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Stephan EICHER - Les Chansons Bleues (1982)
Par GEGERS le 7 Février 2014          Consultée 1110 fois

Malgré le titre de l'album, le bleu n'est pas la première couleur que l'on se représente à l'écoute des Chansons Bleues, premier véritable album de Stephan EICHER. On y voit plutôt un gris, assez clair, comme celui qui est visible sur la pochette de l'album. Un gris pas très net, façon cahier de brouillon, qui illustrerait les tâtonnements encore importants du Suisse en cette première moitié des années 80.

Les Chansons Bleues est pourtant bien plus construit que le sinistre EP Spielt Noise Boys publié deux ans plus tôt. Si l'artiste propose toujours une base électronique, faite d'une boîte à rythmes à la programmation répétitive ainsi que d'un clavier qui sonne aujourd'hui bien daté, la guitare fait son apparition et apporte une plus-value importante à la musique de l'artiste en devenir. Album court (9 chansons), Les Chansons Bleus est un album qui déborde d'enthousiasme et de l'énergie communicative d'un Stephan EICHER qui se cherche encore vocalement, et ne passe pas à côté de certaines faussetés du chant qui confèrent à l'album un côté amateur un peu préjudiciable mais que l'on peut, si l'on est bienveillant, prendre pour de la fragilité.

« Sweetheart », avec sa boîte à rythmes ostensibles, constitue le lien avec le passé de l'artiste, avant qu'une guitare plus ou moins bien ajustée ne vienne nous offrir un nouveau visage bienvenu de Stephan EICHER, qui reste cantonné dans des mélodies pas vraiment remarquables, loin d'être marquantes. La survoltée « Les Filles du Limmatquai », l'un des trois titres chantés en français, se fait bien plus convaincante. Il y a là un vrai savoir-faire mélodique qui transparaît, et même si le morceau est dénué d'une quelconque progression, il vient à point pour prouver qu'EICHER sait finalement se débrouiller en matière d'électronique. Les deux autres titres en français se font également d'excellents moments : « La pièce » se fait un titre calme et envoûtant, sur lequel l'accent encore très marqué du chanteur (« La pièce était bien cholie ») apporte un charme véritable. De même, le morceau-titre « La chanson bleue » est un véritable nectar doté d'une mélodie imparable. Malgré ses 6 minutes, nous avons l'impression néanmoins d'avoir affaire à une démo, impression causée par le chant totalement désincarné de l'artiste, qui donnera une nouvelle vie à ce morceau en live.

Le reste de l'album n'est pas des plus avenants. Une reprise étrange, à la fois électro et rock'n'roll, de Johnny Be Good, n'est pas du meilleur goût, alors que celle de « You've lost that lovin' feelin' » (les Righteous Brothers) est dotée d'un encéphalogramme totalement plat. La liberté totale dont jouit alors Stephan Eicher, libre d'utiliser les sons et langues qui lui plaisent, sont contrebalancées par une certaine naïveté musicale qui rend "Little time with you" ou "Nice" pas vraiment marquants, même s'ils sont c'est certain, des étapes nécessaires dans la construction de la personnalité de l'artiste.

Du deuxième album de Stephan EICHER, on ne retient ainsi pas grand chose, si ce n'est une audace débridée et un talent qui pointe le bout de son nez, notamment sur les trois titres chantés en Français. En attendant la suite...

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   GEGERS

 
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- Stephan Eicher (chant, guitare, claviers, programmation)
- Voco Fauxpas (basse)


1. Sweetheart
2. Les Filles Du Limmatquai
3. J.b.g.
4. La Pièce
5. Noise Boys
6. Nice
7. Tu Tu (a Little Time With You)
8. You've Lost That Lovin' Feelin'
9. La Chanson Bleue



             



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