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William SHELLER - Rock’n’dollars (1975)
Par KORAMA le 5 Mars 2018          Consultée 627 fois

Après un Lux Aeterna confidentiel et avoir ensuite travaillé sur La Louve, l’album de BARBARA paru en 1972 (c’est d’ailleurs elle qui lui conseillera de se lancer dans la chanson), c’est avec cet album que William SHELLER va se faire réellement connaître du grand public, Tout ça grâce à "Rock’n’dollars", un morceau qui le poursuivra par la suite comme un boulet, un morceau en forme de blague. Ecrite en 5 minutes pour se foutre de la gueule des chanteurs de l’époque qui collaient des anglicismes partout, elle sera prise au premier degré par le public et fera de SHELLER une "star". Propulsé "chanteur de variété rigolo de service", SHELLER aura bien du mal à imposer d’autres types de morceaux pendant un bon moment.

Pourtant, ce premier album de chansons propose un vaste éventail d’ambiances et pose le "style SHELLER".

Dès le deuxième titre, "La maison de Mara", SHELLER nous emmène dans son univers, mêlant influence classique (cordes en toile de fond, piano très CHOPIN), chant parlé/chanté sûrement hérité de son passage en tant qu’arrangeur pour BARBARA, et des refrains plus enlevés avec basse et batterie. Une petite merveille de délicatesse, du moins sur les passages purement orchestraux.

Car pour moi, là où le bât blesse souvent chez SHELLER, c’est dans le choix de ses rythmiques basse / batterie. On a l’impression qu’il ne sait pas trop quoi en faire, du coup c’est souvent pataud. L’exemple parfait est le morceau suivant, "La fille de Montréal". Un truc vaguement enlevé mais pas spécialement intéressant. On retrouvera d’ailleurs le problème sur les titres les plus rythmés du disque ("Laisse moi tout seul", "Les machines à sou"... mais pourquoi du sax??? La section "cashbox" de "Hit Parade Lady"...), mais aussi sur les albums suivants. Etrange quand on se rappelle l’alchimie qui régnait sur Lux Aeterna.

Là où il excelle par contre, c’est dans le dépouillement, comme sur "Une fille comme ça", petit morceau folk tout simple, ou sur "Oncle Arthur et moi", véritable petit chef d’oeuvre très Paul MCCARTNEY dans l’esprit avec sa construction piano basse soutenue de cordes et choeurs et s’offrant le luxe d’un solo de clarinette et d’accordéon. Assurément l’un des plus beaux morceaux de SHELLER. Autre merveille, le morceau de clôture, "Savez-vous?" uniquement construit sur des cordes (et un piano sur le dernier accord), d’une grande retenue.
SHELLER est un arrangeur, cela s’entend. Il lui suffit d’un pattern de percussion, d’une ligne de violon un tant soit peu arabisante pour permettre à "Photos souvenirs" d’évoquer les images adéquates que requiert son sujet.

Mais le style SHELLER, c’est aussi une certaine forme d’écriture bien à lui, très mélancolique et parfois un peu précieuse aussi. Les mots sont choisis avec soin. Il traîne son spleen tout au long de ses chansons, comme sur ce "Comme je m’ennuie de toi", assez emblématique de sa manière d’agencer les mots. "Ce n'est pas que le temps soit plus mauvais qu'hier mais je préfère rester chez moi, à me parler de toi". Qui d’autre tournerait une phrase comme ça?

Voilà, ce premier album n’est pas parfait, mais il a le mérite de poser les bases du style de son auteur, et celui-ci peut se targuer d’imposer d’emblée une musique et une voix singulières dans le paysage musical français.

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1. Rock'n'dollars
2. La Maison De Mara
3. La Fille De Montréal
4. Une Fille Comme ça
5. Laisse-moi Tout Seul
6. Oncle Arthur Et Moi
7. Photos-souvenirs
8. Comme Je M'ennuie De Toi
9. Les Machines à Sous
10. Hit-parade Lady
11. Savez-vous ?



             



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