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- Style : Francis Cabrel , Maxime Le Forestier , Brassen's Not Dead

Georges BRASSENS - Ils Chantent Brassens (1996)
Par RAMON PEREZ le 13 Janvier 2019          Consultée 590 fois

Parmi les paradoxes de Georges BRASSENS, on peut relever son désir d’origine d’être auteur-compositeur pour d’autres, histoire de ne pas avoir à être interprète et ainsi se retrouver dans la lumière. Pourtant, une fois devenu personnage public, il eut bien du mal à entendre d’autres personnes le reprendre. Tordant du nez devant une interprétation différente de ses mots, reniant celles se permettant de toucher à ses mélodies, circonspect devant des versions orchestrales. Il fallait les chanter comme lui les avaient pensées, pour respecter son travail. Il parait à peu près certain qu’il n’aurait pas goûté la plupart des albums hommage qui ont fleuri depuis sa disparition.

Mais peut-être aurait-il apprécié celui-là, ne serait-ce que par amitié pour son concepteur : son guitariste des dernières années Joël Favreau. Celui-ci avait en tête d’enregistrer un opus instrumental, avec des musiciens rencontrés céans, afin que des personnes ayant envie de chanter BRASSENS mais ne maîtrisant pas d’instrument pour s’accompagner, puissent quand même le faire. Une sorte de disque pour karaoke. Au moment des discussions avec la maison d'édition, l'impresario lui dit approximativement « Banco ! Mais il faut quand même que ça se vende un peu, alors on va sortir un double. Il y aura le disque instrumental et un autre où, sur ces instrumentations, chanteront quelques personnes en vue. J’attends ta liste coco ».

Et voici notre guitariste, assez éloigné du showbiz, devant aller convaincre les vendeurs du moment de participer à son enregistrement. Comme il a travaillé avec CABREL récemment, il commence par lui, qui se dit partant. Puis le disciple LE FORESTIER accepte également. Dès lors tout s’enchaîne, le bouche à oreille fonctionne, les noms suivants convaincus par les noms précédents. Quelques refus évidemment, mais qu’à cela ne tienne, le casting final brille. RENAUD, SOUCHON, FUGAIN, HARDY… Le double album sort en 1992 sous le nom de Chantons Brassens. Pour les quinze ans de la disparition du maître, il se voit réédité, sans le disque instrumental mais avec quelques chansons de plus, sous le titre d’Ils Chantent Brassens.

C’est par une de ces nouvelles chansons que l’album s’ouvre avec un grand bonheur, tant la reprise des « Funérailles d’antan » par les CHANSON PLUS BIFLUOREE est enthousiasmante. Très fidèle à l’originale et pourtant taillée à leur mesure. C’est bien ici la grande réussite de Joël Favreau, d’avoir gardé la base des chansons de Georges BRASSENS (deux guitares et une contrebasse) puis d’y avoir adjoint quelques instruments, pour mener ces titres dans des directions où la rencontre avec les nouveaux interprètes pouvait avoir lieu. « Les passantes » prennent une jolie couleur blues pour Francis CABREL, « Je me suis fait tout petit » des teintes jazzy pour Michel FUGAIN, « Brave Margot » est plein de la douce folie de GOTAINER. Ces rencontres se font d’autant plus facilement que l’orchestre reste agréablement discret (il a toute de même « Les copains d’abord » pour lui, où il s’amuse à marier BRASSENS à RAVEL), malgré la présence de grands noms. Particulièrement celui de Richard GALLIANO qui accompagne modestement à peu près tout le monde.

Pour l’essentiel, ces nouveaux interprètes sont de la génération suivant BRASSENS. C’est une sorte d’hommage filial, de certaines personnes n’ayant jamais caché descendre artistiquement du Sétois (CABREL, RENAUD – qui enregistra peu de temps après un disque entier de chansons brasséniennes) ou l’ayant côtoyé, de plus ou moins près (Le FORESTIER, SOUCHON). Donc un hommage plein de respect envers l’original. Et c’est peut-être là une limite de cette compilation qui, à la longue, est un peu faite d’un bloc. Avec assez peu d’audace. Le choix des titres par exemple, contient quasiment tous les succès du moustachu, donc pas tellement de chansons inattendues (sauf celles que Favreau s’est gardées pour lui : « Pénélope » (avec Catherine LE FORESTIER) et « Le 22 septembre »). Il faut la stature d’un Philippe LEOTARD pour amener le disque un peu plus loin, avec cette version à demi parlée, où l’on ressent tout le poids de « Saturne ». Ou les cultures différentes de Manu DIBANGO et de Josiane Balasko pour aller voir ailleurs. Le coup avec le premier n’est pas forcément le plus réussi. En revanche l’actrice incarne à merveille le propos de « La complainte des filles de joie ». Elle est bien plus inspirée que son collègue Pierre Richard qui livre un « Gorille » assez anecdotique.

Ou encore l’élégance de Françoise HARDY qui livre l’un des plus beaux morceaux de cette collection, tant on dirait qu’ « Il n’y a pas d’amour heureux » a été fait pour elle. D'une précision et d’une modestie touchante, sur un piano-voix du plus bel effet, l’égérie des sixties, qui semblait pourtant à mille lieues de l’univers de BRASSENS, rentre dans les mots de son aîné avec une très grande classe. Comme quoi, ne t’en déplaise cher Georges, d’autres peuvent chanter tes chansons aussi bien que toi. D'ailleurs, pendant longtemps, c’est ainsi que j’ai préféré ces morceaux, ayant un peu de mal à rentrer dans l’univers musicalement austère ou à accrocher à la voix et aux manières de faire de l’interprète original. Maintenant que j’ai largement dépassé cet a priori enfantin, j’écoute ce disque plus rarement. Il n’en reste pas moins d’une qualité à relever et constitue une porte d’entrée intéressante dans l’univers du chanteur.

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   RAMON PEREZ

 
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- Joël Favreau (guitare)
- Pierre Michelot (contrebasse)
- Gérard Niobey (guitare rythmique)
- Richard Galliano (accordéon)
- Jean-charles Capon (violoncelle)
- Thierry Arpino (batterie)
- Francis Cournet (bois)
- Pierre Dutour (trompette)
- Michel Godard (tuba)


1. Les Funérailles D'antan [chanson Plus Bifluorée]
2. Les Passantes [francis Cabrel]
3. Pénélope [catherine Le Forestier Et Joël Favreau]
4. Saturne [philippe Léotard]
5. Chanson Pour L'auvergnat [manu Dibango]
6. Le Parapluie [salvatore Adamo]
7. Celui Qui A Mal Tourné [renaud]
8. Je Me Suis Fait Tout Petit [michel Fugain]
9. Embrasse-les Tous [maxime Le Forestier]
10. Il N'y A Pas D'amour Heureux [françoise Hardy]
11. Le Temps Ne Fait Rien à L'affaire [alain Souchon]
12. Brave Margot [richard Gotainer]
13. La Cane De Jeanne [henri Dès]
14. Les Amoureux Des Bancs Publics [romain Didier]
15. La Complainte Des Filles De Joie [josiane Balasko]
16. Le Vingt-deux Septembre [joël Favreau]
17. Le Gorille [pierre Richard]
18. Les Copains D'abord [l'orchestre]



             



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