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Kanye WEST - My Beautiful Dark Twisted Fantasy (2010)
Par LOUJINE le 3 Janvier 2011          Consultée 3346 fois

L’avantage notable de la chronique d’actualité (et son désavantage certainement) c’est son caractère transitoire. Elle naît d’une écoute au plus proche, dans le temps et dans l’émotion. Le recul n’est pas encore tout à fait possible. Je trouvais cela assez intéressant d’entreprendre une chronique d’actualité sur Kanye West. Le hip hop contemporain, dans son image, est particulièrement ambigu. Sans retracer l’histoire du hip hop, ce que je serais de toute manière bien à mal de faire, on peut dire que cette ambiguïté est fondamentale.
Je la trouve explicite dans ce cinquième album de Kanye West. D’un côté, la figure de Kanye West tellement caricaturale, clichée, et de l’autre cette musique oscillant entre la facilité insultante et la facilité travaillée. Je ne saurais trouver d’autres termes pour définir la musique de l'Américain.

Cet album n’est sans doute pas la meilleure entrée pour ce problème, mais le simple fait de parler de « la musique de Kanye West » me semble gênant. En effet, de plus en plus, les albums de hip hop sont constitués de featurings, les mélodies sont des emprunts, les productions des collaborations et les paroles des citations. Qui est qui dans ce mélange ? Et je me dis que finalement c’est un peu ça l’identité de Kanye West, cette synthèse musicale ; et ce n’est pas une conception de la musique désagréable. Le titre ‘All of the Lights’ est représentatif de ce type de composition : un nombre élevé de musiciens, producteurs, arrangeurs, etc. (42) pour un résultat très délicat à décortiquer. On compte pas moins de 11 voix différentes sur ce titre, toutes mélangées, à un moment ou un autre, associées à une basse tonitruante, deux cors d’harmonie. Il serait abusif de résumer l’album à ce titre, cependant il donne une assez bonne idée de cette création de groupe du hip hop actuel, de l’ambiance clinquante de l’album, de l’énergie et des techniques utilisées pour la transmettre.
On peut à ce titre remarquer l’utilisation plus parsemée que par le passé de la modification électronique de la voix (par exemple dans l’intro de ‘Monster’), au profit bien sûr d’un plus grand recours aux chanteuses et autres rappeurs, fidèles à Kanye West (c’est-à-dire Kid Cudi, John Legend, ou même Jay-Z). À noter la présence de Justin Vernon (le chanteur de BON IVER) sur deux titres de l’album, soit ‘Monster’ (où il n’apporte rien de particulier) et surtout ‘Lost in the World’ qui reprend sa mélodie de ‘Woods’ et, comme la majorité du travail de West, la dynamise. L’album constitue finalement une heure dix d’énergie tout à fait excessive, ponctuée de langueurs plus que de longueurs qui viennent équilibrer cet excès de poudre aux yeux. L’ambiance mélodique correspond d’ailleurs parfaitement aux paroles de Kanye West qui demeurent un des ses points forts, sans doute moins important pour qui n’y attache aucune importance. Insistons au moins sur son flow, toujours parfaitement calibré sur les beats choisis, même s’il peut paraître un peu monotone (cependant jamais ennuyeux car, malgré des titres parfois longs, comme ‘Runaway’ qui dure 9:08 minutes, les featurings et les modifications de voix n’arrêtent jamais le rythme). Les thèmes variés de Kanye West sont à la hauteur de son image : ce qu’il faut de grandiloquence flatteuse sur le sexe, la gloire, l’argent associé à de l’autodérision et à une nécessaire (mais factice ?) interrogation identitaire, voire sociale.

Globalement l’album est une expression presque quintessenciée de ce que peut faire Kanye West, 70 minutes d’efforts maintenus en qualité, en énergie, en festivité. L’album rend tout à fait l’opulence du personnage mais également la dimension tout à fait paradoxale et vide de sa musique ― ce qui ne me semble pas être une définition nécessairement fausse de la musique en général. À cet égard le titre me semble tout à fait éloquent : My Beautiful Dark Twisted Fantasy. Il y a là une assez belle définition de l’esthétique de l’album, et ce qu’il a de fascinant : son côté monstrueux, « larger than life » comme disent les Américains.

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- Kanye West (rien et sans doute presque tout)


1. Dark Fantasy
2. Gorgeous
3. Power
4. All Of The Lights (interlude)
5. All Of The Lights
6. Monster
7. So Appalled
8. Devil In A New Dress
9. Runaway
10. Hell Of A Life
11. Blame Game
12. Lost In The World
13. Who Will Survive In America



             



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