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- Style : Francis Cabrel , Georges Brassens , Alain Souchon , Julien Clerc

Maxime LE FORESTIER - Saltimbanque (1975)
Par GEGERS le 6 Novembre 2011          Consultée 2217 fois

En 1975, Maxime LE FORESTIER a 26 ans. L'âge ou tout est (encore) permis, avant que les cellules du corps ne se mettent à défraichir ostensiblement et à annihiler tout espoir de vie éternelle. L'âge ou la raison laisse à penser que tout artiste en voie de confirmation a autre chose à faire que de demander au dessinateur Cabu de réaliser sa pochette d'album, démarche alors à la mode... L'âge des dernières audaces. Et pourtant... Maxime, au lieu de s'émanciper un peu plus de ses inspirations, retourne vers elles comme une abeille vers le pot de confiture. Sur Saltimbanque, l'influence de Brassens ne s'est jamais fait si prégnante. D'ailleurs, la sortie du premier d'une longue série d'albums-hommage au célèbre moustachu n'est pas si loin.

L'avantage, c'est que Saltimbanque voit le barbu se débarrasser enfin de ces arrangements imposants qui, s'ils apportaient un surplus de conviction au premier album, sonnaient plutôt datés sur le deuxième. Ici, exit donc les fausses orchestrations et les claviers à deux balles. Deux guitares acoustiques et un violoncelle discret pour tout attirail, voici l'habillage cet opus injustement oublié. Car si Maxime LE FORESTIER ne propose pas ici de titres aussi marquants que « San Francisco » ou « Comme un arbre », il n'en est pas pour autant dénué de pièces dotées d'un intérêt certain. Cet intérêt se fait plutôt littéraire, car à se démunir de ses apparats étouffants, Maxime fait ressortir la mélancolie et la tristesse latente qui marquent chacune de ses compositions, à l'exception de la plus enjouée « L'auto-stop » qui clôture l'album. En résulte donc une certaine linéarité, une impression de redondance des ambiances qui confèrent à Saltimbanque un aspect tantôt réflexif, tantôt désabusé.

Le meilleur titre de cet opus est sans aucun doute « Les lettres », qui nous plonge en plein cœur de la première guerre mondiale sous forme d'échange épistolaire entre un homme et son épouse. Pesante bien que timide, la guitare acoustique participe à l'ambiance profonde qui fait de ce titre de 7 minutes un des tous meilleurs du trouvère barbu. « Le robot », virulente critique du formatage des esprits de la naissance à l'émancipation finale, ou « La vie d'un homme », dédiée à Pierre Goldman (demi-frère de Jean-Jacques et activiste communiste ayant sombré dans le banditisme). La fibre LE FORESTIER se fait ici pleinement sentir, et constituent le genre de pièces qui permettent à l'artiste de s'imposer en véritable chef de file de la chanson française, entre deux générations marquantes.

Et puis, il y a ces titres plus anecdotiques, qui constituent une bonne part de l'album et tirent ce dernier vers le bas, sans jamais néanmoins le rendre inintéressant. « Caricature », « Voyage au moyen-âge » ou « Notre vie en rose » appartiennent à ces redites, déjà présentées en mieux sur les deux albums précédents. Pas de quoi s'indigner, mais quelques regrets pointent malgré tout alors que Maxime stoppe son ascension pour se replier sur ses acquis et se poser parfois en Brassens du pauvre. Un album à conseiller pour ces flamboyances qui le tirent vers le haut, mais rien d'impérissable.

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1. Saltimbanque
2. La Poupée
3. L'irresponsable
4. Caricature
5. Voyage Au Moyen-âge
6. Petit Robot
7. La Vie D'un Homme (à Pierre Goldman)
8. Les Lettres
9. Notre Vie En Rose
10. L'auto-stop



             



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