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Anne VANDERLOVE - Tous Les Bateaux (1972)
Par MARCO STIVELL le 4 Février 2019          Consultée 458 fois

À la fin des années 60 et après le succès de « Ballade en novembre », Anne VANDERLOVE se fait discrète dans le milieu médiatique, tout en publiant de nombreux 45 tours avec des chansons demeurées inédites. Comme elle le dit elle-même sur la pochette de son second disque en 1971 :

« Pour parvenir jusqu'à vous, ce disque n'a pas suivi les grands circuits commerciaux traditionnels. Ce n'est pas un produit d'usine ; ce que je fais maintenant ressemble plutôt à de l'artisanat. J'ai quitté les grandes autoroutes pour les petits chemins de campagne. En ce monde qui s'épuise entre la course aux étoiles, la course aux armements, à la violence, au bruit, à la pollution, une des seules échappées possibles est de prendre encore le temps de flâner un peu sur des sentiers perdus qui ne mènent nulle part... ou presque. »

Le disque éponyme, souvent renommé Tous les Bateaux, est ainsi auto-produit, entièrement écrit et composé par Anne VANDERLOVE, avec le concours de Jean-Marie Pallen pour les orchestrations. Celles-ci dépareillent franchement du premier album de 67 qui était très axé sur la guitare et la voix, avec peu de participations extérieures. Il est amusant de penser que c'est l'inverse de ce qui se produit d'ordinaire, quand la grande maison de disques impose une forme musicale « de taille » à l'artiste, schéma bien connu dans le milieu de la chanson française en ces années 60-70.

Les chansons-phares sont « Lady Jane » et « Tous les bateaux ». Mettre un costume pour aller promener dans la forêt ou le long d'un fleuve n'est pas une idée courante, mais avec VANDERLOVE, c'est toujours la première qui vient. Surtout pour « Lady Jane », son refrain-titre simple adorablement porté par la voix de la chanteuse, son ambiance jazzy avec une batterie fine pour soutenir l'orchestre.

On retrouve ce rythme shuffle traité toujours avec douceur, sur « Civilisations perdues » en particulier (légère touche DISNEY avec la chorale, envie d'aller s'enfoncer dans les bois comme dans Bambi ou Blanche-Neige). Un morceau superbe, où la chanteuse met en notes ce qu'elle dit dans la préface, en s'adressant aux hommes « importants » : « Vous avez inventé des conciles pour justifier vos déraisons », à propos de la guerre, de la course au progrès.

Dans « La liberté court le monde », elle aborde également les déchirements du monde, les tombes des soldats. « Pompéi 2000 », c'est une excursion dans une ville lambda et morte, brillante par sa modernité mais sans plus aucune chaleur humaine, prémonitoire diraient certains. Ces textes, tous convaincants, se présentent avec une fragilité certaine, un ton plus dur que dans le premier album où VANDERLOVE faisait encore jeune fille, parlait d'attentes, contait de jolies histoires...

Pourtant, comme l'amour, il y a ce qui est (« L'amour s'en vient, l'amour s'envole et l'on y laisse chaque fois un peu plus de sa jeunesse, et le temps glisse entre les doigts »), et ce qui peut être, car malgré tout, on a toujours la possibilité de retrouver ce que l'on perdu. Entre « La chanson de Virginia » et « Ondine », il y a déjà une différence. Dans la seconde, la belle Anne chante, avec force désespoir suite à la séparation, certes : « Ce n'est pas que j'aie de la peine, mais je t'attends ».

Deux chansons magnifiques, et à côté, un peu de poésie d'enfance sur « Tous les bateaux », « Les longs jours d'octobre ». La voix de VANDERLOVE, douce, élégante, peut largement réconforter les jours de pluie, de tristesse. L'orchestration est sans lourdeur, propose de splendides vagues de cordes (« Tous les bateaux »), un violoncelle soliste, un piano caressant, plus rarement une guitare qui tisse de beaux arpèges. La flûte se pose sur une valse en rythme à 5 temps (« Les longs jours d'octobre »), audace rare pour des chansons qui demeurent simples, à l'image de « Pipe en terre, pipe en bois », la plus enlevée des dix proposées, grâce au principe d'allitération (consonnes).

La poésie est là, la beauté également, même s'il manque encore un peu d'unité d'ensemble.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Anne Vanderlove (chant, guitare)
- Jean-marie Pallen (direction musicale)


1. Lady Jane
2. Les Longs Jours D'octobre
3. La Chanson De Virginia
4. Pipe En Terre, Pipe En Bois
5. Civilisations Perdues
6. Tous Les Bateaux
7. Ondine
8. La Liberté Court Le Monde
9. La Saison Des Asphodèles
10. Pompéi 2000



             



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