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William SHELLER - Les Machines Absurdes (2000)
Par ERWIN le 10 Janvier 2020          Consultée 598 fois

Nous sommes à l'orée du 21ème siècle et, pour un artiste comme William SHELLER, cette date ne peut que revêtir une évidente importance. Resituons le contexte : notre Will a sorti une symphonie puis un autre disque classique en 98, son dernier album solo date de 94, très rock et intitulé Albion puisque enregistré en Angleterre avec le guitariste Steve Bolton. Vu l'évolution de sa carrière, on s'attend à une sortie majeure lors de la première écoute de l'opus. Cet artiste inclassable de la chanson française en est donc à son dixième album solo, je ne compte pas les œuvres classiques. A 54 ans, les belles années semblent désormais bien devant lui, tout est permis et William semble animé d'une belle confiance en lui sur cet album duquel aucun single ne sera poussé vers les billboards.

Débutons par le plus lourd, les titres à retenir : "Les machines absurdes" donne son nom à cet album. Bruitage, énorme beat de synthés, et William qui descend son presque flow avec une conviction qu'aimeraient avoir les rappeurs de notre époque. L'ensemble sonne baroque à donf et brille d'une étrange aura malsaine. Voila sans doute un des plus grands titres de l'oeuvre de SHELLER. L'orchestration y est digne de DEPECHE MODE époque Wilder, il y a peu de titres équivalents dans la musique française. Je sais pas vous mais moi j'adore composer au piano, même guitariste de formation, les accords clairs et charmants que le roi des instruments permet d'aligner sont justes magnifiques. Alors voyez donc "Enygma Song" et ces accords fantomatiques de piano, juste avant que des synthés comme sortis de l'esprit d'un ténor de la synth pop ne prennent le pouvoir avec maestria. La voix du chanteur y tient comme un équilibriste sur une corde raide. Encore un morceau magique !

Après ces deux sommets, difficile de survivre, pourtant les instruments classiques reprennent le pouvoir sur "Moondown". Assortie de sa vidéo champêtre, cette fois dans une tradition celtique, avec une guitare électrique qui rugit au loin, étrange ovni dans ce morceau classique. L'ensemble sonne donc très épique, à retenir ! "Indies" est une fusion passionnante de musique orientale, avec des paroles poétiques absurdes, et des grattes grasses comme sorties d'un groupe de heavy metal. L'ambiance nous emmène loin de la variété. La voix quasi monocorde de William, quelque peu trafiquée, contribue à conférer à ce titre une forte puissance onirique. Enfin, des guitares vivaces introduisent "Sunfool" dans une ambiance que Kate BUSH n'aurait pas reniée, avec un bridge métallisé de fort belle allure.

Le reste des titres n'a toutefois rien de ridicule. Un synthé fou, une gratte stridente, la voix du maestro qui retentit au beau milieu d'"Athis", et on repart soudainement vers des sentiers plus pop, une pop très psychédélique, oui, je vous l'accorde ! Piano tressautant et orchestration minimaliste, c'est "To You" avec des vers qui sonnent tellement SHELLER, de la chanson française de tradition. A l'opposé, "Parade" nous plonge dans une ambiance que Louis XIV aurait adorée : pour danser avec ses favorites puis les trousser dans un recoin du palais, la vraie vie quoi ! C'est donc très baroque, avec ce zeste de modernité qui fait la patte de William SHELLER, et un solo de trompette un ! Une petite comptine ? Un quintette vient vous chercher tel une fable de la fontaine et ça nous donne la vilaine maison de "Chamberwood", tellement dans l'esprit du compositeur. On en termine avec de la synth pop sur "Misses Wan", toujours orienté asiatique, la voix fluette y module trop, et ce titre me semble moins bon que les autres.

Bref, sans être un magnus opus, les machines absurdes peuvent se vanter de renfermer des titres d'exception, et une ambiance que l'on peut aisément qualifier de surréaliste, ce qui n'a finalement rien d'étonnant de la part du compositeur de "Excalibur". Alors certes, on part dans tous les sens, les aspects classiques se téléscopent avec une appétence évidente pour les synthés et un amour immodéré pour les grosses guitares. C'est bien sur très recommandable et super bien fichu, inclassable et totalement SHELLERien.

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1. Parade
2. Indies
3. To You
4. Moondown
5. Sunfool
6. Athis
7. Misses Wan
8. Enygma Song
9. Les Machines Absurdes
10. Chamberwood



             



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