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- Style : Suede
- Style + Membre : The Smiths

MORRISSEY - Maladjusted (1997)
Par NESTOR le 27 Avril 2022          Consultée 285 fois

Après une doublette magique (Vauxhal And I et Southpaw Grammar) qui a vu MORRISSEY au sommet de son art, celui-ci ne parvient malheureusement pas à réaliser la passe de trois. En effet, pour très correct qu’il soit, ce Maladjusted ne parvient pas à convaincre sur sa totalité. Ce sixième album studio est en effet d’un niveau trop irrégulier. On y trouve des morceaux inspirés et probants, à l’image des balades "Trouble Loves Me" et "Wide to Receive" qui bien qu’assez conventionnelles sont de très bon niveau. Ou bien des titres plus Rock tels que "Maladjusted" et "Alma Matters" qui nous montrent un chanteur en grande forme, bien que très conforme à ce que l’on peut attendre de lui.

Mais malheureusement l’album comporte également des titres plus dispensables, voire maladroits. Ainsi l’écoute du pompeux et boursouflé "Ambitious Outsiders" se révèle être une véritable tannée. Dans une bien moindre mesure le tout juste correct "Papa Jack" n’apporte pas grand-chose à la carrière de MORRISSEY : c’est bien trop convenu et dépourvu de magie. De plus, le final de ce titre est bien trop brouillon et décousu pour que le morceau n’en pâtisse pas. Il en va de même du tout juste moyen "Ammunition".

Et que penser de "Sorrow Will Come in The End" un morceau qui a tout de l’exercice de style pataud.
MORRISSEY y déclame un texte sur fond de musique solennelle et torturée, ponctuée de bruitage. Il s’agit a priori d’un règlement de compte à l’encontre de Mike Joyce, le batteur de The SMITHS qui avait intenté un procès à ses deux ex collègues, Johnny MARR et MORRISSEY, en vue de demander une répartition plus équitable des revenus du groupe. Démarche qui avait abouti à ce que ses deux anciens amis lui versent la coquette somme de 1 million de pound. Grand seigneur, MORRISSEY y fait preuve d’une classe folle : "Je loue le jour qui t'apportera de la douleur, […] Ne ferme jamais les yeux, […] Un homme qui tranche la gorge, […] Et je vais t’avoir". Joyce aurait réagit avec plus d’humour à cette bouillie indigeste en déclarant à propos de cette chanson : "Je l’ai juste trouvé drôle. Si Lemmy (feu chanteur de MOTORHEAD) l’avait écrit, je serais peut-être inquiet".

La succession de bons titres et de morceaux plus étranges, la cohabitation de style et d’ambiances très différents les uns des autres, est assez déstabilisante. Il en résulte un album décousu, manquant de cohérence, et au sein duquel les montées de plaisir sont aussitôt interrompues par des morceaux bonnet de nuit. C’est un peu comme si MORRISSEY nous faisait la danse du ventre, et, dès que l’ambiance devenait un tantinet torride, il nous jetait un seau d’eau froide pour annihiler en nous toute idée de plaisir durable.
De fait, on ressort de l’écoute de Maladjusted désorienté, déçu et amer.

Le désastre est tel que la maison de disque a cherché à lui donner une seconde vie en ressortant une nouvelle version de Maladjusted en 2009. L’ordre des titres a été changé, ceux-ci ont bénéficié d’une opération de remastering, deux d’entre eux ("Roy's Keen" et "Papa Jack") ont disparu et ont été remplacés par des faces B de single. Il s’agit de "Lost" et "Longer Parallel" (faces B de "Roy's Keen"), "Heir Apparent" et "I Can Have Both" (faces B de "Alma Matters"), "This Is Not Your Country" et " Now I Am a Was" (faces B de "Satan Rejected My Soul"). Curieusement, ceux-ci s’intègrent relativement bien au sein de l’album et lui apportent un nouvel équilibre. "The Edges are No Longer Parallel" et "I Can Have Both" s’avèrent même faire très bonne figure dans cette nouvelle mouture.

Mais cela ne suffit pas à effacer le fait que ce Maladjusted est un bien piètre album, une faute de parcours assez surprenante pour un artiste qui semblait avoir pourtant définit son style et trouvé sa formule magique. Après avoir tutoyé les sommets avec le direct et habité Southpaw Grammar, MORISSEY vouvoie les bas fonds avec ce Maladjusted boursouflé d’orgueil et de maladresse.
1.5/5

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- Morrissey (chant)
- Alain Whyte (guitare, claviers, chœurs)
- Boz Boorer (clarinette, guitare)
- Jonny Bridgwood (basse)
- Spencer Cobrin (batterie)


1. Maladjusted
2. Alma Matters
3. Ambitious Outsiders
4. Trouble Loves Me
5. Papa Jack
6. Ammunition
7. Wide To Receive
8. Roy's Keen
9. He Cried
10. Sorrow Will Come In The End
11. Satan Rejected My Soul



             



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