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DISNEY - La Belle Et La Bête (1991)
Par MARCO STIVELL le 2 Mars 2018          Consultée 368 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Il était une fois, et puis il était une deuxième fois, une nouvelle devrait-on dire, longtemps après d'autres chef-d'œuvre passés, mais là on est juste deux ans après La Petite Sirène. En 1991, DISNEY adapte un conte célèbre de madame (Jeanne-) Marie Leprince de Beaumont (une des premières auteures de livres pour la jeunesse au début du XVIIIème siècle) et produit une œuvre dont la concurrence est inévitable depuis la première adaptation du même conte, pierre angulaire du 7ème art, que l'on doit à Jean Cocteau. De son vivant, Walt avait essayé d'ailleurs, sans succès.

La Belle et la Bête, un autre "DISNEY princesse", renoue avec les couleurs froides qu'on a connues depuis Blanche-Neige, une esthétique très européenne, fort éloignée du précédent long-métrage en 90 et également du suivant, en 92. La Bête est un prince autrefois capricieux et égoïste, transformé par une sorcière jusqu'à ce qu'il trouve le moyen de se faire aimer, et dans un temps imparti par une rose qui perd peu à peu ses pétales. En voulant rendre prisonnier un homme qui s'est introduit chez lui, une jeune femme, Belle, lectrice rêveuse et d'une grande beauté, veut se sacrifier à la place de son père, l'homme en question (Maurice). Par leur rapprochement, d'abord amical puis amoureux, la Belle et la Bête vaincront le charme.

DISNEY a suivi la même trame, mais transformé certaines choses (la rose, originellement banale, est seulement cueillie par Maurice dans le jardin de la Bête, motif de sa capture ; Belle est censée avoir deux soeurs, Gaston n'existe pas.), mais c'est pour le meilleur, ne serait-ce que la kyrielle d'objets-personnages du château. Le travail des scénaristes confère une ossature digne d'un tel film, les réalisateurs Kirk Wise, Gary Trousdale (co-scénaristes d'Oliver et Compagnie en 1988) et toute leur équipe donnent la plus belle dimension hollywoodienne que l'on pouvait espérer. Grâce aux acteurs aussi, Paige O'Hara/Bénédicte Lécroart (Belle) et Robby Benson/Emmanuel Jacomy (la Bête).

La France est naturellement à l'honneur dans ce film. En hommage à Cocteau, des animateurs sont allé rechercher l'inspiration vers les châteaux de la Loire, et le style rococo est très présent. On peut parler cependant des dialogues, notamment ceux de Lumière ainsi que des chansons écrites par Howard Ashman, qui dans les deux cas insèrent beaucoup de mots directement empruntés à la langue de Molière au milieu de l'anglais. Cela participe au style précieux d'un film qui l'est par bien des aspects, malgré l'emploi désormais fondamental des images de synthèse.

Ashman fait un travail formidable, comme il l'avait fait pour Oliver et surtout La Petite Sirène. Il suffit d'écouter "Be Our Guest" ("C'est la Fête"), ses déploiements d'images culinaires/hôtelières et de jeux de mots sur fond de music-hall rondement mené. Cette nouvelle collaboration avec Alan Menken a de quoi ravir, hélas c'est leur ultime complète : se sentant condamné par le sida, Ashman décède en mars 91, à 40 ans.

La Belle et la Bête a encore cela de remarquable qu'avec ces chansons, ainsi que "Human Again"/"Humain à Nouveau", rajoutée ensuite, DISNEY retrouve de son aura d'antan, l'esprit comédie musicale et désuet, mais plein de charme dans le traitement, grâce aux personnages, aux idées des animateurs. Et cela se retrouve dans les plus simples comme le thème de Belle, l'air féérique qu'elle chante au début devant la fontaine et souvent repris ensuite par les violons. La bande originale d'Ashman et Menken mise beaucoup sur les dialogues chantés et dès le départ avec les villageois, ensuite avec Gaston et Lefou. Une impression de grandeur s'en dégage.

Ce n'est pas peu dire pour le film qui contient certaines des plus belles scènes de l'histoire de DISNEY, de l'animation en général. Une histoire qui prend au corps et ne nous lâche plus, c'est pour la vie. Du côté malsain, il y a la forêt et le château hanté, le personnage bref mais marquant de Monsieur d'Arque, celui qui veut enfermer Maurice à l'asile (dernier grand doublage d'Henry Djanik en français pour DISNEY), et les chansons de Gaston, "The Mob Song"/"Tuons la Bête !", "Gaston", valse folk/swing qui rappelle fortement "O Ratigan" (Basil Détective Privé).

Pour le côté lumineux, il y a... tant de choses ! Mais une en particulier. Non, deux : Belle d'abord, la plus jolie et la meilleure de toutes les princesses DISNEY, dont Ariel est la seule rivale possible, puisqu'on parlait de concurrence, devant toutes les autres. Des cheveux lâchés, un sourire éclatant et un désir de liberté ne sont pas incompatibles avec la sincérité bienveillante et le romantisme. Pardon pour ce point de vue très marginal (de nos jours surtout), mais la Bête et Belle le sont eux aussi.

La seconde c'est "Histoire Eternelle", en anglais "Beauty and the Beast", chantée par Mrs Samovar, la théière, alias Angela Lansbury (l'apprentie sorcière devenue apprentie détective à la télé) et, chez nous, Lucie Dolène qui avait redoublé Blanche-Neige au début des années 60. Presque trente années de plus dans les cordes vocales, mais c'est elle la meilleure, avec tout le respect que l'on doit à la respectable anglaise. Et la chanson ? Une mélodie qui ressemble à ce que la dentelle serait si elle pouvait résonner. Rien que le début avec la flûte, et Belle qui apparaît en robe jaune décolletée, ça me donne des frissons, les larmes viennent... Désolé encore ! L'image par ordinateur sert parfaitement la danse des amoureux, et la dernière phrase, une retombée, est en fait un sommet émotionnel. "L'histoire éternelle touche de son aile la Belle et la Bête..."

Cette chanson merveilleuse a remporté plusieurs récompenses, - un Oscar posthume pour Ashman, à qui le film est dédié -, et ce n'est pas tant à cause de Céline DION qui la chante au générique final en compagnie de Peabo Bryson. À la rigueur, cette reprise basiquement pop n'est pas glorieuse, mais on ne va pas faire la fine bouche. L'orchestre est impérial au moment propice, et tout le long en fait, vu que Menken reprend les thèmes "à la Grieg", comme dans les tous premiers longs-métrages, il y a longtemps. Dès le départ, le charme opère, bassons et hautbois sont au rendez-vous et les silences sont toujours aussi bien gérés. DISNEY n'a pas fini de nous émerveiller, mais La Belle et la Bête, comme son prédécesseur de 89, reste au-dessus de tout.

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   MARCO STIVELL

 
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- Alan Menken (compositions, arrangements)
- Howard Ashman (paroles)
- Danny Troob (arrangements, orchestrations)
- Michael Starobin (orchestrations)
- David Friedmann (direction de la chorale)
- Angela Lansbury (chant)
- Paige O'hara, Robby Benson (chant)
- Richard White, Jesse Corti (chant)
- Jerry Orbach, David Ogden Stiers (chant)
- Céline Dion, Peado Bryson (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Beauty/belle
2. Beauty/belle (reprise)
3. Gaston
4. Gaston (reprise)
5. Be Our Guest/c'est La Fête
6. Something There/je Ne Savais Pas
7. Human Again/humain à Nouveau
8. Beauty And The Beast/histoire éternelle
9. The Mob Song/tuons La Bête
10. La Belle Et La Bête (générique De Fin)
11. + Musiques Instrumentales Non-créditées



             



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