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- Style + Membre : Pat Metheny

PAT METHENY GROUP - Letter From Home (1989)
Par ELK le 19 Décembre 2022          Consultée 757 fois

Deux ans après le splendide Still Life Talking, le PAT METHENY GROUP retrouve le studio Power Station de New York pour lui donner un digne successeur. Le groupe se recentre autour de six membres, le quatuor 'historique' plus Armando Marçal aux percussions et Pedro Aznar au chant. On verra que ce dernier va fortement contribuer à la teinte sud-américaine que va prendre Letter From Home, dans le droit fil de la formule magique trouvée lors de l’enregistrement précédent.

Ce nouvel opus prolonge la recherche d’un parfait équilibre entre une musique accessible, au fort potentiel de séduction immédiat, et un haut niveau d’exigence artistique, tant dans les structures des compositions que dans la qualité de leur exécution.
On se trouve néanmoins devant une œuvre plus ouverte que la précédente, avec un nombre de titres nettement supérieur (douze, soit le double) pour une durée un peu supérieure à 1H00, soit 19’ de musique en plus. Cette 'profusion' de titres ouvre la voie à des situations nouvelles pour le PMG : deux compositions connaissent une (petite) carrière sur les ondes, alors que pour la première (et dernière) fois, une vraie chanson fait partie de la setlist.
Dans le registre plus léger et accessible évoqué ci-dessus, on pense à un titre comme "Every Summer Night" à la chaude et limpide mélodie posée sur une orchestration sophistiquée mais parfaitement accessible. Le solo de Pat Metheny puis celui de Lyle Mays renforcent cette belle harmonie sans que rien ne vienne heurter l’auditeur néophyte du groupe.
"Beat 70" pousse davantage encore cette direction, avec un rythme très enjoué et gai, garni de sons latins, dont certains caribéens et une mélodie particulièrement aguicheuse qui écorchera probablement les oreilles des amateurs de la facette la plus traditionnelle du Jazz joué par Pat ; le solo est néanmoins magnifique comme il se doit.
Pour continuer avec les morceaux les plus accessibles, signalons également "Slip away" dont le rythme comme la mélodie s’imposent dès la première écoute. Ce titre ne livre néanmoins tous ses trésors qu’une fois bien intégrées les multiples touches de couleur apportées en solo par Lyles puis par Pat.
Quant à "Better Days Ahead", sa longue et remarquable mélodie, posée sur une base latine très typée constitue un superbe écrin pour un solo de guitare de près d’1’30 plein d’expressivité.
"45/8", malgré sa complexité rythmique, est une courte pièce totalement folklorique (musique des Andes) jouée par Pat sur un 'Tiple' (petite guitare sud-américaine).
Dans "Dream of the Return", Pedro Aznar pose sa belle voix et un texte en espagnol sur une pièce conçue à l’origine comme un instrumental (à l’instar du "This is not America" de David BOWIE). Pat vient jouer un superbe solo de guitare synthé, instrument dont il tire toujours profit à merveille pour lui conférer une grande expressivité.
"Vidala" est une superbe adaptation par Aznar d’un chant folklorique argentin, joliment rythmé par un tambour et accompagné par Pat au tiple, on entend même de la flûte de pan. Citons encore "Letter From Home", une des ballades dont Pat a le secret et qui clôt l’album de notes enchanteresses patiemment concoctées par le maître des lieux.

Ce disque comporte également des titres plus complexes qui enrichissent cette facette du catalogue du PMG, au premier rang desquels, "Have You Heard" qui fait écho à "Minuano" du disque précédent. On y trouve un long thème très élaboré, une superbe structure harmonique drivée par Lyle Mays, et LE solo de l’album : sur un rythme à sept temps, ponctué de nombreux changements d’intervalle, Pat expose durant 2’ sa science du jeu avec un chorus encore décortiqué dans les écoles de Jazz. Un son clair, un jeu d’une extrême fluidité, une superbe montée en tension et de nombreux dérapages parfaitement contrôlés hors des grilles harmoniques caractérisent cette intervention magistrale.
"Spring ain’t There" dévoile un superbe thème feutré, presque intime, parfaitement soutenu par le beau drive de Paul Wertico aux toms puis aux cymbales. Au bout de 3’, Pat se lance dans un solo à la grande force narrative, sans aucune esbroufe, mais avec la seule volonté de servir la musique. Une superbe pièce. "5-5-7" l’est tout autant, avec son début intriguant joliment porté par la basse de Steve Rodby. Une ambiance majestueuse s’installe et un beau thème mélancolique, avant que la guitare de Pat apporte ordre et accalmie, emmenant le morceau dans une nouvelle dimension harmonique. Pat y renouvèle l’exercice de "First Circle" : apporter un thème évident et lisible sur une structure rythmique des plus complexes. Il réussit parfaitement son coup, d’autant que son solo est encore une fois plus que parfait.
"Are We There Yet", seul titre composé par Lyle Mays, est absolument magnifique. Sur une base rythmique plutôt rock s’installe une sorte de marche implacable ; Pat la lance par un inhabituel 'glissando' à la guitare, et le groupe la poursuit sur un rythme syncopé parfaitement maîtrisé malgré sa grande complexité rythmique et harmonique. Après une accalmie, la guitare synthé et des passages de trompette apportent des sons plus urbains et un sentiment d’urgence parfaitement restitué. La suite plonge dans un monde de quiétude et de beauté, un peu à l’instar de la longue accalmie de "As falls Wichita, So Falls Wichita Falls", avec nombre de bruitages, et même les échos du début du morceau. Magique.

Malgré cette diversité stylistique, Letter From Home garde une unité sans faille, tout a été agencé avec minutie par Pat Metheny qui est un orfèvre dans l’art de gérer l’attention et les émotions de ses auditeurs. Il nous entraîne dans un superbe voyage, empli de détours et de variété, réussissant à nous séduire par la beauté des musiques et l’extrême talent des musiciens interprètes, à commencer par lui-même. Cette nouvelle réussite marque néanmoins la fin d’un cycle du PAT METHENY GROUP qui, après le projet majeur Secret Story de Pat en solo, prendra un nouveau virage pour revenir à une musique plus proche de ses origines.

Note 4,5 arrondie à 4.

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- Pat Metheny (guitare électrique et acoustique, guitare 12 corde)
- Steve Rodby (basse électrique & acoustique)
- Lyle Mays (piano, orgue, claviers, accordéon, trompette, sync)
- Armando Marçal (percussions)
- Pedro Aznar (voix, guitare acoustique, marimba, vibrations, sax)
- Paul Wertico (batterie)


1. Have You Heard
2. Every Summer Night
3. Better Days Ahead
4. Spring Ain't Here
5. 45/8
6. 5-5-7
7. Beat 70
8. Dream Of The Return
9. Are We There Yet
10. Vidala
11. Slip Away
12. Letter From Home



             



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