Recherche avancée       Liste groupes



      
GARAGE PROTO NEW WAVE  |  E.P

Commentaires (4)
L' auteur
Acheter Cet E.P
 


 

2010 Opus Eponymous
2013 Infestissumam
  If You Have Ghost
2015 Meliora
2016 Popestar
2017 He Is
  Ceremony And Devotion
2018 Prequelle
2019 Seven Inches Of Satanic ...
 

- Style : Blue Öyster Cult, Uriah Heep, Black Sabbath

GHOST - Seven Inches Of Satanic Panic (2019)
Par LONG JOHN SILVER le 20 Novembre 2019          Consultée 749 fois

Ainsi le dit la légende :
Nous sommes en 1969, ce soir-là trois artistes sont au programme du Whisky A Gogo, célèbre club de L.A : Terry REID, SPOOKY TOOTH et GHOST. Le groupe suédois, emmené par Papa Zéro (Papa Nihil in english), est ici afin de promouvoir son tout premier single intitulé « Kiss The Go-Goat », cela sous les yeux de Sister Imperator. Sister Imparator est alors une superbe jeune femme blonde, aussi magnifique que son âme est impitoyable, son tempérament fracassant comme un tir de LBD dans ta tronche. Qu’une jeune écervelée s’avise à allumer une clope à côté d’elle alors qu’elle est enceinte jusqu’aux yeux (Sister pas l’écervelée) et voilà qu’elle lui écrase froidement sa cigarette sur le front, provoquant au passage une brûlure au 3e degré. Comme quoi Sister Imperator était déjà très au fait des méfaits du tabac pour la santé d’autrui à une époque où tout le monde s’en battait les couettes. Sur scène, le groupe GHOST, dont -déjà- tous les musiciens sont (diaboliquement) masqués, en fait un de tabac avec sa musique Rock garage. Les donzelles se pâment aux pieds de Papa Zéro qui ne manque pas d’en profiter pour rouler goulûment un palot à une brunette en extase. C’en est trop pour Sister qui quitte derechef les lieux, laissant son abruti d’amant en plein désarroi. Ainsi s’achève la (météorique) carrière de GHOST, car celle qui tire les ficelles, c’est elle. Oui comme Sharon avec Ozzy, mais cela n’a rien à voir avec la légende ci-exposée !

Nous sommes en septembre 2019, le concept GHOST a été relancé par un clergé en apparence dirigé par Papa Zéro mais (toujours) gouverné par Sister Imperator. La plaisanterie dure depuis près de dix ans. Papa Zéro ne se remet pas de la nomination du Cardinal Copia comme frontman du groupe, un mec deux fois nominé (terme officiel) aux awards là-bas si j’y suis, même pas foutu d’en remporter un seul. Aussi revendique-t-il (le benêt) auprès de Sister le droit de se hisser lui-même en porte étendard du groupe. Oubliant au passage le destin funeste que sa douce a fait subir à ses descendants directs : Papa Emeritus I, II et III*. Et Sister de lui rappeler l’épisode de 1969, son épilogue. Bah oui, on a beau faire chanter le coït général, l’amour libre, à des foules endoctrinées, l’universalité du propos s’arrête aux limites du couple qu’elle forme avec Papa. Logique, comme pour le tabac. Du coup, Papa propose de ressortir (en version remaster) le single de 1969, pour son cinquantième anniversaire. Il suffit de voir le regard méprisant que lui adresse la dame pour comprendre ce qu’elle en pense. Sauf que cette fois-ci Papa Zéro lui fera bien un petit dans le dos.

En vrai :
Tobias Forge (aujourd’hui Copia) l’avait laissé entendre lors de la promo de l’album Prequelle : il y aurait bien de la nouvelle musique qui s’intercalerait avant le prochain album. Comme jadis entre Infestissumam et Meliora (If You Have Ghost), puis entre Meliora et Prequelle (Popestar). Ainsi devint Seven Inches Of Satanic Panic, single/EP contenant deux titres, comme à la grande époque, pour 7 minutes et des brouettes de musique.

C’est « Kiss The Go-Goat », le fumeux single soi-disant publié en 1969, qui en occupe la face A. Détendons- nous et écoutons. Arf…

Ce n'est pas mauvais. Pour sûr. C’est bien un rock garage aux guitares bien grasses, supporté par un pattern de batterie qui sonne comme un tambour de machine à laver, ponctué par un gimmick en forme de litanie soit : « Satan, Lucifer, Oscillococcinum, euh… Osculum obscenum ». Pas de quoi le prendre en grippe donc. Si ce n’est –n’en déplaise à certains- que ça ne sonne pas rock 60’s, ni même GHOST. Enfin pas vraiment. Le morceau pourrait rappeler le célèbre « Fire » d’Arthur Brown, publié en 1968, ou plus tard le « Caught In The Act » d’ALICE COOPER en 1970. Moyenne chronologique 1969, pile poil. Oui mais. Les guitares sonnent post punk, les claviers early new wave. La batterie itou. Les licks de guitare pour le coup très emblématiques du style GHOST, semblent tout droit sortis d’une prod des CARS, toujours fin 70’s début 80’s. Il y a TROMPERIE sur la marchandise !!! Ou plutôt sur le merchandising, nonobstant une pochette ultra-psyché, colorée à souhait. Ici GHOST sonne comme un groupe début 80 à l’époque où les groupes tentaient de renouer avec les bases de la pop et du rock, fatigués qu’ils étaient par les mastodontes du début des 70’s, ceux qui foutaient les jetons aux débutants en étalant un technicité de mauvais aloi. Le constat est encore plus évident avec la face B, « Mary On A Cross », une pop song drivée par un thème aux claviers qui rappelle franchement le « Enola Gay » d’ORCHESTRAL MANŒUVRE IN THE DARK. Où sont les bases Hard Rock/Metal du groupe ? Nulle part.

Bien entendu, ce n’est pas la première fois que GHOST fait de la pop, cela est même partie prenante de son ADN. Si ce n’est que les productions précédentes laissaient toujours poindre le côté Heavy du groupe. Pas là. Les influences 60’s ont eu droit à leur exposition via la triplette « Body And Blood »/ « Idolatrine »/ « Jigolo Har Meggido » issue d’Infestissumam. Oui mais dotées d’un prod bien actuelle. Et c’est là qu’on se dit que soit Tobias Forge n’est pas allé assez loin en n'assumant pas de rendre une copie franchement 60’s, ce qui aurait été coooool, soit il est allé trop loin en oubliant son époque. C’est couillon de s’arrêter au milieu du gué. Tout de même. Entre la chèvre (grinçante Kiss The Go-Goat ») et le chou (ravissante « Mary On A Cross »). Néanmoins, ceux qui espéreraient retrouver l’allant roboratif d’un « Square Hammer », la fascination onirique d’un « He Is », la puissance épique d’un « Rats », la volupté coupable d’un « Monstrance Clock » voire le côté ultra-racoleur de « Dance Macabre » en seront pour leurs frais. « Kiss The Go-Goat » et « Mary On A Cross » sont deux bons, voire très bons, fillers qui n’ont pas pu trouver de place sur album –et pour cause !- mais qui ne possèdent pas non plus les capacités évocatrices des précédents singles. Cardinal Copia peut dormir –au moins pour un temps- sur ses deux oreilles.

* Voir l’épisode Prequelle

A lire aussi en HARD ROCK par LONG JOHN SILVER :


URIAH HEEP
Salisbury (1971)
La quête sans fin




RAINBOW
The Best Of Rainbow (1981)
Tout l'univers, ou presque...


Marquez et partagez





 
   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Papa Nihil (crédits chant)
- Sister Imperator (marionnettiste)
- Nameless Ghouls (au chômdu)
- Tobias 'copia' Forge (au boulot)
- Papa Emeritus I,ii Et Iii (vitrifiés)


1. Kiss The Go-goat
2. Mary On A Cross



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod