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BLUES  |  LIVE

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- Style : Stevie Ray Vaughan , Popa Chubby
- Membre : Muddy Waters , Captain Beyond

Johnny WINTER - Captured Live! (1976)
Par ERWIN le 4 Janvier 2010          Consultée 3879 fois

Ce fabuleux live de Johnny « Skeleton » Winter est une bible à lui tout seul, l’ancien testament s’y décline en référence aux pionniers du rock, comme Larry Williams et son « Bony Moronie » d’anthologie, puis c’est le tour de Lennon et de Bob Dylan… Excusez du peu, pour les références, Johnny s’est fendu de ce qui existait de mieux dans la cosmogonie musicale. Mais vous verrez que notre albinos préféré n’en oublie pas pour autant ses classiques personnels : un nouveau testament court, puisqu’il ne comporte que deux chapitres, mais quels chapitres ! On y reviendra plus tard.

Né en 44, Johnny était ado lors de la période « pionnier » du rock. Sa reprise de « Bony Moronie », grand standard de ces années folles, est assez conforme à l’originale, et agrémentée des envolées guitaristiques de folie que le Texan tire de sa Gibson Firebird. La chanson vaut d’ailleurs avant tout pour les innombrables soli qui la parsèment. Mais on est en présence de Johnny Winter, grand prêtre de la six cordes, non ? Ce live s’adresse aux fondus de blues, aux aficionados de rock, avec une franche touche « hard » car notre Johnny aime la « sheer distortion ». Et… et… et…. aux amoureux de la guitare, tous les amoureux de la guitare !

Le « Rock and Roll people » de John Lennon est passé à la moulinette blues, la voix de crécelle enrouée de l’albinos s’empare de l’opus et le fait sien… En toute modestie, car Johnny est un garçon discret, charmant et d’une gentillesse désarmante. La Firebird rugie de partout, ce sont les plus beaux jours du guitariste qui atteint ici un paroxysme de complicité avec son instrument fétiche. On a l’impression qu’il pourrait jouer ainsi pendant des heures, sans jamais se répéter ; les notes s’égrènent à une vitesse supersonique, sans tomber dans le démonstratif. Car Johnny ne démontre rien, ne lutte pas pour la place du plus rapide ou du plus technique, il n’en a rien à foutre. Seul le porte son amour de la musique, sa joie de jouer devant des foules médusées par la facilité avec laquelle ses doigts courent sur son manche. On ne peut que rester coi, bête, incrédule. Pour moi il est clair que Johnny est hors concours face à ses collègues guitaristes. Il EST le blues.

Et puisque de classiques nous parlons, « It’s all over now » déboule à présent, une version rapide et syncopée, que notre bon Keith Richards aurait eu bien du mal à suivre. Imaginons un instant Johnny en lieu et place de ce dernier avec les Stones sur scène. Cela n’aurait-il pas une gueule fabuleuse d’un point de vue musical ? En parlant de gueule, la filiation entre les deux grands bluesmen blancs apparaît ici dans toute sa magnificence, jusqu’au son que Stevie Ray utilisera pour ses albums dans la décennie suivante. Autre point commun, les deux Texans ne sont pas d’immenses chanteurs mais remplacent cette lacune par une dévotion et une honnêteté rares.
Le Captured Live contient une reprise de plus : cette fois Johnny s’attaque au répertoire de Dylan, ainsi qu’au travail de l’un des gratteux les plus sous-estimés de la planète rock : Mister Mike Bloomfield ! Soit l’inventeur du son de guitare rock… En gros et en toute simplicité. Du coup, le morceau n’a plus rien de dylanien et ne devient qu’un prétexte à d’immenses soli de guitare. Le natif de Beaumont entre en transe, et de « son » autre monde nous parviennent des digressions guitaristiques que les pratiquants du monde entier lui envie.

Et Johnny de continuer sur son répertoire : « Roll with me » est un rock au tempo de feu écrit par son collègue et ami de toujours Rick Derringer. Une excellente chanson doublée d’un écrin de choix pour tout guitariste qui se respecte… et l’hommage est à la hauteur !
L’apothéose arrive sous la forme de « Sweet papa John ». Une ode à la turlutte, directement issue du cerveau détraqué de notre loustic. Matez un peu les paroles, il faut en avoir pour coucher sur le papier un truc pareil et l’enrubanner dans ce qui est pour moi la plus grande performance à la guitare de tous les temps. Seul avec sa gratte en studio, ou encadré par ses potes en concert « Sweet papa John » est cet incroyable morceau qui ferait se réveiller un mort, qui rendrait Brice Hortefeux désireux d’accueillir tous les Maliens, qui transformerait Sarkozy en paysan du delta avec chapeau de paille… Un morceau qui rend meilleur, c’est indéniable. La manière qu’a Johnny de susurrer « They call me sweet papa john, my candy’s known from miles around », c’est à se pisser dessus.
Et quand la guitare part à 4.10’, on est dans le vaisseau spatial du bonheur, de la jouissance, de la quintessence musicale… une bulle de félicité ! A conseiller à tous les stressés de la planète… une cure de jouvence, car il faut être âgé de douze ans pour pondre une telle merveille d’innocence.
Un chef d’œuvre impérissable… Ce seul morceau suffirait à faire de n’importe quel live un chef d’œuvre. Si vous ne tapez pad du pied là-dessus, c’est que vous êtes unijambiste, et alors ? Cela ne vous empêchera pas de vous fracasser la tête en cadence contre le mur qui surplombe votre hifi.

Osez l’expérience Johnny Winter, vous ne le regretterez pas.

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   ERWIN

 
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- Johnny Winter (chant, guitares, harmonica)
- Randy Jo Hobbs (basse, choeurs)
- Richard Hughes (batterie)
- Floyd Radford (guitare)


1. Bony Moronie
2. Roll With Me
3. Rock And Roll People
4. It’s All Over Now
5. Highway 61 Revisited
6. Sweet Papa John



             



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