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ROCK  |  SINGLE

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- Membre : Dire Straits, Bap Kennedy

Mark KNOPFLER - Going Home - Theme Of The Local Hero (2024)
Par MARCO STIVELL le 9 Avril 2024          Consultée 2321 fois

Puisqu'il ne faut plus croire en la croissance, maintenant, à la boulangerie, il faudra commander un 'décroissant'. Si vous la trouvez bonne, tant mieux, même s'il faut reconnaître qu'elle l'est moins que le fait d'apprendre, en mars 2024, que Mark KNOPFLER veut offrir une nouvelle version d'un de ses morceaux classiques avec une armada de grands musiciens blues et dont le nom résonne à l'international.
Hein ? Ce n'est pas une blague, ça ?

Re-hein ? Le morceau en question, c'est "Going Home", toujours sous-titré "Theme From Local Hero" en relation avec le film du même nom (1982, réalisation Bill Forsyth, le charme de l'Ecosse, l'écologie subtile et humoristique, bref un bijou simple et coloré qui paraît trop lointain), dont il est le générique final ? Un classique de cette B.O superbe composée par Mark KNOPFLER qui tentait alors une première expérience sans DIRE STRAITS, qui a tout de même joué ce titre en live dès la tournée suivante en 1983-84 (disque Alchemy), avant de préférer par la suite sa version acoustique et plus humble, "Wild Theme", jusqu'à la dissolution du groupe en 93 et ensuite par KNOPFLER en solo. "Going Home" s'est senti vite mal aimé à cause de son décollage rock plus 80's, saxophone ténor de Michael Brecker à l'appui sur la B.O, de Mel Collins en live. Seulement voilà, en 2024, longtemps après tout cela, KNOPFLER tient à lui redonner justice et tout en jouant la carte humanitaire. Vous avez donc bien lu, il s'agit d'un titre instrumental servant l'humanitaire !

On se souvient du concert des WHO au Royal Albert Hall en 2000, peu avant le décès de John Entwistle, et qui a permis de donner un gros chèque à la Fondation Teenage Cancer Trust (aide aux adolescents atteints du cancer). Pete Townshend et Roger Daltrey en sont devenus les parrains officiels, Grande-Bretagne comme U.S.A. Longtemps après, KNOPFLER s'est senti le besoin de mettre la main à la pâte. Et pour cela, il fallait du beau monde ; les WHO en avaient fait venir un peu déjà, mais là, c'est exponentiel, et pour un morceau de quatre minutes qui se voient augmentées à dix ! Cela suit de près la version comédie musicale de Local Hero en 2019 qui avait déjà réuni le réalisateur Bill Forsyth et KNOPFLER, et cela précède la sortie du nouvel album de ce dernier, courant avril. Mais, à n'en pas douter, tout est fait ici pour éclipser n'importe quel autre projet.

En 2024, le rock est au plus mal, dit-on. Comment, néanmoins, taire son enthousiasme d'abord face à cet artwork très british (Denmark Street à Londres et le magasin de guitares Hanks), oeuvre de Sir Peter Blake qui se rend hommage à lui-même en rappelant qu'il a créé la pochette du Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band des BEATLES (1967) ? On remarque que parmi tous les collages d'artistes participants, il y a Burt Lancaster et Peter Riegert, acteurs principaux du film Local Hero. Et musicalement, dès le départ on est pris de court en sachant qu'après quelques secondes de nappes graves aux claviers (Guy Fletcher, collaborateur principal de KNOPFLER depuis 40 ans, produisant l'ensemble), la première citation du thème vient d'un certain Jeff BECK. Le dernier enregistrement de ce musicien mythique avant son décès. Accompagné, en réponses, par Mark KNOPFLER, Eric CLAPTON (au dobro pour l'instant), Derek TRUCKS pour l'arpège descendant.

Viennent les rythmiques progressivement, avec d'abord la basse de miss Sheryl CROW durant l'intro, suivie pour le décollage rock par STING en personne et de temps en temps, Glenn Worf, musicien qui a beaucoup joué pour KNOPFLER depuis trente ans (on croise aussi les noms bien connus de Danny Cummings aux percussions, Richard Bennett à la guitare et Jim Cox au piano). Aux batteries, Ian Thomas certes parfois mais aussi et surtout Ringo Starr, puisqu'on parlait BEATLES et, ensemble ou séparément, son fils Zak Starkey, qui est un pilier des WHO depuis le concert au Royal Albert Hall justement. Des WHO, un Pete Townshend plutôt discret lors du décollage, et surtout un Roger Daltrey bien audible au milieu, mais pas au chant ; le saxophone si caractéristique des vieilles versions de "Going Home" a disparu pour pouvoir favoriser son harmonica.

Pas de cornemuse donc sur cette triple mélodie (intro jouée une fois puis refrain double répété à l'envi), si écossaise qui réunit tant de guitaristes blues, country et rock pour l'occasion. Durant l'intro, après les précités, on se laisse porter par l'enchevêtrement des partitions de David Gilmour, John McLaughlin (le phrasé du virtuose jazz évoque les synthés d'époque), Ry COODER, Susan TEDESCHI, l'Italien ZUCCHERO (en toute modestie, une façon pour KNOPFLER de lui renvoyer la balle après avoir été invité sur son album de 2017). Puis pour le riff rock du refrain, outre Mark KNOPFLER, ce sont Pete TOWNSHEND, Madame Joan JETT et Dave Mason (TRAFFIC), Albert LEE et Miss ORIANTHI qui se répondent, avant une deuxième mélodie du refrain superbe jouée par Hank Marvin (SHADOWS), influence première de KNOPFLER. Que d'émotions en si peu de temps, déjà une admiration totale pour Fletcher et son mixage qui a dû tant exiger.

Certes, beaucoup plus loin, outre Steve VAI et un Joe SATRIANI qui plane, les hardos obtiennent gain de cause et l'amateur de classic-rock goûte moins en théorie au fait d'entendre Slash (GUNS'N'ROSES), puis Tony Iommi (BLACK SABBATH) pour le moins décalé, Alex Lifeson (RUSH), Steve Lukather (TOTO) bien qu'il soit couplé brillamment avec le blueman Sonny LANDRETH, ou encore Tom Morello (RAGE AGAINST THE MACHINE). L'ensemble paraît tellement irréel et chargé en grosses venues ou plus humbles. Mais ne boudons pas notre plaisir, quitte à entendre mieux la mandoline de Joe Brown et la 12 cordes de Dave Mason que le groove de Nile Rodgers (CHIC) ou le phrasé de Mike Rutherford (GENESIS) (si Tony Banks avait insisté pour se faire inviter une fois dans sa carrière, même aux claviers, il aurait éclipsé beaucoup de monde). Bien que complété avec force par Buddy GUY, Joe Walsh (EAGLES) ou Ron Wood (ROLLING STONES), Bruce SPRINGSTEEN mène la barque à la Telecaster claquante, puisque tout n'est pas une question de virtuosité dans le rock.

Parlons encore de Peter FRAMPTON pour le second refrain 'sensible' après Marvin, du master rock'n'roll Duane EDDY avec ORIANTHI pour l'épauler, de Brian MAY, lumineux, soutenu par VAI et FRAMPTON, de Joe BONAMASSA et Joan ARMATRADING supplantés par Eric CLAPTON (à l'électrique) sur le final, de Zak Starkey qui vient hacher un peu la rythmique pendant que Tony Iommi goes dark. Si le morceau, bien que splendide, est répétitif de base une fois passé l'intro, ici ça fourmille tellement et ça se bat ensemble contre ce foutu crabe avec tant de cohésion ou d'ouverture que les dix minutes passent sans qu'on s'en rende compte. La vidéo YouTube servant de clip ne fait rien d'autre que donner en animation les noms de chaque musicien au moment de leur apparition, chose qu'un Zoom avec plein de webcam n'aurait pas tant permis d'apprécier. En tout cas, quoiqu'on dise, cela faisait longtemps que le rock ne nous avait pas servi de claque pareille, sous forme caritative à plus forte raison. Et, pour rappel, c'est un instrumental. Long live Scotland.

Lien de la tuerie : https://www.youtube.com/watch?v=zBGm7gJtSZE

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