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CHANSON FRANçAISE  |  STUDIO

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- Style : Francis Cabrel , Maxime Le Forestier

Georges BRASSENS - La Mauvaise Réputation (1952)
Par GEGERS le 24 Mai 2011          Consultée 5265 fois

« Mais les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux ».

Sincèrement, y a-t-il quelque chose à ajouter sur BRASSENS ? Irrévérence faite homme, le moustachu a fait l'objet de nombre d'études techniques, de biographies fouillées et d'analyses pointues. Cet abolitionniste des longs discours, initié dès l'enfance à la poésie des Villon, Baudelaire et Hugo, donne l'impression d'avoir livré tous ses secrets. Tenter de partir à la redécouverte de BRASSENS semble un exercice vain et inutile, tant l'artiste fait partie d'un patrimoine chéri, mais laissé à l'abandon. Et pourtant, d'autres monstres sacrés, à l'image de Renaud ou Maxime Le Forestier, y sont parvenus, en remettant l'œuvre au goût du jour, et en braquant les projecteurs vers ces petits poèmes méconnus font toute la richesse du répertoire du natif de Sète. Le patrimoine n'est pas immuable, il doit être entretenu et redécouvert régulièrement. Redécouvrons donc BRASSENS.

L'exercice est ardu. Car La Mauvaise Réputation est comme un composant naturel de la rubrique « Chanson Française » de notre cerveau, comme un élément essentiel qui sait se faire discret, mais n'hésite pas à se révéler au moment opportun et à faire son travail d'éveilleur de conscience. Lorsque sort ce premier 33 tours du moustachu, en novembre 1952, BRASSENS s'impose alors comme le poète des choses qui dérangent, le pourfendeur de la bienséance, insensible au qu'en-dira-t-on. L'artiste, dont les premières compositions ont en partie été écrites dans le camp de travail de Basdorf, durant la deuxième guerre mondiale, pourfend de sa voix ronde et chaude les tabous de l'époque. Bien sûr, il y a ces chansons hardies ou grivoises, qui se moquent avec une drôlerie extrême des forces de l'ordre, tout en laissant filtrer quelques convictions anarchistes, issue des liens ténus entretenus par BRASSENS avec la Fédération Anarchiste depuis le milieu des années 40 (« Hécatombe »). Le poète brocarde ces conservateurs liberticides, pour qui emprunter un chemin de traverse est considéré comme une déviance condamnable (« La mauvaise réputation »). L'artiste se fait hédoniste, partisan convaincu d'une tolérance à toute épreuve pour son prochain, et n'hésitant pas à condamner, sous couvert d'un poème grivois et humoristique, les partisans de la peine de mort (« Le gorille »), qu'il aura la chance de voir abolie avant son décès.

Ces poèmes, mis en musique, se ressemblent bien sûr dans la forme. Pour l'illustration sonore, il faut compter simplement sur une contrebasse, et sur cette guitare classique dont les cordes en nylon se font le vecteur de mélodies entraînantes et souvent utilisées pour imiter l'artiste. Et puis il y a cette voix, chaude et solennelle, dont l'accent sudiste délectable apporte une dimension supplémentaire à ces petites bleuettes tendres et espiègles qui restent aujourd'hui parmi les plus appréciées de BRASSENS (« Le parapluie », « La chasse aux papillons »).

La force du poète et de ne se refuser aucun sujet, quitte à choquer et à se faire dérangeant. Point de surprise donc à entendre la complainte du fossoyeur (« Le fossoyeur »), dont les jeux de mots et les expressions détournées apportent une richesse délectable à ce premier d'une longue série de portraits de personnages solitaires et désabusés. Et puis, comment oublier « Le petit cheval », mise en musique d'un poème de Paul Fort, devenue depuis partie intégrante du folklore musical français, au même titre qu' « A la claire fontaine » ? La mélodie et les intonations enfantines du morceau dissimulent à peine une réflexion sur la mort, qui cueille les êtres vivants bien souvent dans la fleur de l'âge, ne leur laissant pas le temps de vivre une existence pleine et complète.

La Mauvaise Réputation et ses 20 minutes de musique ne tarderont pas à connaître un succès certain, permettant à BRASSENS de poursuivre son art avec sérénité, allant de rencontre en rencontre, et affûtant son répertoire. Reste cette première collection de classiques, greffés dans l'inconscient général, qui constituent encore aujourd'hui quelques unes des plus belles réalisations de la chanson française.

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   (2 chroniques)



- Georges Brassens (chant, guitare)
- Pierre Nicolas (contrebasse)


1. La Mauvaise Réputation
2. Le Parapluie
3. Le Petit Cheval
4. Le Fossoyeur
5. Le Gorille
6. Corne D'aurochs
7. La Chasse Aux Papillons
8. Hécatombe



             



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