucettes » pour France Gall, « L’anamour » pour Françoise Hardy, « Sous le soleil exactement » pour Anna Karina, « Elisa » pour une bande-originale). On trouve dans certains morceaux le caractère provocateur et médiatique du couple, bousculant les conventions sociales, amenant la libération des mœurs : le « 69 » bien entendu, la différence d’âge d’ « Elisa », l’ambiguïté des « sucettes » ; dans d’autres, la tendresse et la complicité du couple : « Ourang Outang », petite chanson modeste que j’aime de tout mon cœur grâce à cette simplicité émouvante et magnifique qui caractérise si bien l’état d’esprit du couple ; et « Jane B », hommage au prélude n°4 de Frédéric Chopin mais surtout, hommage à quelqu’un qu’il aime encore plus.

Enfin, je terminerai sur la chanson qui rassemble tout ça à la fois, « Je t’aime, moi non plus », premier tube mondial de Serge Gainsbourg, buzz international, considéré comme une chanson pornographique, interdit aux moins de dix-huit ans, censuré dans de nombreux pays (GB, Italie (et Vatican, bien entendu), Espagne, Brésil, Portugal, Suède…), vendu sous le manteau et donc immense succès. Mais avant tout, une chanson sur l’amour, pudique et poétique.
A l’image de cet album, ce couple est un symbole pour toute la jeunesse de l’époque qui commence à se reconnaître en cet étrange bonhomme de plus de 40 ans qu’ils ne connaissaient pas. La reconnaissance et l’amour vont amener le début de la période la plus heureuse de Gainsbourg qui lui permettra de composer ces plus belles œuvres. Difficile de ne pas être ému par autant de bonheur, tant il transpire de partout sur ce disque, malgré la voix encore bien trop fragile et imparfaite de Jane Birkin. De toute façon on s'en fout pas mal : Gainsbourg était si sensible que quand il était heureux, il parvenait à nous contaminer.

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   BOMBE_HUMAINE

 
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- Serge Gainsbourg (voix, composition, paroles)
- Jane Birkin (voix)
- Jean-claude Vannier (chef d'orchestre)


1. Je T'aime, Moi Non Plus
2. L'anamour
3. Orang-outang
4. Sous Le Soleil Exactement
5. 18-39
6. 69 Année érotique
7. Jane B.
8. Elisa
9. Le Canari Est Sur Le Balcon
10. Les Sucettes
11. Manon



             



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