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Stephan EICHER - L'envolée (2012)
Par GEGERS le 15 Novembre 2012          Consultée 1564 fois

A 52 ans bien frappés, Stephan EICHER a plus ou moins tout accompli : il a traversé les années de vache maigre, rencontré le succès commercial, s'est fait plaisir via pléthore de projets musicaux et littéraires. Logique donc, qu'à l'âge où l'on acquiert la sagesse, l'artiste ait décidé de chambouler ses fondamentaux à l'occasion d'un attendu nouvel album, quatre ans après le médiocre Eldorado. L'Envolée est, selon les dires du Suisse francophile, un « disque réfléchi, conçu comme un antidote ». Profondément marqué par la crise économique qui secoue l'Europe depuis plusieurs années, Stephan EICHER en retire en effet un album posé et invitant à la réflexion, bien plus sombre et ombrageux que ses réalisations précédentes.

L'inamovible co-auteur Philippe Djian est toujours de la partie, bien entendu. Il co-signe sept textes, et se paye même le luxe de pousser la chansonnette, ou plutôt de déclamer un de ses textes, sur « Elle me dit », sorte d'ovni electro-jazz de quasiment deux minutes, qui nous montre la facette la moins appréciable d'EICHER sur cet album : celle d'un chanteur asservi, que l'on sent spectateur plus qu'acteur de sa propre musique.

Comme il avait été phagocyté par Raphaël et Mickey 3D sur son précédent opus, Stephan EICHER a de nouveau jugé bon de s'entourer d'une équipe hétéroclite d'artistes pour l'aider à mener à bien son nouveau projet : on y retrouve pêle-mêle Miossec, Martin Suter, Avril ou encore Mark Daumail, une des deux moitiés de Cocoon. Composés à quatre ou six mains, les morceaux constituent ainsi un assemblage parfois hasardeux d'influences, et ne se voient liés que par une caractéristique commune : leur durée, ne dépassant que rarement les 3 minutes. « Je voulais aller à l'essentiel, car les gens n'ont plus beaucoup le temps d'écouter », nous dit EICHER. Du beau foutage de gueule. Car si l'auditeur est pressé, en quoi l'artiste doit-il se sentir concerné? C'est bien le temps qui doit se plier aux exigences de l'art, et non l'inverse. L'Envolée nous propose donc un lot de titres extrêmement frustrants, et qui auraient gagné très certainement à déployer leurs ambiances sur une durée plus conséquente. C'est notamment le cas de « Donne moi une seconde », dont le piano, couplé à une guitare sombre et méditative, constitue ce que l'artiste suisse a composé de meilleur depuis bien longtemps. A la fois inquiétant et apaisant, ce titre aurait pu se faire un petit chef-d’œuvre. C'est le cas de bien d'autres titres de l'album : « Dans ton dos » et ses sonorités country-folk qui rappellent l'époque « Louanges », « Disparaître », ballade folk écrite à quatre mains avec Miossec, et qui aborde directement la crise économique. « La relève », avec son piano plus optimiste, ou encore « L'exception » font partie de ces autres pièces orientées folk qui constituent l'intérêt principal de l'album, et se font frustrantes de par leur courte durée.

Si le chant de Stephan EICHER est comme toujours impeccable et s'évertue, en français ou en bernois, à nous faire transmettre ce sentiment d'apaisement conscientisé. Les titres les plus jazzy peinent pour leur part à convaincre pleinement, à l'image du poussif « Morge », ou de l'imbitable « Tous les parts » qui voit le chanteur répéter à l'infini une phrase sans grand intérêt... Seul le livret, qui voit chaque morceau illustré par une peinture de différents artistes, permet de redonner une vie à ces quelques titres superflus.

L'Envolée, à la fois novateur de par ses objectifs et ses structures musicales, et raisonnablement traditionnel dans ses thématiques et ses ambiances, est un album doux et sensible, plutôt sympathique, bien plus que son prédécesseur. Reste que le nouveau visage de Stephan EICHER, tout apaisé qu'il soit, s'éloigne de plus en plus de celui de l'auteur de Carcassonne ou Engelberg. C'est bien dommage...

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   GEGERS

 
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- Stephan Eicher (chant, piano, guitare, synthétiseurs, percussions)
- Mark Daumail (guitare, claviers)
- Rey Ouwehand (piano, vocoder)
- Volker Zander (basse)
- Toby Dammit (batterie, percussions)
- William Tyler (guitare)
- Hank Shizzoe (guitare, weissenborn, bouzouki)
- Simon Baumann (batterie)


1. Donne Moi Une Seconde
2. Morge
3. Le Sourire
4. Dans Ton Dos
5. Tous Les Bars
6. Envolées
7. Du
8. Disparaître
9. La Relève
10. Elle Me Dit
11. L'exception
12. Schlaflied



             



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