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- Style : Harry Nilsson , The Lemon Twigs
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Paul MCCARTNEY - Ram (1971)
Par A.T.N. le 12 Novembre 2010          Consultée 2395 fois

Après la sortie de son premier album solo, et toujours sur fond de trauma post-partum beatlesien, Paul se retire dans sa ferme en Ecosse avec sa belle Linda, où vont être jetées les bases de ce disque. Ca fait mal de le reconnaître : un des meilleurs albums solos de McCARTNEY est le seul co-signé avec sa femme – probablement en réaction au couple LENNON-ONO. Je n’ai rien de personnel contre Madame, mais cela montre un manque d’ambition musicale chez le songwriter de Liverpool. Tout comme Yoko ONO n’apportera que son insupportable voix de casserole ébréchée et quelques idées biscornues à LENNON, Linda McCARTNEY ne sera qu’une gentille compagne (même si elle est créditée à la composition sur certains titres, il est connu que seul Paul en est l’auteur), et une choriste médiocre.

Et pourtant, j’aime beaucoup RAM, et pas seulement la photo de couverture (un "RAM" est un mouton mâle, en anglais) qui témoigne de leur vie au grand air, proche de la nature (photo prise par Linda, arrangée ensuite par Paul, avec des collages marrants au dos et à l’intérieur de la pochette).

Macca a, fort heureusement, cerné les limites du self-made-record sur l’opus qui inaugurait sa carrière hors des Fab Four. Il s’entoure donc de Danny Seiwell à la batterie, de Hugh McCracken et David Spinozza à la guitare, et continue à se charger du reste. On découvre donc des morceaux enlevés, soutenus par un vrai groupe qui joue ensemble. On peut déplorer, à nouveau, le fait que le couple soit également le producteur de cette œuvre : une impulsion extérieure n’aurait pas été de trop.

Sur certaines pistes, nous ne sommes pourtant pas si loin de la grande époque (si lointaine, si proche…) : le diptyque « Uncle Albert / Admiral Hasley » évoque le côté bucolique du chanteur par son air doux, ses violons, avant qu’un piano et une trompette ne fassent basculer le morceau dans cette pop brillante aux refrains boy-scouts, suivis par un McCARTNEY qui semble se faire plaisir à adopter des voix totalement différentes suivant les couplets. Le grand mélodiste a encore frappé. Quel dommage que ces sympathiques chœurs ne possèdent pas de texture intéressante, d’épaisseur… Le « Smile Away » qui suit est un boogie-rock de bonne facture, mais là aussi les chœurs dominés par Madame sont bien pauvres – sans-doute suis-je trop difficile, car il y a vraiment matière à se réjouir.

Les autres titres qui rendent justice au talent de l’artiste sont « Monkberry Moon Delight », où le chanteur se casse la voix à loisir, avec la fantaisie qu’on lui connaît ; « Dear Boy », dont les voix emmêlées collent parfaitement à la belle mélodie et au crescendo ; et surtout le morceau-titre « RAM », fascinant par son binôme ukulélé/voix, totalement magique, que des chœurs viennent rejoindre pour une promenade que l’on imagine facilement dans la lande écossaise. Du McCARTNEY pur jus, exquis.

Quelques morceaux, sans grand relief, ne sont pas désagréables – des blues moelleux, des ballades « In the Back Seat of My Car » – on ne peut pas trouver ça nul, mais difficile d’adorer. Leur grand mérite est d’assurer des plages gentiment mélodieuses entre les points forts de l’album. Notons que « Too Many People » est un choix très moyen pour entamer le vinyle.

La retraite en Ecosse, bien compréhensible après quinze ans dans un tourbillon unique dans l’histoire de la musique, a accouché d’un disque assez frais, aux préoccupations légères. L’attitude du bassiste reste à l’opposé d’un LENNON engagé, activiste et concerné par son époque : Paul ne rentre même pas dans la gueguerre contre sans ancien partenaire (qui l’attaque pourtant sur diverses chansons, fustigeant sa mollesse). Cette attitude permet à RAM de traverser les années sans beaucoup vieillir, et d'apparaître aujourd’hui comme un bon disque de 1971. Sans plus, hélas. Il manquera toujours à McCARTNEY un George MARTIN pour lui donner l’idée d’un quatuor à cordes quand il présente la mélodie de « Eleanor Rigby », ou un John LENNON qui arrive le matin avec un époustouflant « Strawberry Fields » dans la poche, le poussant à pondre l’immense « Penny Lane » dans la foulée. Et de vrais chanteurs pour les chœurs (John & George), pas des amateurs.

Un album réjouissant et décevant à la fois…


Note : la réédition CD remasterisée de 1993 contient également les singles « Another Day » et « Oh Woman, Oh Why » en bonus. Pas de quoi se relever la nuit.

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   A.T.N.

 
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- Paul Mccartney - Chant, Basse, Piano, Or
- Danny Seiwell - Batterie
- Hugh Mccracken - Guitares
- David Spinozza - Guitares
- Linda Mccartney - Photos, Choeurs


1. Too Many People
2. 3 Legs
3. Ram On
4. Dear Boy
5. Uncle Albert / Admiral Hasley
6. Smile Away
7. Heart Of The Country
8. Monkberry Moon Delight
9. Eat At Home
10. Long Haired Lady
11. Ram On (continuation)
12. The Back Seat Of My Car

1. Another Day
2. Oh Woman Oh Why



             



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