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- Style : Tangerine Dream, Brian Eno , Klaus Schulze , Harold Budd & Brian Eno

Steve ROACH - Mystic Chords & Sacred Spaces (volume 1) (2003)
Par AIGLE BLANC le 8 Mars 2017          Consultée 200 fois

Ce magnifique album en deux volumes (4 CD au total pour 70 minutes de musique par galette) démontre, si besoin en était, le talent exceptionnel, pour ne point dire le génie, de Steve ROACH.
Le compositeur américain, influencé à ses débuts en 1982 par les figures tutélaires de TANGERINE DREAM, Klaus SCHULZE et VANGELIS, a su se bonifier au fil des décennies en trouvant assez vite sa propre voie (voix) pour devenir aujourd'hui le maître incontesté des paysages sonores déployés à la manière de fresques monumentales. Inspiré aussi bien par le magma où bouillonne à l'intérieur de la terre les strates géologiques des origines de la vie et de l'humanité -écoutez pour vous en convaincre l'étonnant et singulier Early Man (2000)-, que par les rythmes tribaux de ses ancêtres amérindiens dont l'écho sourd des paysages arizoniens, sa terre d'élection -je vous renvoie aux sublimes Well of Souls (1995) et The Serpent Lair (2000) ; tant par le silence profond des heures creuses de la nuit -l'envoûtant Midnight Moon (2000) que par l'isolement des espaces intérieurs traversés par les courants d'air -le subtil Streams & Currents (2001) et les 5 volumes de la série Immersion.
La musique de Steve ROACH ne s'écoute pas : elle se ressent, on s'en imprègne, on la respire, on l'habite, on la rêve, on l'éternise.

Mystic Chords & Sacred Spaces porte à son incandescence l'art inimitable du compositeur en déployant avec maestria le fameux "Soundworld", merveilleuse toile du son, dont il est le créateur, et qui fait de lui un authentique peintre et sculpteur de sons à la palette d'une richesse incomparable. Jamais peut-être auparavant ses sonorités n'avaient autant brillé par leur diversité.
Bien que les climats développés ici ne soient pas les plus sombres de sa discographie, ils ne sont pas pour autant portés par la joie ou l'allégresse ; mais une constante sérénité irrigue cet opus majeur. La présente chronique s'attache à présenter le Volume 1 réparti sur 2CD.

Mystic Chords & Sacred Spaces, le premier mouvement (CD 1), nous invite à une entrée en matière des plus attrayantes. En l'espace de 5 pistes, l'auditeur est convié à traverser un sas de décompression indispensable pour se purifier de toutes les toxines engendrées par la société moderne. A ce titre, le parcours fléché réserve une entrée progressive dans l'univers imprégné de mysticisme de Steve ROACH.
"Palace of Nectar" s'avère une excellente introduction. En dépit de son atonalité, cette improvisation demeure accessible sans jamais non plus sacrifier son intégrité. Par un enchevêtrement virtuose de strates sonores qui tapissent l'espace stéréophonique, les sons circulent, à la fois éthérés et organiques. Les textures, gorgées de mystère, dessinent un monde relaxant, proche du conte.
"Oracle" creuse un peu plus l'espace sonore. Un effet de drone produit par un violoncelle (quelle belle idée !) souligne la dimension extatique du titre. Les sons, sublime mélange de basses et d'aigus, envoûtent par l'amplitude des octaves traversés.
"Within the Mystic", piste la plus habitée du premier mouvement, voit les strates sonores se raréfier, concentrées sur le violoncelle qui poursuit ses drones et sur une ligne de clavier répétée jusqu'à l'extase. Avec une efficacité confondante, Steve ROACH, une fois encore, nous entrouvre les portes de l'au-delà. Sa musique abreuvée à l'indicible fascine.
"Presence" et "Vortex Ring", sans atteindre la même intensité, prolongent l'expérience extatique en trouvant toujours l'atmosphère judicieuse.

Labyrinth, le second mouvement (CD 2), déploie tout le génie de Steve ROACH. En 10 pistes enchaînées comme s'il s'agissait d'une seule composition mais progressant en de subtiles variations des textures, les climats se font plus sombres quoique jamais morbides. Si la lumière n'en est jamais absente, elle se glisse dans le tissu extrêmement dense des nappes de claviers qui se fondent imperceptiblement au fil des titres jusqu'à livrer une expérience incroyable dont le pic est atteint probablement avec la cinquième piste "Dream Body". Ce qui subjugue le plus encore une fois, c'est l'art du musicien totalement plongé dans son univers onirique. Sans se laisser entraîner sur la pente facile de la moindre amorce mélodique, il sculpte une matière organique en perpétuel mouvement, que l'oreille ne peut appréhender, un peu comme l'esprit ne peut saisir l'instant présent. Cette musique est une partie du temps et de l'espace ; elle s'écoule en nous à la lisière de nos humeurs et de notre rapport au temps.
Je suis désolé si ma plume vous semble trop abstraite, mais décrire la musique de Steve ROACH est une tache d'une complexité rare qui confirme la supériorité transcendantale de la musique sur les pauvres mots dont dispose notre vocabulaire forcément limité. La piste 9 d'ailleurs, intitulée "Wordless", nous le rappelle fort a propos. L'expérience vaut tout de même le détour, même pour un non adepte de l'Ambient. Par exemple, une de mes amies à qui j'ai fait découvrir cette musique m'a confié que Steve ROACH lui offrait une expérience musicale comparable à celle de BACH et de Son Clavier bien Tempéré : une approche de Dieu par les harmonies et la mesure.

Vivre reste une expérience traumatisante. Les divertissements alors nous permettent de ne pas nous sentir aveuglés par l'angoisse de nos existences en permettant à notre pensée de se détourner de ce qui sinon pourrait l'obséder. L'art de Steve ROACH a l'honnêteté rare de nous confronter à l'expérience de l'instant présent inscrit dans l'éternité. Le pouvoir incantatoire de sa musique nous force à profiter du voyage sans complaisance aucune. En effet, la satisfaction se trouve la plupart du temps au bout du périple : le plaisir d'avoir goûté à ce que l'existence peut nous offrir de plus fabuleux, la fierté d'avoir affronté nos appréhensions du vide.
Le volume 1 de Mystic Chords & Sacred Spaces convoque tout ce qui fait la magie unique d'un artiste d'exception. Sera-t-il capable de maintenir ce niveau dans les deux CD du volume 2 ?

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   AIGLE BLANC

 
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- Steve Roach (traitements des sons)


1. Cd 1 Mystic Chords & Sacred Spaces
2. Palace Of Nectar
3. Oracle
4. Within The Mystic
5. Presence
6. Vortex Ring

1. Cd 2 Labyrinth
2. Wren And Raven
3. The Otherworld
4. Waterworld
5. Threshold
6. Dream Body
7. Slowly Dissolve
8. Womb Of Night
9. Soulwave
10. Wordless
11. Nameless



             



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