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BARBARA - Amours Incestueuses (1972)
Par MARCO STIVELL le 25 Août 2021          Consultée 861 fois

Deux disques en une seule année, une nouvelle fois ; en 1972, on pourrait penser que BARBARA approche de la fièvre créative au sens excessif, mais il n'en est rien. Amours Incestueuses se révèle autant qualitatif, peut-être même supérieur à La Fleur d'Amour, celui qui le précède de quelques mois.

Pour cet album-là, elle fait appel à un nouvel arrangeur, Jean Musy, qui en cette position et ou celle d'accompagnateur, connaît une série de francs succès un peu plus tard en cette décennie ("J'ai encore rêvé d'elle" de IL ETAIT UNE FOIS, "So Far Away From L.A." de Nicolas PEYRAC, "Vancouver" de Véronique SANSON, "Je voulais te dire que je t'attends" de JONASZ etc).

Le producteur du disque est Franck Giboni, comme pratiquement chaque fois depuis 1967. BARBARA rencontre une foule de musiciens comme le bassiste Michel Colombai (également présent sur l'excellent Garlick de Hugues AUFRAY sorti la même année), le batteur Jean-Marie Hauser et qui sont là pour affiner le son pop-rock du disque, suivant la formule "L'Aigle Noir", pleine de réussites. Elle retrouve aussi un ancien, le contrebassiste Michel Gaudry pour un couple de morceaux (dont "La ligne droite", nouveau duo avec Georges MOUSTAKI) et puis il y a toujours l'indispensable Roland Romanelli.

Tout comme son prédécesseur, le premier titre est une pièce d'orfèvre, fleuve et qui se classe parmi ce que BARBARA a proposé de meilleur, bien que non 'tubesque'. "Amours Incestueuses", qui est également utilisé pour titre d'album tout à fait officiel car il apparaît sur la pochette, nous renvoie une fois encore au passé de la chanteuse, mais dans le texte, il n'en est rien ou presque. C'est elle qui, en femme qui a dépassé la quarantaine, s'adresse avec maturité sensuelle à un homme plus jeune qu'elle voit comme un adolescent.

Une conception voluptueuse de l'amour pour elle, exprimée d'abord avec un piano-voix des plus tendres et angéliques nous faisant croire que l'on retrouve la BARBARA des premiers disques. Alors que le refrain tranche avec esprit, batterie, basse et cuivres tout dehors, ces derniers générant un effet noir, menaçant et la chanteuse mettant plus de caractère dans son tour vocal. Les cordes prennent un peu le relais ensuite et le dernier couplet à des airs de lettre de rupture, en douceur. L'artiste n'a pas son pareil pour nous transporter de la sorte en étant aussi bien entourée !

Seul repêchage du disque cette fois-ci, et datant de deux ans plus tôt à peine sur l'album L'Aigle Noir, le titre "Colère" (pour "La Colère" à l'origine) tempère un peu le chant au contraire, plus fougueux à la base et semblant plus maître de son verbiage ici, lors d'une scène 'd'éclat' relationnel justement. Le son pop-rock très fourni dans la rythmique, guitare comprise, et les cavalcades de cordes, confirment définitivement la nouvelle direction musicale prise par BARBARA en ces années 70.

Parlons aussitôt du titre suivant qui crée un lien direct (bien que séparé par la fin de face de vinyle), à savoir "Perlimpinpin", où la chanteuse s'inscrit dans un nouveau style du côté textuel aussi. On parle d'une poésie critique et très fine sur la vie d'adulte, celle qui a délaissé les enchantements de l'enfance, défendus par le titre. Cuivres, timbales et guitare électrique y font bon ménage. Le titre écorché mais tout en développements soignés à son tour (fin en apesanteur magnifique), se révèle être un nouvel essentiel.

Au rang des nouveautés, "Le Bourreau" est une collaboration avec le parolier Etienne Roda-Gil qui s'impose lui aussi peu à peu dans le monde de la chanson variété en ces années-là. Un titre hanté par l'esprit du temps, inexorable, alternant refrain populaire avec accordéon de Romanelli, sur un tempo libre, et piano-voix contemplatif, final évanescent.

Ceux qui veulent retrouver la BARBARA jazz d'avant et un style plus direct, peuvent trouver leur bonheur avec "Rémusat". Efficace en simplicité, elle renoue avec l'époque d'une chanteuse amoureuse de son diplomate (dans la vraie vie, entre 1960 et 1964) et l'attendant à l'appartement de la rue de Rémusat, cocon auquel elle tenait tant et auquel elle va bientôt trouver un substitut avec la maison de Précy-sur-Marne. Parlons aussi de "Clair de Nuit" où BARBARA se laisse porter passionnément comme on l'aime entendre, en poésie enfantine et légère comme sa mélodie. Un très beau morceau jazz-bossa réunissant orgue, batterie aux balais et guitares classiques, co-écrit avec une autre 'jeunette' et future sommité de la chanson : Catherine LARA.

En parlant de guitare classique, la dernière belle surprise de ce disque de 72 est de recroiser Georges MOUSTAKI, cette fois dans son look hippie 'métèque', et non pas aux côtés de BARBARA mais sur la même chanson pourtant ! Très belle chanson appelée "La ligne droite", où l'homme s'adresse à une femme aimée qui a vécu loin de lui et qu'il cherche à retrouver, quand elle lui répond avec plus de réticence mais pas moins d'espoir (magnifique dernier couplet). Vocalement, musicalement, c'est le même effet que "La Dame Brune" en 1967, une première partie MOUSTAKI, très folk, et une seconde BARBARA.

Deux titres distincts en un seul et fortement réussi, commentaires que l'on peut aussi attribuer à "Printemps", adaptation d'un poème de Paul ELUARD, et qui rejoindrait aussi simplement le style classique de BARBARA s'il n'y avait cette première partie plutôt folk, mêlant les différents sons de claviers (piano acoustique, Rhodes, orgue). Un effet lumineux qui donne quelques frissons...

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   MARCO STIVELL

 
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- Barbara (chant, piano)
- Jean Musy (arrangements)
- Roland Romanelli (accordéon, claviers)


1. Amours Incestueuses
2. Le Bourreau
3. Printemps
4. Rémusat
5. Colère
6. Perlimpinpin
7. Accident
8. La Ligne Droite
9. Clair De Nuit



             



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