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POP ROCK  |  STUDIO

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Kim WILDE - Here Come The Aliens (2018)
Par BAKER le 25 Mai 2018          Consultée 1089 fois

C'est bien pratique, le storytelling. Belle invention. Ca permet notamment de pouvoir parler sur plusieurs paragraphes d'un artiste sans avoir à aucun moment à s'occuper du plus important : son oeuvre. Encore une preuve flagrante avec Kim WILDE. Damned, une chanteuse des années 80 qui revient ? Douée et avec de vrais musiciens en plus ? Et trop connue pour se permettre de l'ignorer ? Palsambleu de butor, vite, trouvons quelque chose pour détourner l'attention.

Donc pour ce disque, la petite Kim aurait soi-disant cru voir une soucoupe volante dans le beau jardin anglais qui fait sa fierté d'horticultrice multi-primée. Et hop, voilà le storytelling emballé, elle a vu des petits hommes verts, donc elle est cinglée, merci les médias. Elle aurait fait la rencontre mystique et intérieure d'un ami imaginaire au détour de la lecture d'un roman de SF en deux tomes mal fagoté qu'elle aurait trouvé sur sa voie, c'est ainsi qu'elle aurait atteint sa maturité d'artiste, sa plénitude existentielle. Au lieu de ça, elle pense avoir vu la manifestation de l'existence, plausible scientifiquement, d'une entité exobiologique, et elle est cataloguée Madame Foldingue. C'est bien, c'est très bien, ça évite de causer musique.

Parce que de ce côté, la petite Kim et son frangin Ricki ne plaisantent pas. SI la carrière de la belle avait connu un spectaculaire frein en 1995, le duo de choc revient à ses premières amours : la pop rock bien pop et bien rock avec production qui décoiffe, mélodies entêtantes et énergie savamment canalisée. Et c'est une petite tuerie. On se demandait pourquoi le père Ricki n'était pas de la partie pour le second album des Mute Gods : peut-être était-il simplement en train d'entamer la conception de cet album qui est, disons-le derechef, inespéré.

Inespéré parce qu'un album de pop en 2018, ça ne devrait pas ressembler à ça. Ici pas d'autotune (ou invisible), pas de synthés pourris et roboratifs (sauf là où il faut), pas de ballades intimistes chiantes à pourrir sur place, pas de saletés made in années 2010, que du solide, du fédérateur. L'album commence sur un 1969 rempli d'effets en tous genre (ah ! Pac-Man !), de choeurs entraînants, de grosses guitares suintantes, de synthés maltraités à la limite de la synthwave (brickwall inclus hélas), avec un refrain totalement épique. C'est piquant, chatoyant, bigarré, énergique. C'est de la très grande pop-rock des années 80 avec le savoir-faire technologique contemporain.

Mais le plus exaltant est que la grande majorité de l'album se montre d'un niveau oscillant entre le parfaitement correct et le jouissif. Les singles potentiels sont légions : Pop Don't Stop en duo avec Ricki (qui a une très belle voix typique 80s) sonne totalement Taylor SWIFT ou Katy PERRY dans l'esprit mais avec une écriture bien plus fine, Addicted To You malgré un refrain un peu léger sort le grand jeu disco-pop sur un riff tout droit tiré d'un Commodore 64 (c'est un compliment), et que dire, mon dieu que dire de "Kandy Krush" ? C'est un énorme bubblegum rose pailleté avec un petit solo de guitare qui gratte bien dans le dos et un refrain à hurler à tue-tête : si les radios mainstream avaient encore le moindre soupçon de fierté, ce titre REGNERAIT SUR LE MONDE !

L'efficacité est la priorité absolue, ça peut parfois être au détriment de la qualité pure, mais aucun titre n'est décevant. A peine un ou deux qui passent rapidement sans accrocher. On apercevra également au loin quelques rivages connus permettant d'ajouter quelques balises à notre boussole de la pop-rock eighties : Yours Til The End est une ballade funky charmante qui louche vers le style de la jolie Sandra, tandis que Birthday, grosse tuerie rock bien grasse, donne dans le BLONDIE le plus pur, y compris le chant.

Enfin, ce qui fait autant plaisir que l'exaltation de gros tubes bien huilés, c'est aussi ce sentiment de soin et d'accomplissement qui ressort de quelques titres à la production over-the-top : "Solstice", première vraie ballade à la voix somptueuse et à l'ambiance crépusculaire, Cyber.Nation.War et son texte quasi-prophétique sur le trolling de compet' où les orchestrations se rapprochent beaucoup des derniers WITHIN TEMPTATION, et pour finir l'album sur une dernière bonne note, la très belle "Rosetta", en duo féminin, mystique et raccord avec le thème du disque.

Excellente surprise, cet album est une immense gifle dans le museau des pseudo-stars pop qui pensent que chanter avec leur nombril leur apporte la gloire. Les brouzouffes c'est bien gentil, mais côté crédibilité, le duo Wilde prouve ici qu'il reste le maître incontesté. Pour peu que vous acceptiez de vous laisser entraîner 30 ans en arrière, voici un petit album qui ne paie pas de mine mais vous mettra une banane pas permise.

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- Kim Wilde (chant, choeurs)
- Ricki Wilde (chant, choeurs, guitare, claviers, prog)
- Frida Sundemo (chant)
- Steve Power (claviers)
- Paul Cooper (basse)
- Jonathan Atkinson (batterie, percussions)
- Neil Jones (guitare)
- Scarlett Wilde (choeurs)


1. 1969
2. Pop Don’t Stop
3. Kandy Krush
4. Stereo Shot
5. Yours ‘til The End
6. Solstice
7. Addicted To You
8. Birthday
9. Cyber.nation.war
10. Different Story
11. Rock The Paradiso
12. Rosetta



             



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