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HEAVY METAL  |  STUDIO

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BLACK SABBATH - The Eternal Idol (1987)
Par RED ONE le 3 Mars 2012          Consultée 2521 fois

Beaucoup de groupes auraient splitté s’ils avaient connu les affres qu’a rencontré BLACK SABBATH lors de la tournée promotionnelle de l’album Seventh Star. Renvoi du chanteur Glenn Hughes au début de la tournée, recrutement en dernière minute d'un inconnu pour le remplacer (Ray Gillen), manque de considération de la part des médias rock et d'une partie du public qui n'admet pas que BLACK SABBATH puisse exister sans Ozzy Osbourne, bref, dans les années 1980, tout le monde se déchaine injustement contre Tony Iommi et sa bande ...

Injustement oui, parce que les albums produits par Tony Iommi et son homme de l'ombre Geoff Nicholls durant cette période sont peut être parmi les plus audacieux qu'ils aient jamais publié, tant la prise de risque commerciale était élevée. Mais passons sur ces considérations existentielles et analysons un peu The Eternal Idol, treizième album studio de BLACK SABBATH. Le fait que ce disque soit sorti sous le patronage du chiffre 13 ajoutera peut être de l'eau au moulin des superstitieux : car The Eternal Idol est bel et bien le plus grand échec commercial du groupe. La tournée promotionnelle a par ailleurs également été un désastre. Il suffit de jeter un coup d'oeil au line-up de cet album pour comprendre l'étendue du problème : ce n'est pas un vrai groupe qui a enregistré ce disque. Petit retour dans le passé ...

La tournée Seventh Star achevée tant bien que mal grâce à Ray Gillen, le groupe retourne en studio pour commencer à travailler sur son nouvel album. Mais bien vite, de nombreux membres commencent à quitter BLACK SABBATH. En premier, Dave Spitz (basse), qui sera alors remplacé par Bob Daisley, ancien bassiste de RAINBOW, d'URIAH HEEP et du groupe solo d'Ozzy Osbourne. Cependant, Daisley ne restera que le temps des sessions en studio, et s'en ira une fois son travail d'enregistrement fini. Eric Singer met lui aussi les voiles une fois sa tâche accomplie et c'est officiellement Bev Bevan, ancien batteur du groupe lors de la tournée Born Again qui le remplace. Mais les problèmes ne s'arrêtent pas là ! Bien vite, Ray Gillen démissionne aussi, pensant que Tony Iommi et Geoff Nicholls vont droit dans le mur. Les producteurs valsent également au gré de leurs mésententes avec Tony et Geoff. Au final, Tony Iommi recrute dans l'urgence un nouveau chanteur, Tony Martin, originaire comme lui de Birmingham mais totalement inconnu au bataillon. Martin réenregistre toutes les pistes de Gillen en quatrième vitesse et l'album sort en 1987. Malheureusement, tout ce mic mac sera relayé par la presse et le public boudera l'album à sa sortie, faisant d'Eternal Idol un splendide bide commercial, le pire de la carrière du groupe ...

Des incohérences totales figurent également au menu des crédits de The Eternal Idol : ainsi Dave Spitz est ici crédité alors qu'il n'a absolument rien enregistré et qu'il ne faisait déjà plus partie du groupe depuis longtemps. Bev Bevan est également crédité en temps que "percussionniste" alors que c'est bel et bien Eric Singer (également crédité !) qui a enregistré toutes les pistes de batterie de ce disque. La rumeur veut que Bevan soit responsable de quelques overdubs de batterie que l'on peut entendre en tendant l'oreille sur "Scarlet Pimpernel", mais bien entendu, ça n'est pas une information sûre. Mais la contribution la plus étrange à cet album reste celle de Ray Gillen, dont il reste une trace sur la version finale de The Eternal Idol malgré le fait que toutes ses pistes ont été réenregistrées par Tony Martin. Ecoutez bien la chanson "Nightmare" à 2:49 : un rire sardonique et froid se fait entendre, sorti de nulle part. C'est celui de Ray Gillen. Ce sample de 20 secondes restera pendant longtemps la seule contribution officielle du jeune Américain à la discographie studio de BLACK SABBATH, le plus navrant dans l'histoire étant qu'il ne sera jamais crédité officiellement pour ça ! Un beau bordel que tout celà ...

The Eternal Idol est donc, la chose est entendue, un échec commercial. Mais est-ce pour autant un échec artistique ? Non. Clairement non. Musicalement, The Eternal Idol constitue en quelque sorte la suite logique de Seventh Star. Personnellement, même, je le trouve meilleur que ce dernier. Alors certes, à l'écoute on se dit que BLACK SABBATH (ou plutôt ce qu'il en reste, c'est à dire Tony Iommi) s'est franchement éloigné de ses sonorités originelles et que The Eternal Idol n'a de Sabbath que le nom. Pas si sûr. La poésie gothique est toujours là, les sonorités lourdes restent sous-jacentes, et malgré la voix assez typée rock FM de Tony Martin, The Eternal Idol est moins lisse que ne l'était Seventh Star. Il marque un net retour vers le heavy metal speed des années Dio. En témoignent de nombreuses chansons épiques, telles que "The Shining", "Ancient Warrior", "Hard Life To Love", "Glory Ride" ou encore "Born To Lose", pépites de heavy mélodique qui se dégustent avec délectation ...

La guitare de Iommi est toujours aussi mise en avant, de même que les claviers de Nicholls, mais Tony Martin sort bien son épingle du jeu pour son premier essai avec le Sabbath Noir. Céleste, aérienne, sa voix possède un registre lyrique totalement adapté au ton mélodique de l'album, même si on peut encore lui reprocher quelques clichés vocaux propres aux années 1980. Les solos de Tony Iommi sont encore une fois démentiels de génie. Iommi ne donne jamais dans la facilité (à l'inverse de Ritchie Blackmore chez DEEP PURPLE) et imprime sa marque de fabrique sur tout l'album. Un morceau tel que "Scarlet Pimpernel", petite mélodie médiévale jouée à la guitare acoustique, ne manquera pas de rappeller à nos bons souvenirs la période des albums Master Of Reality et Vol.4 sur lesquels Iommi était familier de ce genre d'exercice ("Embryo", "Orchid", "St.Vitus Dance") Par ailleurs, le morceau final titre, "Eternal Idol", est totalement dans l'esprit du BLACK SABBATH des grandes heures : lourd, ténébreux, envoûtant. L'album se finit sur une touche noire et annonce peut être déjà l'orientation sombre et gothique que prendra l'album suivant, Headless Cross.

Au final, The Eternal Idol est une vraie bonne surprise, qui ne traduit que fort peu le chaos sans nom qu'a constitué sa gestation. Si j'ai beaucoup insisté sur cette dernière, c'est qu'elle a influé sur le destin de ce disque, qui fut longtemps condamné aux oubliettes de la discographie du groupe. Mais cet album vaut beaucoup mieux que ça. Primo par qu'il s'agit d'un très bon disque de heavy metal FM sur lequel le génie de Tony Iommi fait des merveilles. Secundo parce qu'il marque l'entrée du groupe dans l'ère Tony Martin, qui enregistrera au total pas moins de 6 albums avec BLACK SABBATH (5 studio + 1 live). Martin démontre ici qu'il est un chanteur brillant, à la hauteur de la légende du Sabbath Noir.

Et la suite le confirmera ...

Note : la version de The Eternal Idol enregistrée par Ray Gillen, longtemps considérée comme un bootleg de collection très difficile à trouver, a été très officiellement éditée en 2010 en tant que bonus de la version deluxe de l’album, avec le consentement de Tony Iommi. Plusieurs années après le décès de Gillen (mort du SIDA en 1993), justice lui est enfin rendue et il est désormais possible d’écouter ce qu’aurait donné un album de BLACK SABBATH enregistré avec Ray Gillen.

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   (2 chroniques)



- Tony Martin (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Bob Daisley (basse)
- Eric Singer (batterie)
- Geoff Nicholls (claviers)
- Dave Spitz (basse virtuelle)
- Bev Bevan (percussions imaginaires)
- Ray Gillen (rire fantôme)


1. The Shining
2. Ancient Warrior
3. Hard Life To Love
4. Glory Ride
5. Born To Lose
6. Nightmare
7. Scarlet Pimpernel
8. Lost Forever
9. Eternal Idol



             



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