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- Style : Francis Cabrel , Maxime Le Forestier

Georges BRASSENS - Les Trompettes De La Renommée (1962)
Par SASKATCHEWAN le 24 Décembre 2011          Consultée 1946 fois

Dernier album à paraître en 33 tours/25 cm en 1962, Les Trompettes de la Renommée est aussi le meilleur de la série des neufs. Après le trou d’air du début de la décennie, le barde de Sète retrouve ses bons accords et ses textes fracassants. Là, aussitôt, on enchaîne sur « Les Trompettes de la Renommée », la chanson-titre, parce que dans le genre « texte fracassant », on a rarement fait mieux.

Pour la première fois de sa carrière, et sans doute pour la dernière, Georges BRASSENS, la bonhommie faite homme, s’emporte dans une saine colère. Alors que la police, les juges, les cons, les guerres et ses maitresses sont toujours croqués avec une ironie peu méchante, la presse à scandales et le voyeurisme de masse récoltent l’ire du troubadour défrisé. BRASSENS refuse le tout-à-l’égout appliqué au journalisme et le déballage public de ses histoires de fesse. Commères, gare à vous !

« Dois-je, pour défrayer la chronique des scandales,
Battre le tambour avec mes parties génitales,
Dois-je les arborer plus ostensiblement,
Comment un enfant de chœur porte un saint sacrement ? »

Magistral et tristement actuel. Ajoutez à cela la simplicité lumineuse des arrangements, et vous obtenez l’une des toutes meilleures compositions de BRASSENS. Et contrairement au Pornographe, Les Trompettes de la renommée ne s’arrête pas là. L’album est construit autour d’un fil rouge banal mais fédérateur : les femmes. Les femmes trompées, les femmes trompeuses, les amies, les riches, les pauvres : c’est tout ce que notre bon chanteur a reçu de calottes et de caresses qui ressurgit le temps d’un coup de trompette.

Une fois de plus, BRASSENS puise dans le répertoire national pour les textes de ses chansons. « Marquise » s’inspire d’un poème de Pierre Corneille, auquel Tristan Bernard a ajouté une chute malicieuse. Paul Fort l’écrivain et ami mort en 1960 est aussi à l’honneur sur « Si le bon Dieu l’avait voulu », une chansonnette attachante. BRASSENS renoue également avec ses mélodies médiévales, comme sur « Jeanne » et « L’Assassinat ». Cette dernière est particulièrement réussie, avec son histoire touchante et sa teinte folklorique. Sur « Les Amours d’antan » le chanteur brode un hymne à ses amourettes sur des thèmes antiques, thèmes qui feront leur retour en force sur l’album suivant.

Le bon Georges cède à la nostalgie, mais n’oublie pas pour autant son humour décapant. « La Guerre de 14-18 » est une satire bon enfant de toutes les guerres, où un BRASSENS taquin compare les mérites respectifs des catastrophes de l’histoire de France :

« Bien sûr celle de l’an quarante
Ne m’a pas tout à fait déçu.
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus.
Mais à mon sens elle ne vaut guère
Qu’un premier accessit.
Moi mon colon celle que je préfère,
C’est la guerre de 14-18. »

Drôle d’album dédié à la femme qui finit sur une parodie de fanfare. Peut-être une manière de dire qu’il faut bien choisir le type d’obus dont on prend soin. En 1962, BRASSENS, lui, avait choisi depuis longtemps.

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   SASKATCHEWAN

 
  N/A



- Georges Brassens (chant, guitare)
- Barthélémy Rosso (guitare)
- Pierre Nicolas (contrebasse)


1. Les Trompettes De La Renommée
2. Jeanne
3. Je Rejoindrai Ma Belle
4. Marquise
5. Les Amours D'antan
6. La Marguerite
7. L'assassinat
8. Si Le Bon Dieu L'avait Voulu
9. La Guerre De 14-18



             



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