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Johann Sebastian BACH - L'art De La Fugue Bwv 1080 (quatuor Juilliard) (1750)
Par CHIPSTOUILLE le 11 Juin 2006          Consultée 8319 fois

Habituellement, cette oeuvre est jouée pour clavier : orgue, clavecins et pianos s'en sont donnés à coeur joie dans ce déluge de polyphonies contrapuntiques. Ici l'art de la fugue est exécuté par un quatuor à cordes. Pourtant la formation telle que nous la connaissons aujourd'hui (deux violons, un alto, un violoncelle) ne s'est réellement imposée que sous l'impulsion de Joseph HAYDN, quelques années après la mort de BACH et avec lui de l'époque baroque. Ici il n'y a pas d'instruments d'époque grinçants, tout y est pour le plaisir des oreilles, tous les sons se lient les uns aux autres, merci au quatuor Juilliard d'avoir apporté aux oreilles des amateurs de cordes frottées, cette oeuvre sublimement interprétée.

L'art de la fugue de BACH, il y a beaucoup de choses à dire sur cette oeuvre. C'est un peu comme le requiem de MOZART ou la neuvième de BEETHOVEN, le sommet d'un génie à l'article de la mort, physiquement diminué (il était aveugle et dictait la partition à son élève depuis son lit de mort) mais dont le talent ne se sera jamais aussi bien exercé. On aura, une fois de plus, la désagréable nouvelle d'apprendre que la fin de l'oeuvre n'est pas.

Par où commencer... Ah oui, la fugue bien sûr, qu'est ce qu'une fugue ? C'est une forme (complexe) du contrepoint. Le contrepoint est la technique, couramment utilisée à l'époque baroque, qui consistait à jouer plusieurs mélodies à la fois (on parle de polyphonie musicale, contrairement à la monodie de la période classique, qui privilégie une mélodie par rapport au reste qui n'est que l'accompagnement). Il faut savoir que la notion d'accords (comme à la guitare ou au piano, lorsque l'on joue plusieurs notes à la fois en harmonie) n'était pas encore clairement apparue. Pour éviter la monotonie, les compositeurs baroques jouaient donc plusieurs mélodies à la fois, leur art était de savoir les juxtaposer correctement, de manière à former des pseudo accords (voir parfois quelques "faux accords" tolérés, appelés dissonances) créant la sensation d'harmonie musicale que nous chérissons tous aujourd'hui.

La forme de contrepoint la plus connue est le canon, tout le monde a déjà entonné un "frères Jacques", parfait exemple de contrepoint simple, formé par la juxtaposition de deux mélodies, celles-ci étant identiques dans le cas du canon, mais jouées avec un décalage dans le temps. La fugue, plus complexe, se base sur un principe similaire, à savoir une première mélodie, puis une seconde qui reprend le même thème mais joué avec un léger écart de ton, puis enfin une troisième jouée à l'octave supérieure ou inférieure, enfin une quatrième voix reprend le sujet de base sur la même octave. Cela semble complexe, mais c'est ce que l'on entend clairement sur cet "Art de la fugue" exécuté avec brio ; on retrouve clairement les mêmes thèmes joués par les quatre instruments sous forme de couches successives avec des tonalités différentes. Après diverses péripéties qui peuvent faire intervenir d'autres thèmes en cours de partie, la fugue se termine sur ce que l'on appelle une strette, mettant toutes les voix à l'unisson, ce qui peux donner une impression de grandeur (ce qui est régulièrement le cas dans cet Art de la fugue).

BACH nous présente ici cette fameuse fugue dans toute sa splendeur, tout en présentant ses différentes possibilités, la seconde voix pouvant en effet reprendre le thème, mais sur un tempo différent (plus lent ou plus rapide) ou bien de manière inversée ("DO RE MI" devient "MI RE DO"), ou bien en réfléchissant les notes sur la partition (en miroir, "SOL LA SI" devient "SOL FA MIb" ). L'art de la fugue se présente ainsi, comme une succession de démonstrations de fugues, reprenant régulièrement le même thème (très simple et immédiat) dévoilé dès le "contrapunctus 1".

Alors oui, tout ceci pourrait paraître rébarbatif, extrêmement technique, et au plus haut point dérangeant. Mais l'art de la fugue n'est pas une leçon de musique, ou plutôt si, une leçon, pour apprendre à aimer la musique, à la comprendre aussi peut-être. Car il ne faut pas voir l'art de la fugue comme une démonstration technique, mais plutôt un buff, semblable à du Jazz (il existe une version pour 4 saxophones), tournant autour d'un thème musical unique, le compositeur s'amusant autour de ce même thème. La mathématique musicale est ici plus à considérer comme un exercice de style, les parties de "divertissement" lui laissant tout loisir pour sortir de cette prison de chiffres.

Pour la postérité, on retiendra avant tout les second et troisième canons dont la mélancolie évidente et touchante saura vous persuader que l'art de la fugue est pensé pour toucher et non démontrer. Petite précision supplémentaire, j'écoute très rarement la première partie sans y associer la seconde, l'oeuvre étant un tout complet, quand bien même l'ordre des parties semble aujourd'hui encore incertain. Difficile de s'arrêter au dictat de l'horaire technologique, il est pourtant très rare de pouvoir tenir plus d'une heure sur la même oeuvre musicale, BACH y parvient pourtant ici avec une facilité déconcertante. Les longueurs n'étant en général pas le point fort du compositeur allemand, on retiendra donc l'art de la fugue comme l'un de ses chefs d'oeuvres, et on aura bien raison.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Quatuor Juilliard
- Robert Mann (violon)
- Joel Smirnoff (violon)
- Samuel Rhodes (alto)
- Joel Krosnick (violoncelle)


- l'art De La Fugue (bwv 1080)
1. Contrapunctus 1
2. Contrapunctus 2
3. Contrapunctus 3
4. Contrapunctus 4
5. Contrapunctus 5
6. Contrapunctus 6, A 4, Im Stile Francese
7. Contrapunctus 7, A 4, Per Augmentationem Et Diminu
8. Contrapunctus 8, A 3
9. Contrapunctus 9, A 4, Alla Duodecima
10. Contrapunctus 10, A 4, Alla Decima
11. Contrapunctus, A 4

1. Canon Alla Ottava
2. Canon Alla Decima In Contrapuncto Alla Terza
3. Canon Alla Duodecima In Contrapuncto All Quinta
4. Canon Per Augmentionem In Contrario Motu
5. Contrapunctus 13, A 3
6. Inversus 13, A 3
7. Contrapunctus 12, A 4
8. Inversus 12, A 4
9. Contrapunctus 14
- choral (bwv 668)
10. Vor Deinen Thron Tret'ich Hiermit



             



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