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- Membre : Dire Straits, Bap Kennedy

Mark KNOPFLER - Wag The Dog (1998)
Par MARCO STIVELL le 16 Février 2019          Consultée 235 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Wag the Dog de Barry Levinson et Metroland de Philip Saville sont faits à peu près au même moment mais demeurent radicalement différents. Entre les deux, il y a un océan (Atlantique) ; en termes de budget, il distance largement Metroland, et pareil dans sa thématique. Malgré son casting pour le moins séduisant, Wag the Dog, en français Des Hommes d'influence, n'est pas l'oeuvre la plus connue de Levinson, contrairement à Good Morning Vietnam ou Rain Man. Dommage car cette comédie est excellente, dans un style grinçant, foi de non amateur !

Conrad "Connie" Brean (Robert De Niro), un homme de confiance du Président américain, est chargé de sauver la réélection de ce dernier, alors qu'un fait divers à scandale l'implique et le place en bien mauvaise posture, quelques jours avant le vote. Connie, aidé par la secrétaire du Président Winifred Ames (Anne Heche), fait appel au producteur de cinéma Stanley Motss (Dustin Hoffman) pour "orchestrer" une guerre en studio, détourner l'attention du public et ainsi, minimiser le scandale. De quoi justifier le titre original, Wag the Dog, en français "noyer le poisson". À savoir que le film est sorti juste avant l'affaire Clinton/Lewinsky, sacrée coïncidence.

Outre les deux têtes d'affiche et Anne Heche, la distribution emploie, dans des rôles secondaires assez marquants, Kirsten Dunst (un de ses premiers rôles après Entretien Avec un Vampire et Jumanji) ainsi que, pour musicien attaché à l'image directement, le célebre chanteur de country Willie NELSON. Notre ami dégaine sa guitare à lui, sa fameuse Trigger chérie, durant un certain nombre de scènes du film et relevant la dose d'humour à chaque fois. Look heartland/folkeux aux côtes des costards cravates, il improvise des chansons cocasses en suivant les actions et décisions conjointes de son pote Hoffman et de De Niro.

Ces chansons servent l'histoire. L'une d'entre elles est un blues savoureux baptisé Good Old Shoe, composé par Edgar WINTER et interprété dans la tradition du Delta. À l'opposé, NELSON se retrouve à diriger l'enregistrement d'un "We Are the World" du pauvre (grand moment de rire !), comme pour rappeler qu'il a participé au vrai. D'autres chansons et morceaux sont proposés dans ce film, mais de manière fugace, et ne figurent pas sur la bande son finale – liste proposée en fin de chronique -. Le CD est réservé à l'homme de l'ombre, puisque NELSON est mis en lumière.

Mark KNOPFLER (car il s'agit bien de lui !) s'occupe non seulement d'une grande part de la bande originale, mais son apport est curieux. C'est un peu comme si on avait tenu à ce qu'il soit là, et le voilà, avec une musique décalée par rapport à un film qui l'est lui–même dans son ton, dans son rythme. Double décalage, donc. Très difficile à expliquer, alors on va se contenter de décrire !

KNOPFLER, à l'époque et pour la majeure partie du public, c'est toujours le leader de DIRE STRAITS, groupe qui ne s'est jamais arrêté, et ce n'est pas le demi succès (artistique et populaire) de son premier album solo, Golden Heart (1996), qui inverse la tendance. Pas encore : il faut attendre pratiquement cinq ans, la sortie de Sailing to Philadelphia et la tournée 2000/2001, pour un véritable nouveau départ. L'entre-deux, c'est du temps consacré à deux bandes originales excellentes, et depuis la tournée 96, le nouveau groupe de KNOPFLER est défini.

Avec le concours de Fletcher, Worf, Bennett, Cox et Cromwell, Wag the Dog reste, tout comme Metroland dans son genre, un travail superbe. Le morceau-titre, le seul chanté, est un blues électrique fort bien taillé, débonnaire et malicieux, avec des paroles très 50's, le chant grave de KNOPFLER, la guitare bien en avant, le clavinette, l'orgue surtout, qui s'échappe comme jamais ! Il préfigure les "Coyote", "You Don't Know You're Born" etc, et c'est un des rares titres que l'intéressé fait vivre un brin avec les années : je me rappelle l'avoir entendu aux Arènes de Nîmes en 2001.

Le thème le mieux accordé directement au film en fait, avec aussi, plus loin, le swing/jazz manouche virevoltant de "Just Instinct" (contrebasse sexy, arpèges et accordéon splendides), le bluegrass de "Drooling National" conduit par un tempérament métallique de 6 cordes acoustique qu'on a bien connu au temps de Brothers in Arms.

Effectivement, la guitare National de Mark refait joliment surface, le temps d'une poignée de titres plus ou moins longs, aériens, posés certes, mais toujours inspirés. L'orgue de Cox ronronne, se fond moelleusement dans les nappes soft de Fletcher, Cromwell rajoute cà et là des caisses claires militaires du plus bel effet, idem pour les arpèges de Bennett soutenant KNOPFLER (même le fondu final de "We're Going to War" ne gâche rien !). "An American Hero" se trouve même une ambiance MORRICONE inédite !

"In the Heartland" et la ballade country "Stretching Out" sont splendides, toujours dans un style instrumental où le groupe de KNOPFLER se révèle particulièrement habile. "Working on It", le thème de Connie/Robert De Niro ("je vais y penser !..."), avant-goût de "Speedway at Nazareth" sur Sailing to Philadelphia, revient très régulièrement, et c'est là le plus étonnant avec ce film car il se dégage un flottement, une respiration qui s'éloigne totalement de la dynamique scénaristique. N'empêche que c'est bien pensé, en sons comme en images. Alors que les albums chantés de KNOPFLER sont souvent déséquilibrés, Wag the Dog ne souffre d'aucun temps mort. Ok, en seulement 24 minutes de musique, c'est plus simple !

Morceaux non retenus sur le CD :
"I Guard the Canadian Border" (Willie Nelson, écrit avec Tom Bähler)
"Good Old Shoe" (Willie Nelson & Pops Staples, écrit par Edgar Winter)
"Thank Heaven for Little Girls" (Maurice Chevalier dans Gigi)
"The American Dream" (Tom Bähler & Friends)
"Classical Allegro" (Marc Ferrari & Nancy Hieronymous)
"Barracuda" (Heart)
"Courage Mom" (Merle Haggard & The Strangers)
"I Like the Nightlife" (Alicia Bridges & Susan Hutcheson)
"God Bless the Men of the 303" (Huey Lewis, Johnny Colla, Scott Mathews)
Jingles d'informations et de campagne présidentielle (Evan Kopelson & Walter Werzowa)

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   MARCO STIVELL

 
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- Mark Knopfler (guitares, chant)
- Richard Bennett (guitares)
- Jim Cox (piano, orgue hammond)
- Guy Fletcher (claviers)
- Glenn Worf (basses)
- Chad Cromwell (batterie)


1. Wag The Dog
2. Working On It
3. In The Heartland
4. An American Hero
5. Just Instinct
6. Stretching Out
7. Drooling National
8. We're Going To War



             



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