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BLUE ÖYSTER CULT - Mirrors (1979)
Par ARP2600 le 19 Avril 2012          Consultée 1644 fois

Quel groupe étrange que Blue Öyster Cult, quand même. Comme on le sait, ils ont commencé par livrer trois albums d'authentique hard rock, dont Tyranny and Mutation et Secret Treaties, deux chefs-d’œuvre incontournables que je considère comme le sommet du genre. Et ensuite, ils ont décidé de s'amuser en divertissant le public avec de la pop musclée, à moins qu'il s'agisse de hard rock léché et démagogique, enfin qu'importe. A vrai dire, si je regrette qu'ils soient ainsi descendus de leur piédestal, tous les albums que je connais présentent de sacrées qualités, d'écriture comme d'interprétation. Si Agents of Fortune et Spectres ont connu une certaine célébrité, grâce à leurs tubes respectifs, Mirrors, le troisième album de cette deuxième tendance du groupe tient une place plus ingrate dans leur discographie.

C'est un album bien paradoxal. Il peut paraître encore plus commercial que ses prédécesseurs, avec sa production surfaite et la présence de chœurs féminins, et pourtant il est beaucoup plus homogène stylistiquement, ce qui semble indiquer un resserrement des liens au sein du groupe, qui s'étaient bien relâchés dans le décousu Spectres. Étant donné le manque de charisme des mélodies, cette cohérence rend cependant l'album un peu lassant bien que fort agréable. Il semble donc acquis que c'est le moins bon des huit albums de la formation originelle.

Notons que le son assez particulier de l'album est dû à un nouveau producteur. Jusque là, BÖC s'était reposé sur un de leurs mentors, Sandy Pearlman. Il semble que l'ambition du groupe pour Mirrors était effectivement d'obtenir un résultat commercial encore plus grand qu'avec les précédents, ce pourquoi ils ont cette fois engagé Tom Werman, également connu pour son travail avec Cheap Trick ou Ted Nugent, lesquels ont paraît-il également recherché une certaine fusion entre pop et hard rock. Le résultat est un son avec beaucoup plus d'aigus que d'habitude et donc tautologiquement avec moins de basses. Les chœurs féminins rencontrés sur certaines chansons comme «Dr Music» et «Mirrors» participent de la même tendance haut perchée. C'était pourtant bien inutile, car on connaît la qualité du jeu de guitare des membres, et quand ils s'y mettent à trois plus le bassiste, y a pas besoin de gonfler les aigus. Le résultat est bien évidemment déséquilibré, on ne peut que penser qu'il manque de la densité à ce son.

Avant de discuter des différents morceaux, parlons du chant. Depuis les débuts de BÖC, Eric Bloom a été le chanteur principal, mais Donald Roeser et les deux Bouchard ont régulièrement montré leurs petits talents de vocalistes également. J'avoue ne pas trop aimer la voix lisse de Donald Roeser, mais elle semblait plaire au public, au vu du succès de «Don't fear the reaper» et «Godzilla». Il n'est donc pas étonnant de le voir se charger de quatre chansons sur neuf, n'en laissant que trois à Bloom et une à chacun des Bouchard. Ce n'était sans doute pas un bon calcul non plus, il réussit à rendre bien plates «In thee», «Mirrors» ou «The vigil».

Allez, l'album s'ouvre fort bien, avec la puissante «Dr Music» et ses paroles amusantes, une belle démonstration de la virtuosité naturelle du groupe. «The Great Sun Jester» a beau avoir des paroles de Michael Moorcock, elle manque un peu de folie et est l'exemple le plus gênant du problème des aigus. «In thee» était un single décent, plutôt accrocheur bien que de nouveau un peu linéaire. Je leur préfère nettement la pop de «Mirrors», une chanson-titre avec une assise bien carrée et ce refrain répétitif où, étrangement, les chœurs ne me dérangent pas du tout. La chanson de Joe Bouchard, «Moon Crazy», est plus fantaisiste ; on y retrouve un peu ce rythme sensuel typique du groupe et qui manque globalement à l'album.

La semi-épique «The vigil» est sans doute la composition la plus ambitieuse ici. On y rencontre évidemment une excellente interprétation des musiciens, qui réussissent à rendre une ambiance sombre en dépit de la production, mais je reste persuadé qu'il aurait fallu un autre chanteur. Ma préférée ici est certainement «I am the storm», surtout pour l'incroyable jeu de guitare, je préfère décidément Roeser dans son rôle principal. «You're not the one I was looking for» est une petite ballade un peu trop classique mais pas vilaine. Enfin, «Lonely Teardrops» conclut l'ensemble sur une note à la fois dramatique et bondissante, elle est plutôt bien structurée mais les chœurs finaux donnent un caractère un peu plat à la conclusion de l'album.

En bref, un album fort imparfait, certainement pas indispensable, mais tout de même attachant. La plupart des amateurs du groupe trouveront ici pas mal de choses à se mettre sous la dent. Disons qu'il faut bien désigner des albums moins bons que d'autres dans chaque discographie, mais Mirrors n'est pas le pire des faire-valoir.

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   ARP2600

 
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- Eric Bloom (chant, guitare)
- Donald 'Buck Dharma' Roeser (chant, guitare)
- Allen Lanier (claviers, guitare)
- Joe Bouchard (basse, chant )
- Albert Bouchard (percussion, chant )


1. Dr. Music
2. The Great Sun Jester
3. In Thee
4. Mirrors
5. Moon Crazy
6. The Vigil
7. I Am The Storm
8. You're Not The One (i Was Looking For)
9. Lonely Teardrops



             



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