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CELTIQUE CONTEMPORAIN  |  STUDIO

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 Musique Progressive Bretonne (195)

MYRDHIN - A Cordes Et à Cris (la Harpe De Merlin) (1995)
Par MARCO STIVELL le 3 Avril 2013          Consultée 1586 fois

Après une longue série d'albums instrumentaux sur une période de quinze ans, on finissait par se dire que la voix de MYRDHIN nous manquait quelque peu. En 1995 est publié A Cordes et à Cris au titre significatif puisqu'en plus de l'instrument dieu et muse que représente la harpe, le barde nous offre à nouveau sa voix pour des cris sans violence, venant du cœur et exprimant toutes les beautés de ses principales sources d'inspiration : la Celtie, la nature, les légendes... De ce fait, il n'y a ici pas un seul morceau instrumental, et c'est un détail unique dans cette faste carrière.

Pour la première fois depuis longtemps également, ce disque est réalisé avec le concours de plusieurs intervenants, à commencer par les vieux amis Pol Huellou, David "Hopi" Hopkins et Laurence Meillarec. Les autres sont des musiciens bretons réputés, en particulier Ronan Pinc, fils spirituel du grand Stéphane Grappelli ; Thierry Decloux et Alain Rouquette quant à eux travailleront également ensemble par la suite. Cet album est donc fait pour sonner comme un véritable album de chanson celtique contemporaine.

La trame est aisément identifiable même si la réédition de ce disque quelques années plus tard nous l'affiche directement sur la jaquette : La harpe de Merlin. L'enchanteur prend forme dans ce disque de manière explicitement textuelle, les nouvelles chansons étant toutes inspirées de la manière dont MYRDHIN vit son personnage, au contact d'un lieu isolé et tranquille comme la forêt de Brocéliande (invoquant la déesse Keridwen), ou au contact de sa harpe, effectuant un voyage initiatique ou célébrant la Samain, si empreinte de magie. Et ce jusqu'à la fin de l'histoire, lorsque la Celtie meurt et l'enchanteur avec elle. Nous sommes donc invités à parcourir cet univers en sa compagnie, par le biais des textes originaux du barde nous révélant pour la première fois sa propre poésie. Sa simplicité autant que les images qu'il évoque nous feront aisément retenir des phrases telles que «De ma vie je n'ai jamais vu plus beau visage que sa voix» (dans "De Ma Vie").

Côté musique, les nouvelles chansons bien évidemment conduites par la harpe, reposent essentiellement sur un jeu de percussions très fourni, un tapis de claviers ainsi qu'un accompagnement de violon et de flûte shakuhachi, plus rarement de basse électrique et de saxophone soprano. L'an dro "Keridwen" nous donne partiellement une petite idée de comment sonne le hip-hop par MYRDHIN (même si ce n'est pas forcément l'effet recherché), sans dureté et de manière élégante, la voix de Laurence Meillarec (présente sur l'album de 1984) apportant aussi son parfum de soul habituel. "La Samain nouvelle" présente une énergie tribale, à la fois festive et mystique. "Eon, Fils de l'étoile" reprend l'arpège de harpe désormais bien connu de "War Hentoû Gwervaen" de manière plus swinguée et en chanson. "La Harpe de Merlin", "Le Voyage" et "De Ma Vie" constituent une série d'airs lents suaves mais encore très instrumentés, alors que "Le Testament de Merlin" est interprété seulement à la harpe et à la voix, qui est d'ailleurs parfois doublée pour donner plus d'impact au texte ("Adieu Viviane..."). Le cantique "Marzhin en e Gavell" surprendra par son arrangement minimaliste aux steel drums, extraordinaire.

La deuxième partie du disque permet à MYRDHIN de réinterpréter des chansons de ses premiers albums qui ont peu de chances d'être réédités. Le principal constat que l'on peut en faire est celui d'interprétations ralenties, légèrement mais assez pour leur permettre de respirer un peu plus encore, leur donner plus de profondeur aussi. Et le reste de l'arrangement va dans ce sens. "Brocéliande, que veux-tu ?", "Riwanon" (que MYRDHIN chante seul en se dédoublant) et «Cantate pour la Saint Jean» se voient enrichies par le violon à l'esprit à la fois celte et manouche, justement. "Distro Isold" a été transposée un ton en dessous et perd son orgue originel pour gagner des nappes voluptueuses, des percussions, des flûtes et même de la guitare électrique (au clavier) ! Mais le plus émouvant reste sans doute «Graal», cette chanson-source où la harpe et la voix sont rejointes par un bâton de pluie et une harpe supplémentaire, tandis que les sifflements se font en canon. Le son très travaillé nous fait redécouvrir ces perles sous un tout nouveau jour.

Si les nouvelles chansons restent belles et réussies, c'est bien cette deuxième partie qui captivera le plus notre attention. La facette chansons de MYRDHIN nous manquait et ce disque plus "pop" vient dignement combler cela, nous pouvons sans crainte patienter jusqu'au prochain essai de ce style (dans longtemps ?)...

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   MARCO STIVELL

 
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- Myrdhin (harpes, chant)
- David Hopkins (percussions)
- Pol Huellou (flûtes)
- Alain Roquette (claviers)
- Ronan Pinc (violon)
- Thierry Decloux (basse)
- Vincent Burlot (saxophone soprano)
- Laurence Meillarec (chant)


1. Keridwen
2. La Harpe De Merlin
3. La Samain Nouvelle
4. Le Voyage
5. Eon, Fils De L'etoile
6. De Ma Vie
7. Brocéliande, Que Veux-tu ?
8. Distro Isold
9. Marzhin En E Gavell
10. Riwanon
11. Cantate Pour La Saint Jean
12. Le Testament De Merlin
13. Graal



             



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