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SHAKIRA - Dónde Están Los Ladrones? (1998)
Par MARCO STIVELL le 21 Août 2019          Consultée 232 fois

Le phénomène SHAKIRA est lancé, impossible de l'arrêter désormais ! La tournée 1995/96 à guichets fermés partout où elle passe ne lui laisse pas que de bons souvenirs : quelques débordements de fans aux entrées du grand stade de Barranquilla, sa ville natale en Colombie, ont causé des morts. Affectée et pendant un moment, elle parle de quitter la scène. De plus, elle se fait dérober une partie de ses bagages à l'aéroport de Bogota, la capitale, dont une mallette qui contient tous les textes de son prochain album, écrits par elle-même.

Marquée et sous le coup de la colère, elle écrit la chanson "Dónde Están los Ladrones?" ("où sont les voleurs ?") qui donne aussi son nom au nouveau disque, trois ans après le précédent. Entretemps, elle a rencontré, par le biais de sa maison de disques Columbia, un certain Emilio Estefan, mari et producteur de Gloria. Celui-ci accepte de la prendre sous son aile, et pour ces morceaux mis en musique par Luis Fernando Ochoa pour partie seulement cette fois, premier signe d'ouverture, de bonnes directives sont données comme l'utilisation de matériel d'enregistrement ancien.

Dónde Están los Ladrones?, comme Pies Descalzos, hésite entre pop-électro et pop-rock californien, dans un mariage années 90 tout ce qu'il y a de plus flamboyant. Certains disent qu'il est le meilleur disque de SHAKIRA, car c'est celui où l'on entend le plus de guitares et de fait, celui qui la rapproche le plus d'Alanis MORISSETTE. D'un avis personnel, il manque quand même un peu du charme et de la diversité du précédent. Le dernier titre, "Ojos Así", dont les couleurs orientales permettent à la chanteuse de renouer avec ses origines libanaises (du côté de son père) sur fond de rythme dance, annonce sérieusement les années 2000 et une SHAKIRA plus adulte.

21 ans à l'époque, et sa transition ne manque pas de qualités. Au caractère arabe joyeux et festif, pourtant amusant du morceau concerné – belle sortie de percussions et de guitare électrique "surf" -, on préfère largement le colombien mis en exergue dès le début de l'album. "Ciego, Sordomuda" ("aveugle, sourde-muette") est le premier single, avec un clip dynamique dans un esprit "policia", course-poursuite et camaraderie dans les rues ou les boîtes. La trompette, pleine de sueur, revient pour notre plus grand bonheur et se mêle à un titre ensoleillé, plein de vocalises chaleureuses et de romance hispanique mais sans lourdeur, même dans le rythme dance ou les guitares mordantes.

Ce cocktail bien garni, trompette en moins par la suite, se retrouve sur tout le disque : l'arrangement des guitares est particulièrement bon, oscillant entre arpèges "soft", folk à l'acoustique, et gros accords en électrique, pour ne pas dire saturés sur le morceau-titre. Le plus rock, et celui où SHAKIRA pousse le mieux sa voix. Quel gâchis quand même, quand on connait la suite de sa carrière : une rockeuse unique, versatile dans le chant, si prometteuse ! Les remontées de guitares, de percussions ou de la chanteuse en personne font le sel de morceaux mineurs comme "No Creo" et "Que Vuelvas", cette dernière collant un peu trop près de "Estoy Aqui" sur Pies Descalzos.

"Tú" et "Sombra de Tí" sont de bien jolies ballades, parcourues par la voix tantôt douce, tantôt lyrique de SHAKIRA qui contrebalance avec justesse la propreté des cordes, heureusement relatives elles aussi. À ses côtés, un peu d'harmonica (made in SHAKIRA !) et d'accordéon, des guitares aériennes, un orgue Hammond qui sifflote. Même constat pour la rumba délicieuse de "Moscas en la Casa", le slow "Octavo Día" avec une suite d'accords plus aventureuse. "Si Te Vas" progresse en crescendo et la chanteuse ne nous prive pas de ses effets ricochets dont elle use pendant ses vocalises, sur le final, miam ! De la chanson et de l'interprétation de haut niveau dans un style très américain, pas moins nord que sud.

Dónde Están los Ladrones? n'est peut-être pas celui qu'on brandit pour désigner l'album pop-latino des années 90 par excellence, mais ce qui est certain, c'est qu'il reste largement au-dessus de ce que le Mexicain moustachu et guitariste mondialement connu propose l'année suivante. SHAKIRA obtient un succès de plus en plus fort aux Etats-Unis. C'est à cette époque également qu'elle débute les transformations capillaires, quitte à recevoir des moqueries. Certains critiques comparent ses implants à la chevelure de la gorgone Méduse, mais elle contribue à lancer une mode. D'un avis très personnel encore, même les mains sales qu'elle exhibe sur la pochette (dans l'idée que, pour être, nous volons tous quelque chose à quelqu'un ou quelque chose, avec le poids de la culpabilité) sont plus séduisantes... Il ne lui manque pas grand-chose pour rayonner à l'international !

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   MARCO STIVELL

 
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- Shakira (chant, harmonica)
- Luis Fernando Ochoa (guitares, basse)
- Adam Zimmon, Marcelo Acevedo (guitares)
- John Falcone (basse)
- Brendan Buckley (batterie)
- Edwin Bonilla (percussions)
- Wendy Pedersen (choeurs)
- Randy Barlow (accordéon)
- Teddy Mulet (trompette)
- Javier Garza, Pablo Flores (programmations)
- Lester Mendez (programmations, arrangements des cordes)


1. Ciega, Sordomuda
2. Si Te Vas
3. Moscas En La Casa
4. No Creo
5. Inevitable
6. Octavo Día
7. Que Vuelvas
8. Tú
9. Dónde Están Los Ladrones
10. Sombra De Tí
11. Ojos Así



             



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