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BLACK SABBATH - Seventh Star (1986)
Par RED ONE le 31 Janvier 2012          Consultée 3077 fois

Seventh Star est, encore de nos jours, l'album qui pose problème chez les fans de BLACK SABBATH. Doit-on réellement le considérer comme un album du groupe à part entière ou bien comme la tentative ratée par Tony Iommi de sortir son premier album solo ? Au vu de la pochette de l’album, on est en droit de s'interroger. Une simple photo du légendaire guitariste anglais affublé de sa célèbre moustache, la titulature rouge qui y est adjointe indiquant par ailleurs que le disque est signé "BLACK SABBATH featuring Tony IOMMI"... Bizarre, bizarre. Pour expliquer tout ce mic mac, il est important de connaître l'histoire du groupe à cette époque.

En 1983, Ian Gillan quitte BLACK SABBATH après la tournée Born Again afin de reformer DEEP PURPLE avec Roger Glover et Ritchie Blackmore, laissant de nouveau le groupe de Tony Iommi aux abois. Un retour d'Ozzy semble alors toujours inenvisageable. Tony Iommi et Geezer Butler tentent alors de recruter un parfait inconnu en la personne de Dave Donato, issu de la scène glam américaine. Mais la mayonnaise ne prend pas, et Donato se fait rapidement virer à la suite de propos quelque peu prétentieux tenus dans la presse spécialisée, et ce alors que les répétitions en vue du futur album n'avaient même pas commencé. Les choses stagnent durant l'année 1984 et Geezer Butler finit par jeter momentanément l’éponge. Mais c’est alors qu’arrive l'année 1985 et son fameux Live Aid organisé par Bob Geldof. Pour la bonne cause, le miracle se produit à Philadelphie et devant des spectateurs américains médusés, le BLACK SABBATH originel se reforme : Tony, Geezer, Bill et Ozzy remontent sur scène ensemble et interprètent trois titres (Iron Man, Children Of The Grave et Paranoid). Une fois la performance achevée, une reformation sérieuse est envisagée, mais bien vite, les choses se gâtent lorsqu'Ozzy Osbourne est sommé par sa maison de disques d'enregistrer un autre de ses méfaits discographiques en solitaire. Finalement, dépités, Geezer Butler et Bill Ward repartent chacun de leur côté fonder leurs projets solo respectifs ...

Tony Iommi envisage alors de se lancer lui-aussi dans une carrière solo et projette un album sur lequel viendraient chanter nombre de ses amis du milieu : parmi ceux-ci, Rob Halford (JUDAS PRIEST), David Coverdale (WHITESNAKE), Glenn Hughes (ex-DEEP PURPLE) et même... Ronnie James Dio et Ian Gillan (!). Finalement, seul Glenn Hughes est retenu afin de tenir le chant sur tout l'album, Tony Iommi étant emballé par la voix lumineuse et solaire de l'ancien bassiste du Pourpre. Tony choisit ensuite son backing band parmi les membres du groupe solo de sa fiancée de l'époque, la célèbre Lita FORD (ex-RUNAWAYS) : Dave Spitz, frère du guitariste Dan Spitz (ANTHRAX), assurera la basse, pendant qu'un certain Eric Singer assurera la batterie, des années avant d'être engagé en tant que remplaçant de Peter Criss par KISS. Geoff Nicholls, fidèle au poste, assure des claviers plus que présents sur ce disque aux forts relents d'A.O.R. L'album est enregistré, mixé et mastérisé, mais au dernier moment, alors que sa sortie est imminente, la maison de disques fourre son grain de sel dans le processus et exige que l'album sorte sous le nom de BLACK SABBATH. Au final, un compromis est trouvé et ce disque sort sous le nom étrange de BLACK SABBATH featuring Tony IOMMI.

Seventh Star intègre donc, contre la volonté de son géniteur, la discographie de BLACK SABBATH, et le line-up présent sur ce disque devient malgré lui la nouvelle mouture du groupe, les seuls rescapés des albums précédents étant ici Tony Iommi et Geoff Nicholls, l'indéboulonnable homme de l'ombre présent depuis Heaven And Hell. Pour beaucoup, la confusion qui règne autour de la légitimité de la présence de Seventh Star dans la discographie du groupe de Birmingham en fait un album radicalement différent de ses prédécesseurs. Réellement ? Si différent que ça ? Personnellement, il m'arrive parfois d'en douter lorsque je l'écoute. Analysons un peu la chose ...

Tout d'abord, mettons les choses au clair, il s'agit ici d'un album écrit entièrement par Tony Iommi et Geoff Nicholls, ce qui augure quand même d'une certaine continuité artistique avec les trois albums studios précédents. Une chose est certaine : Tony Iommi est extrêmement mis en avant sur ce disque. Tant dans la production de sa guitare que dans la pochette de l'album. Et en celà, le côté "album solo avorté" est plus que flagrant. Oui, mais ... Cet album n'est en réalité pas très différent des précédents opus dans sa structure. Ainsi ce disque alterne comme tous ses prédécesseurs entre de nombreuses chansons efficaces et accrocheuses ("In For The Kill", "Danger Zone", "Turn To Stone", dignes héritières des "Mob Rules" et autres "Neon Knights"), et des pistes plus posées et plus lentes, telles que la sublime balade "Seventh Star" ou bien encore la très bluesy "Heart Like A Wheel", successeurs logiques d'un "Sign Of The Southern Cross", voir même d'un "Heaven And Hell".

Bien sûr, la production a changé, et la période Born Again semble lointaine... L'influence de la scène américaine A.O.R./hard FM (TOTO, JOURNEY ...) est ici largement perceptible, de par l'utilisation très fréquente des claviers, d'une réverbe de batterie typique des années 1980, et bien sûr une plus grande consensualité dans les textes, notamment le single de l'album, "No Stranger To Love" (peut être la moins bonne piste de l'album). Mais cet album est bel et bien dans la continuité logique des précédents travaux de Tony Iommi avec BLACK SABBATH. Plus je le réécoute, plus je constate que ce disque transpire toujours de cette poésie gothique qui jalonne toute la musique de Iommi depuis la fin des années 1960. De nombreux éléments présents sur Seventh Star font le lien avec des albums antérieurs, telle cette intro instrumentale synthétique à la chanson-titre de l'album signée Geoff Nicholls ("Sphinx (The Guardian)"), qui se pose dans la droite ligne d'un "Stonehenge" (Born Again) ou bien d'un "E5150" (Mob Rules), voir même d'un "FX" (Vol.4) Il m'arrive d'ailleurs souvent de trouver que Seventh Star comporte beaucoup de références musicales à Born Again (claviers de Geoff Nicholls très présents, chant aigu de Glenn Hughes proche de la folie, etc ...) et qu'il en est la suite logique. Mais bon ça reste mon point de vue de fan ...

La plupart des titres de cet album, malgré leur production plus typée radio et adaptée au standards du marché américain, sont tout de même d'excellentes compositions qui enterrent de loin la plupart des groupes FM de l'époque. Et pour cause : écoutez un peu les solos de guitare de cet album, vous verrez. Tony Iommi brille de mille feux sur ce disque, ses solos sont toujours aussi envoutants et solaires, et la voix magnifique de Glenn Hughes est là pour les sublimer. Des compositions géniales telles que "Danger Zone" ou encore "Angry Heart" ne peuvent que combler l'oreille et susciter l'émotion, sans toutefois omettre de distiller une certaine poésie sombre. Bref, cet album possède une classe absolue et un feeling à toute épreuve, les compositions sont très bonnes et le niveau général frise la perfection, même si j'avoue que la production de l'album est quelque peu surfaite et sonne un peu datée de nos jours ...

Au final, Seventh Star n'est malheureusement pas l'album de BLACK SABBATH qui restera dans les annales de l'histoire du metal, il n'atteint pas l'excellence de Heaven And Hell ou encore de Mob Rules. Certains fans le classent volontiers dans la discographie solo de Tony Iommi, avec les albums Iommi (2000) et Fused (2005). Mais selon moi, il mérite amplement sa place de douzième album de BLACK SABBATH. Un très bon album, plein de classe et de génie, la marque de fabrique de Tony Iommi en somme.

Un tel niveau de qualité laissait augurer d'un avenir brillant sur le long terme. À l'époque de la sortie de Seventh Star, Glenn Hughes n'hésitait pas à déclarer dans les médias que cette nouvelle mouture de BLACK SABBATH allait enregistrer deux, voir trois albums après ce premier essai. Glenn aurait du éviter de parler trop vite : alors que la tournée promotionnelle de l'album est à peine commencée, Glenn Hughes (déjà accro à plusieurs substances diverses et variées) se bastonne bêtement en coulisses avec le manager du groupe et se casse la voix. Tony Iommi congédie alors Glenn Hughes et ne se réconciliera pas avec lui avant 1996. Hughes est alors remplacé au pied levé par un total inconnu, l'excellent Ray Gillen (futur chanteur de BADLANDS), qui finira l'intégralité de la tournée de façon magistrale. Les bootlegs extraits de cette tournée peuvent en témoigner. Mais la suite sera, vous le verrez, encore plus compliquée ...

P.S. : ce n'est pas Dave Spitz qui joue de la basse sur le single "No Stranger To Love", mais un autre bassiste, Gordon Copley, qui n'est présent que sur ce titre.

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   (3 chroniques)



- Glenn Hughes (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Dave Spitz (basse)
- Gordon Copley (basse)
- Eric Singer (batterie)
- Geoff Nicholls (claviers)


1. In For The Kill
2. No Stranger To Love
3. Turn To Stone
4. Sphinx (the Guardian)
5. Seventh Star
6. Danger Zone
7. Heart Like A Wheel
8. Angry Heart
9. In Memory ...



             



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