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- Membre : Dire Straits, Bap Kennedy

Mark KNOPFLER - Last Exit To Brooklyn (1989)
Par MARCO STIVELL le 24 Juillet 2018          Consultée 225 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Last Exit to Brooklyn est, à l'origine, une histoire romancée de Hubert Selby Jr., parue en 1964. Elle s'est vite rendue célèbre pour son style d'écriture brut de décoffrage et sans concession, genre discussion au bar entre deux collègues, et à travers le scandale qu'elle provoque, par sa volonté de dépeindre les classes ouvrières américaines des années 50, travailleurs syndiqués, gangs, gens considérés comme "normaux" et homosexuels, travestis, prostituées... Ces derniers étant victimes d'un milieu rude et qui ne tolère pas la différence. La nouvelle est interdite de vente en Italie et jugée pour obscénité en Grande-Bretagne.

Le réalisateur Uli Edel dit avoir découvert ce texte qui lui a ouvert les yeux, après une longue période d'apprentissage chez les jésuites, on peut imaginer le choc ! Son film n'est pas transcendant néanmoins, mis à part une poignée de grands acteurs (Burt Young) et des scènes marquantes quoique loin d'être joyeuses : quand Georgette, le travesti, est renié par son père ; quand Harry (Stephen Lang) se fait tabasser après avoir voulu "forcer" un jeune garçon ; quand Tralala, la prostituée (sublime Jennifer Jason Leigh, qui a été plus récemment une des Huit Salopards de Quentin Tarantino) livre son corps à des dizaines d'hommes ivres et déchaînés pour combler le manque de son militaire aimé...

La raison pour laquelle Mark KNOPFLER a été choisi pour la musique peut vite nous échapper. Certes, on se souvient de ses travaux pour Comfort and Joy et Cal en 1984, forcément empreints d'une identité ouvrière, en Ecosse puis en Irlande. Cependant, Last Exit to Brooklyn ne révèle aucune forme d'enchantement ou presque, comme ce pouvait être le cas depuis Local Hero (1983). Depuis cinq ans désormais, il s'en remet à son collaborateur le plus proche, Guy Fletcher, à ses dépens.

On s'y attend, les claviers dominent, au point de tout engloutir, y compris la guitare ! Il me semble qu'on ne l'entend que sur un seul morceau... Ce ne serait pas gênant si l'ensemble proposé était de meilleure qualité, car en vérité, Last Exit to Brooklyn n'a même pas l'excuse du carcan de l'image. Pendant la durée du film, on ne retient rien de la plus grande partie de ce qu'on entend, quand on l'entend. Il y a beaucoup de silences et souvent du temps consacré à une bande son constituée de chansons des années 50, rock'n'roll et rhythm'n'blues : pour les artistes les plus connus, Dean MARTIN, Johnny OTIS (dont le groupe a inspiré le IKE & TINA TURNER BAND)...

Le disque qui reprend le travail de KNOPFLER et Fletcher, surtout Fletcher, propose les thèmes instrumentaux nourris d'effets d'orchestre au synthé. Cela passe magistralement bien sur le thème principal et la "Finale", avec touches de batterie légère et violon pour des thèmes romantiques déclinés en variations classiques, jazz voire folk est-européen. L'ambiance de "Last Exit to Brooklyn" propose un apport soyeux de marimba (Mike Mainieri, comme sur Love Over Gold et Local Hero) au milieu des arrangements claviéristiques de harpe, trompette et cordes. La variation jazzy est un peu longue, mais le tout reste bien fait. Notez qu'on n'entend ce titre qu'à la fin du film !

La "Finale" est encore plus belle avec son violon joué par Irvine Arditti (fondateur du quatuor de chambre fameux et contemporain qui porte son nom) et son esprit folk américain selon Ennio MORRICONE. Quelle intensité ! Ajoutons le dernier beau titre, "A Love Idea", le thème du jeune garçon à la moto qui est amoureux de Tralala, la prostituée. Encore du violon, joué par David Nolan cette fois, et un lien direct, très celtique forcément, avec la superbe BO précédente de KNOPFLER et Fletcher, The Princess Bride (1987).

Pour le reste, la BO n'est guère à l'avenant, on l'a déjà vu. Fletcher superpose des vagues de cordes pour créer une ambiance mais qui, déjà dans le film, n'a pas de réel impact. À d'autres moments, la musique orchestrale se fait plus sombre et guerrière, avec force percussions tribales, comme pour la scène des émeutes à l'usine entre ouvriers et forces de police ("Riot"). Cela rappelle un ou deux moments de Cal, avec un peu plus de vibraphone par-ci et d'orgue d'église (inattendu et joli) par-là, comme à la fin de "The Reckoning". Le titre le plus dérangeant demeure "Tralala", le seul où on entend la Gretsch de Mark, un swing au son karaoké pour lequel Chris White, le saxophoniste de DIRE STRAITS, se devait d'être invité. Titre fun sans doute mais aussi répétitif, placé au moment où la miss Jennifer Jason Leigh parade fièrement aux côtés des militaires. On a évité la scène de striptease !

Le disque, lui, ne peut éviter une note et une appréciation médiocre, en dépit de trois thèmes (dont un court) intéressants. Par la suite, les BO de KNOPFLER se feront plus sporadiques, et l'année suivante, 1990 offre davantage de collaborations plus ouvertes (avec Chet ATKINS et les NOTTING HILLBILLIES).

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Mark Knopfler (guitare, composition)
- Guy Fletcher (claviers, programmations, composition)
- Mike Mainieri (marimbas, vibraphone)
- Chris White (saxophones)
- Irvine Arditti, David Nolan (violon)


1. Last Exit To Brooklyn
2. Victims
3. Think Fast
4. A Love Idea
5. Tralala
6. Riot
7. The Reckoning
8. As Low As It Gets
9. Finale



             



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