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Anne VANDERLOVE - Anne Vanderlove 1981 (1981)
Par MARCO STIVELL le 8 Avril 2019          Consultée 439 fois

En cinq ans, la carrière d'Anne VANDERLOVE se trouve pas mal changée. Aucun disque original n'a vu le jour dans cet intervalle, en dehors d'une réédition/compilation concoctée par Pathé-Marconi. Il se trouve que justement, oubliant le passé, la chanteuse signe de nouveau avec ce label ! Pathé-Marconi, distribué désormais par EMI, publie le cinquième album original de VANDERLOVE, au bout d'une quinzième année de carrière musicale.

Un très bon album contre toutes attentes, y compris les miennes. Nous sommes en 1981, année tournant pour beaucoup d'artistes, nul besoin de le dire à chaque fois. On pouvait craindre que l'empreinte d'Anne VANDERLOVE ne soit grandement modifiée, surtout que la photo du verso de la pochette nous montre qu'elle s'est tournée vers un cadre nettement urbain, virage à 180° par rapport aux albums parus dix ans plus tôt.

Cheveux plus courts, maturité liée à l'âge (qui avance doucement vers la quarantaine), Anne VANDERLOVE a aussi laissé petit à petit certaines de ses aspirations folkeuses derrière elle. Beaucoup moins contestataire, la chanteuse garde certaines de ses thématiques chères, le temps, l'amour "conscient"... Et elle semble heureuse, en tout cas elle le dit, sur "Chante avec moi, ça va", sur "Mets un pied devant l'autre" aussi.

Le disque est enregistré aux studios de Pathé-Marconi, à Boulogne-Billancourt, en compagnie de musiciens de studio talentueux, dont un trio connu pour accompagner RENAUD sur ses disques et en tournée à l'époque, pour ne pas dire plus dans le cas de Jean-Louis Roques. L'accordéoniste et claviériste moustachu, originaire de Cahors, Lot (46), amène du foie gras que VANDERLOVE et les autres musiciens savourent comme il se doit, arrosé de vin, de champagne... C'est écrit sur la pochette, tout comme les noms de Laurent Gérôme, joueur de pedal-steel favori de RENAUD, et le frère guitariste de ce dernier, Noël Séchan, qu'on entend sur le live à Bobino (1980).

Bonne pitance et bonne humeur ne nuisent absolument pas à la qualité des chansons, pas plus (certainement pas !) que la présence de ces musiciens. Certes, Laurent Gérôme ne participe de façon bien voyante qu'à "Là-bas à Vilgo", ambiance country également portée par le violon de Dany Uriet, tandis que sur un air serein, Anne VANDERLOVE chante des souvenirs d'enfance.

On disait que le côté urbain de Paris la tient loin des années 70 et, par exemple, des environs de Saint-Étienne où a été enregistré son troisième disque en 1974, mais figurez-vous que l'on peut parler de Bernard LAVILLIERS malgré tout. VANDERLOVE s'autorise en effet une reprise de "La grande marée" (album Le Stéphanois, 1975), et plutôt très bonne d'ailleurs, gardant l'esprit musical du baroudeur autant que l'urgence verbale. Et quel contraste, vocalement parlant, entre le baryton et la mezzo-soprano ! Cela fait bizarre de l'entendre dire certaines paroles crues, mais le talent est là, jusque dans les arpèges de 12-cordes qui rappellent son propre disque de 1976. Pourquoi n'a-t-elle jamais sorti de disque véritablement (folk-)rock progressif ?

Sur "La vie s'en va", on retrouve son élégance propre, sur fond de pop-reggae soft alors en vogue, de claviers Rhodes et d'arpèges clairs bien menés. Parfois, Anne VANDERLOVE chante seule un trois temps rythmique, accompagnée de sa guitare ("Mets un pied devant l'autre", belle impression marine) voire quelques synthés, ("Virginia" nouvelle version, "L'arsenal") et le charme opère toujours, un brin actualisé. Plus surprenant, "Le clown" et la tristesse de son sort nous sont contés de façon dramatique, comme sur une scène de théâtre. On se tait, et on écoute la dame - qui chante toujours aussi merveilleusement bien -, ceux qui l'entourent aussi.

Le groupe solide, mené par Séchan et Roques, donne à "Chante avec moi, ça va" un ton de valse musette à la "Germaine" que RENAUD ne saurait renier, accordéon et choeurs masculins forts à la fin. Il s'adapte tout aussi bien à la dolce vita mentionnée généreusement sur "L'Italie" et sa mélodie sensuelle, qu'au blues-rock mordant de "Manu l'exil". À la fin de ce dernier titre et celle du "Clown", Alain Hatot vient ajouter du saxophone telle une cerise sur le gâteau, selon la recette nouvelle voulue par les années 80, mais sans excès.

C'est bon, très bon, d'un bout à l'autre. Un album mineur en termes de succès, peut-être moins que cela encore, et c'est injuste, au vu des qualités d'écriture et d'interprétation.

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   MARCO STIVELL

 
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- Anne Vanderlove (chant, guitares)
- Noël Séchan, Jean-pierre Dumas (guitares)
- Dominique Westrich (basse)
- Guy Mauny, Pierre Bedrossian (batterie)
- Jean-louis Roques (piano, claviers, accordéon)
- Dany Uriet (violon)
- Alain Hatot (saxophones)
- Laurent Gérôme (pedal-steel guitare)
- Michel Gesina (mandoline)
- Daniel Michel, Gérard Jardillier, Philip (choeurs)


1. La Vie S'en Va
2. Là-bas à Vilgo 3:03
3. Chante Avec Moi, ça Va
4. L'arsenal
5. Le Clown
6. L'italie
7. La Chanson De Virginia
8. La Grande Marée
9. Mets Un Pied Devant L'autre
10. Manu L'exil



             



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