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Anne VANDERLOVE - Ballades En Novembre (1967)
Par MARCO STIVELL le 30 Novembre 2018          Consultée 974 fois

Anne VANDERLOVE, la jeune femme qui éblouit fortement le public français quelques mois avant mai 68, est la fille d'un artiste-peintre hollandais et d'une bretonne. Ainsi, née à La Haye mais élevée en Bretagne, elle a dans le sang, comme dans la plume, quelque chose qui la rapproche de la mer, mais aussi de la nature en général, la verte, celle des légendes. Ce sont pourtant, dans un décor très urbain, les chanteurs de rue parisiens qui lui donnent envie de faire de la musique.

En 1967, à 23 ans, Anne VANDERLOVE qui fait fondre les garçons avec ses yeux bleus et son visage angélique, sort chez Pathé-Marconi le 45 tours "Ballade en novembre" avec lequel elle obtient un succès très important dans l'Hexagone. Hélas, il ne dure que le temps d'une chanson. La presse a vite fait de la placer dans la mouvance folk en faisant un rapprochement "version française" qui, avec le recul, dessert beaucoup la suite de sa carrière. Inutile donc de l'écrire explicitement ici (pensez aux USA et à une autre chanteuse, grande copine de Bob DYLAN).

"Ballade en novembre" est un joli morceau, mais dont le texte reste confiné à la rupture amoureuse vécue par une jeune femme, à la tristesse amplifiée par une naïveté qui doit faire face à la réalité. "Il pleut sur le jardin, sur le rivage, et si j'ai de l'eau dans les yeux, c'est qu'il me pleut sur le visage." Quelques éléments naturels déjà, donc, mais, d'apparence simple, ce morceau s'éloigne en effet de la plupart des autres efforts de la belle dame, plus riches ou narratifs.

Un hautbois doux et des claves y marquent aussi une distinction nette, mais fort agréable. C'est surtout la voix d'Anne VANDERLOVE qui marque ; avec ce qu'il faut de lyrisme et d'élégance, elle est vraiment "le timbre de son visage". Une beauté qui nous fait tout arrêter, simplement pour l'écouter. Le reste de ses chansons, publiées en 33 tours la même année (1967), reprend encore parfois l'idée de saison - celle de la chanteuse reste l'automne/hiver, clairement -, les tempos latins ("Notre maison"), et une forte base de guitares, bien évidemment.

Celles-ci sont classiques/nylon vont par deux, quelquefois trois lorsqu'une 12 cordes s'en mêle, accompagner les mélopées de la belle Anne. Un célesta, une flûte à bec, des bongos, un accordéon ou un violoncelle viennent compléter l'ensemble instrumental mais tour à tour, avec une certaine mesure. Pas d'orchestre symphonique/de variété imposé par un agent, tant mieux. La chanteuse parle de sa saison favorite : "Le temps du givre", "Les petits cafés" qui mentionne la fin des vacances et l'abandon des plages, promenades etc, l'ouverture de la chasse sur "Les fusils" (même si là par contre, c'est dit gravement).

Son propos, simple d'accès, est poétique ; la voix porte le moindre mot avec grâce. Elle parle d'une maison, "Notre maison" d'enfance menacée comme nombre l'ont été à l'époque : "C'est pour une autoroute que tout est démoli, ils ont sans doute pensé que c'était bien ainsi". Des tournures bien faites sans jamais parvenir au degré de sentence d'autres folkeux, et il faut attendre "La rose et le vent" pour entendre une morale. Une jeune femme (la rose) a voulu s'amuser trop, fricoter avec les garçons de façon nonchalante et le vent lui en fait payer le prix.

Anne VANDERLOVE est, dès ce premier album, une conteuse de qualité. Par sa voix et ses histoires, elle nous émeut, que cela concerne des soldats morts dans "Les marais", ou une incantation à "Eva", esprit comparable à celui de Viviane ou autre fée/ondine des légendes. La seule chanson qu'elle n'a pas écrite avec "La châtelaine", adaptée d'un traditionnel, mais c'est comme si. L'autre morceau majeur, c'est "La princesse, la rose et le tambour", valse lente magnifique et complainte d'une jeune femme qui, ayant perdu son soldat-tambour, se referme sur elle-même et dans sa tour dont plus personne n'ose approcher.

Anne VANDERLOVE chante, fredonne, fait parfois les deux en même temps, telle une demoiselle rêveuse, entre deux tours de guitares qui pourraient être des harpes, pour les contes surtout. L'ensemble de ce premier disque vinyle s'écoute très bien, malgré une seconde face légèrement moins réussie. L'artiste quitte rapidement Pathé-Marconi, sa maison de disques, et prête en 1970 sa voix au concept La Mort d'Orion de Gérard MANSET. Elle ne revient seule qu'au début des années 70 avec un nouvel album auto-produit.

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1. Les Fusils
2. Eva
3. Ballade En Novembre
4. Notre Maison
5. Les Marais
6. La Princesse, La Rose Et Le Tambour
7. Les Petits Cafés
8. Dites-moi
9. Le Temps Du Givre
10. La Châtelaine
11. La Rose Et Le Vent



             



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